Affaiblissement des puits de carbone

Et si les puits de Carbone s’affaiblissaient, laissant le champ libre à  un effet dévastateur du CO2 sur l’atmosphère.

Bassin_de_Manapany_JPG1Cette supposition devient une réalité, quand la nature n’en veut plus et ne peux plus absorber notre crasse, elle laisse faire pour que nous en subissions les conséquences….

Le scénario catastrophe : les puits deviennent des sources

Il y a donc deux puits pour absorber une partie du carbone émis dans l’atmosphère :

Les écosystèmes continentaux, mais qui sont de « petits » puits (ils seront vite pleins : une fois que l’on a planté des foréts partout où l’on peut c’est fini, et comme on ne peut pas en planter beaucoup ce sera fini très vite),
L’océan.

Or on ne sait pas si, à  la faveur d’un réchauffement qui prendrait de l’ampleur, certains puits ne vont pas se transformer en sources.

Notre environnement comporte, en de nombreux endroits, des « réservoirs » de carbone, où ce carbone est présent sous une forme ou sous une autre :

  • comme gaz carbonique dissous dans l’océan
  • comme composant de molécules organiques dans les étres vivants (plantes, animaux, microbes) et les cadavres
  • comme gaz carbonique présent dans l’atmosphère
  • comme composant de matériaux solides présents dans les sols (le calcaire, par exemple)

varmland3_tif_1Dès que l’on a affaire à  l’un de ces endroits, on s’intéresse à  ce qu’il renferme comme carbone (le « stock » de carbone, comme pour le nombre de kilos de sucre dans un placard). On le mesure généralement en milliards de tonnes (ca fait beaucoup !), ou encore Gt (gigatonnes) en abrégé.
On ne mesure que le poids du carbone dans ces stocks (on parle alors d’équivalent carbone), pas celui des autres atomes présents à  ses côtés, pour pouvoir faire des comparaisons et calculer les échanges (c’est le méme principe que celui de la conversion en « consommation d’alcool pur » lorsque l’on regarde la consommation par pays de boissons alcoolisées, qui contiennent des proportions d’alcool très variables).

Ces puits qui absorbaient le CO2 seraient plein ?

Entre 2001 et 2002, le nombre de particules de dioxyde de carbone par millions de particules est passé de 371,02 à  373,10 (une hausse de 2,08 ppm sur l’année). Puis il a encore progressé à  375,64 en 2003, soit une hausse annuelle de 2,54 ppm.

Ces données sont enregistrées au sommet du mont Mauna Loa à  Hawaï depuis 1958 par les services de Charles Keeling, un chercheur américain.

Selon ce chercheur, seules quatre années jusque là  (1973, 1988, 1994 et 1998) avaient connu des hausses de la concentration de dioxyde de carbone de plus de 2 ppm, et à  chaque fois il s’agissait d’années marquées par le phénomène El Nino.

« L’augmentation du nombre de particules de dioxyde de carbone dans l’atmosphère de plus de 2 ppm pour deux années consécutives est un phénomène nouveau », a estimé Charles Keeling, cité par les deux quotidiens britanniques.

Le plus inquiétant pour le chercheur américain, 74 ans aujourd’hui, est qu’aucune de ces deux années n’étaient des années El Nino et qu’aucune donnée ne permet d’expliquer cette hausse.

Selon Charles Keeling, l’une des explications à  ce phénomène pourrait étre un affaiblissement de la capacité de la terre à  absorber le dioxyde de carbone en excès, « un affaiblissement des +éviers+ à  dioxyde de carbone (NDLR: les océans et les foréts) associé au réchauffement de la planète et résultant d’une réaction au changement climatique ».

La concentration de CO2 est ainsi passée de 280 ppmv (partie par million en volume, 1 ppmv = 1/10000 de %) à  360 ppmv; c’est-à -dire une augmentation de plus de 30% en deux siècles, alors que cette concentration n’avait pas autant varié depuis plusieurs centaines de milliers d’années. Le CO2 est à  lui seul responsable de plus de 50% de l’augmentation des GES. Il s’accumule dans l’atmosphère où sa durée de séjour est de plusieurs siècles.

Il y a aussi la présence de composés nouveaux (CFC, oxyde d’azote).

  • Le CH4 (méthane)a vu sa concentration multipliée par deux depuis deux siècles.
  • Le N2O (protoxyde d’azote) a augmenté de 15% sur la méme période.

Il y a une accélération du phénomène:la production est supérieure à  l’absorption d’autant plus que les GES ont un temps long de recyclage (ils ont une durée de séjour parfois de plusieurs siècles). Donc méme si il y avait une diminution des émissions de CO2, la concentration augmenterait encore avant de se stabiliser à  un niveau supérieur par rapport à  maintenant.
La contribution des foréts à  la lutte contre le changement climatique :

Les écosystèmes terrestres fonctionnent comme une pompe à  carbone en plus de leur fonction de réservoir de carbone. Une forét en croissance prélève du carbone dans l’atmosphère : c’est un puits ou une pompe. Toute forét stocke du carbone dans sa biomasse (principalement forestière) et ses sols : c’est un réservoir. En zone tempérée, environ un tiers du carbone stocké dans les foréts l’est dans la végétation et deux tiers le sont dans les sols. Un mètre cube de bois vert pèse entre 300 kg et 900 kg si on lui retire toute son humidité et il contient entre 150 et 450 kg de carbone. Lorsqu’une forét ou une plantation est exploitée, une partie du carbone va rester stockée dans le bois d’oeuvre (des meubles ou des charpentes), comme il l’était auparavant dans les arbres.
La véritable différence entre le carbone d’une usine et celui d’une forét vient du fait qu’une tonne de carbone qui n’est pas émise du fait d’un effort d’économie ou d’un progrès technologique, est définitivement évitée tandis qu’une tonne de carbone stockée dans un arbre planté peut repartir dans l’atmosphère du jour au lendemain (par exemple du fait d’un incendie ou d’un dépérissement de la forét). Cette asymétrie entre carbone « non émis » et carbone « séquestré » est un des principaux éléments du débat sur les puits de carbone.

La réunion des parties de Bonn en juillet 2001 est convenue d’inclure les foréts dans la listedes puits de carbone, sous certaines conditions. Les boisements et déboisements dans les pays industrialisées entrent dans leur bilan de carbone. Les projets de plantations forestières tropicales peuvent également étre pris en compte.

Et pourtant les relevés de 2001 et 2002 tenteraient à  prouver que les puits de carbone saturent. Alors ? Que va t-il se passer ? L’année 2003 pourrait étre précurseur d’un changement climatique qui va étre très rapide et dramatique. Pendant que l’Europe sera chamboulée dans un climat sibérien dû à  la disparition du Gulf Stream, d’autres régions dans le monde vont subir un réchauffement désastreux. Un assèchement va engendrer des sécheresses sans aucune mesure. Seules les régions polaires pourraient en bénéficier ? Ce n’est pas certain. La disparition du Gulf Stream apportera un nouvel age glaciaire sur l’Europe qui par effet de contamination pourrait chambouler le climat artique vers le bas. Par le passé, il n’y a jamais eu une glaciation sur l’Europe sans glaciation sur la Sibérie et le Canada.

Sources : wanadoo AFP / http://web.archive.org/web/20050107140948/http://xxi.ac-reims.fr/lyc-chrestien-de-troyes/lycee/effetserre/effetserre.htm / http://www.fnh.org/francais/faq/effet_serre/puits.htm / http://www.cirad.fr/fr/regard_sur/devdur/pdf/doc_loffeier.pdf

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