L’abbé Saunière

Béranger Saunière est né le 18 avril 1852, de Marguerittes Hugues et Joseph Saunière (1823-1906), miroitier de métier et Maire de Montazels. Il était l’aîné d’une famille de 7 enfants (3 sœurs et 3 frères). D’après ses proches, il est un personnage rebelle à  la hiérarchie et très indépendant. Après une scolarité à  l’école Saint-Louis de Limoux, il intègre, en 1874 le séminaire de Carcassonne où il est ordonné prêtre en 1879…

Il devient le vicaire d’Alet de 1879 à  1882 et curé du doyenné du CLAT de 1882 à  1884.

Il enseigne pendant cette période au séminaire de Narbonne. En 1885, à  la suite de problèmes avec sa hiérarchie, il est rétrogradé et nommé à  Rennes le Château.

Subitement, à  partir de 1891, il entreprend la rénovation de nombreux édifices au sein du village. En 1909, il donne sa démission et est déchu de ses fonctions sacerdotales en 1911. En 1915, il est inculpé pour trafic de Messe.

Après avoir mené pendant près de 20 ans une vie digne d’un prince, il la finira sans un sous en vendant des médailles religieuses et des chapelets aux soldats blessés de Campagne les Bains.

Il décède le 22 Janvier 1917 d’une attaque.

Ce que nous retiendrons de l’abbé Saunière c’est l’immense mystère qui entoure sa soudaine réussite.

Le secret de l’abbé Saunière

Par Claude Marcil

Mgr Beauséjour, évêque de Carcassonne, est muet de stupéfaction. Il vient de prendre connaissance du dossier que son vicaire général lui a remis. Ainsi un de ses curés de campagne mène plus grand train que lui si l’on en croit les comptes, sans doute truqués en plus, qui viennent de lui parvenir. Le premier novembre 1900, ce curé avait fait entrer dans son presbytère : 1 fût rhum Martinique en caisse ABC no 1031: 45 litres à  2 francs= 90 francs ; 50 litres du rhum à  2,35 franc= 117,50 francs (Rhum parfait, presque historique) ; 33 litres de vin blanc Haut Barsac; 33 litres de Malvoisie, 17 litres de quinquina doré, 53 litres de Banyuls, 12 litres de muscat. Cela représente alors une somme considérable, c’étaient des francs-or, la plus forte des monnaies. Comment le curé d’une bourgade au fond de son diocèse peut-il payer tout cela, et pour en faire quoi ? Il convoque aussitôt à  l’évêché ce curieux vicaire. Malheureusement, à  chaque injonction, il reçoit une lettre d’excuse, certificat médical à  la clé : l’abbé Bérenger Saunière est malade.

Un étrange personnage

Etrange personnage que ce Saunière, bel homme, bâti en joueur de rugby. C’était un enfant de la région, d’origine pauvre, né le 11 avril 1852 à  Montazels, d’une famille fort modeste, aîné de sept enfants. Ordonné en 1879, vicaire à  Alet puis curé d’un petit village, il se trouve, trois ans après, professeur au séminaire de Narbonne. Il n’y reste pas longtemps : ses manières désinvoltes, son indépendance ne plaisent guère à  ses supérieurs. En voulant le punir, ceux-ci, curieusement, lui ouvrent la route de l’aventure en le nommant en 1885 curé d’une petite bourgade : Rennes-le-Château, proche de Montségur, le dernier refuge des hérétiques Cathares. Quelques maisons bordent l’unique rue du village ; pour l’abbé Saunière, cette nomination représente l’exil le plus total. Semées de petites villes et de minuscules villages, des vagues de collines partent des Pyrénées pour venir mourir à  Carcassonne. La terre est dure. Les habitants sont rares.

Le curé avec ses parchemins à  Paris

Le diocèse lui paye le voyage à  Paris. Le curé de campagne remet les parchemins à  l’abbé Bieil. Ce dernier le présente à  son neveu l’éditeur Ané et à  son petit-neveu Emile Hoffet, oblat de vingt ans féru d’occultisme et de sociétés secrètes. Saunière visite Saint-Sulpice, regarde étonné l’insolite crucifixion de Signo. En trois semaines, il passe le plus clair de sont temps au Louvre où il achète une reproduction des Bergers d’Arcadie de Nicolas Poussin, le Saint-Antoine ermite de David Téniers et, curieusement, un portrait du pape Célestin V. Plus curieux encore : il devient l’ami de la plus célèbre cantatrice du temps, Emma Calvé, vingt-quatre ans, beauté célèbre au sommet de sa gloire. Elle revient tout juste de Londres, où les Anglais lui ont fait un triomphe. La reine Victoria l’a même invitée à  Windsor. Pour un curé de campagne inconnu, ce n’est pas un mince succès.

Des pierres tombales effacées

De retour à  Rennes-le-Château, Saunière dit au maire qu’il a vendu les documents, le rembourse du prêt grâce à  l’argent donné par l’évêque et se remet au travail. Il entreprend une fouille systématique de son église et décide de soulever une autre dalle, face à  l’autel. La face cachée se révèle sculptée, dans un style archaïque daté du VI ou du VII siècle. On peut y voir deux scènes, qui se déroulent toutes deux dans un lieu voûté ou dans une crypte. A gauche, un chevalier sur sa monture sonne du cor de chasse, tandis que son cheval abaisse le col pour s’abreuver dans une fontaine. A droite, un autre chevalier brandit un bâton de pèlerin et porte un enfant sur son arçon. Usée et cassée, la pierre laisse difficilement deviner les sujets, mais la facture est incontestablement ancienne. Une fois la pierre levée, l’abbé Saunière demande aux jeunes gens de creuser sur plusieurs mètres. Au bout d’un moment, la pioche fait sonner un objet dur. C’est alors qu’il s’enferme seul dans son église.

L’abbé va battre la campagne avec un sac

Après cette découverte, l’abbé Saunière arrête de travailler dans son église. On le voit courir à  la campagne, un sac sur le dos, en compagnie de sa gouvernante, sa complice jusqu’à  sa mort et, une fois l’abbé disparu en 1917, son héritière et la détentrice de leur secret commun. Il revient tous les soirs, le sac plein de cailloux choisis avec soin. Quand on l’interroge, il répond qu’il a décidé d’orner d’une grotte en pierres le minuscule jardin qui se trouve en face de l’église. La grotte est toujours en place de nos jours, mais elle a été pillée. Au fond du cimetière, près de l’église, se dressent deux pierres tombales, dont celle de Marie de Negri d’Albes, morte en 1781, épouse de Francis d’Hautpoul, seigneur de Rennes-le-Château. Une nuit, il les déplace à  l’autre bout du cimetière et efface soigneusement les inscriptions. En vain : certains archéologues les avaient déjà  relevées (nous savons aujourd’hui que l’une de ces pierres portait la même composition de monogrammes que l’un des manuscrits).

Un grand voyageur avec des comptes en banque

Au cours des deux années suivantes, le curé de Rennes-le-Château ne cesse de voyager. Il ouvre un compte en Banque à  Perpignan. Un autre à  Toulouse. Un autre encore à  Paris et un quatrième à  Budapest. Des mandats arrivent de toute l’Europe, libellés au nom de Marie Denarnaud, apparemment expédiés par différentes communautés religieuses. A partir de 1896, il entreprend un vaste programme de remise à  neuf de l’église. Il dirige les travaux et met la main à  la pâte, peignant lui-même la sainte Madeleine du devant de l’autel. Le calvaire seul coûtera 11 000 francs ! Presque tout a subsisté jusqu’à  nos jours et l’effet en est saisissant. Lorsqu’en 1897 tout est terminé il demande à  son évêque de venir consacrer l’église. A peine arrivé l’évêque en proie à  un malaise s’empresse de bénir en coup de vent cet ensemble d’une rare laideur et s’enfuit. Il ne revint jamais à  Rennes-le-Château.

Un étrange testament

Etrange destinée, jusque dans l’au-delà, de cet homme. On s’aperçoit, à  l’ouverture de son testament, que ce prodigue ne possède rien : tout est au nom de Marie Denarnaud ! Etrange histoire encore, Emma Calvé a emporté l’un des piliers wisigothiques de l’autel dans sa propriété de Millau, les livres de l’abbé, les plans de ses constructions disparurent sans savoir comment.

L’énigme des parchemins

Il n’est donc jusqu’à  présent question que d’argent, de trésor caché. Mais il y a plus intéressant : l’affaire des parchemins. A sa mort Saunière les légua à  sa nièce, Madame James, de Montazels qui n’y comprit rien et qui, déçue par un si médiocre héritage les vendit en 1955 pour 250 000 francs à  des Anglais faisant partie de la ligue de la librairie ancienne lesquels les publient. Les trois parchemins sont : la généalogie des comtes de Rhédae, le testament de François-Pierre de Hautpoul, seigneur de Rennes et du Bézu, celui d’Henri Hautpoul daté du 24 avril 1695. Il y avait là  de quoi faire changer l’histoire de la France à  la fin du siècle dernier et l’on comprend alors pourquoi Jean de Habsbourg, la comtesse de Chambord, veuve du dernier représentant de la branche aînée des Bourbons, aient attaché autant d’importance à  la recherche des documents et versé des sommes énormes pour les faire aboutir. Ces parchemins révèlent tout simplement l’existence de la descendance des rois mérovingiens après l’usurpation carolingienne (Charlemagne etc.). Mais depuis le IX ième siècle cette famille, la plus ancienne de France, a renoncé au trône. En 1873, le Comte de Chambord a renoncé au trône parce qu’il ne pouvait accepter le drapeau tricolore hérité de la Révolution française. Il était mort sans descendants. Quelle révolution eut été dans les années 1880 la preuve de l’existence de descendants de la lignée mérovingienne! La jeune et fragile république votée à  une voix (douteuse) de majorité aurait basculé si la Comtesse de Chambord avait pu présenter un prétendant mérovingien.

info : http://www.tourinfos.com/fr/r0011/d0011/m0006/p000070.htm
http://tresorcathare.free.fr/tresor2/html/rennes2.html

 

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