Au-delà de la bombe

bombe-mururoa1Hiroshima, Le 6 août 1945, le président Truman ordonne qu’une bombe atomique soit lâchée sur Hiroshima. Comme chaque jour, la famille Nakazawa se prépare pour une journée de guerre ordinaire. A 8 H15, l’enfer s’abat sur la ville japonaise. Sans que personne en ait encore conscience, une ère nouvelle a commencé : l’ère atomique. Un éclair, une boule de feu et… C’est l’enfer… et là commença au delà de l’horreur, un phénomène terrible…

Jusqu’à ce qu’une autre histoire de famille vienne semer le chaos dans cette ville d’Hiroshima encore préservée. Jusqu’à ce funeste lundi 6 août 1945, au matin, quand le bombardier B-29 surnommé Enola Gay (du nom de la mère du pilote) lâche son Little Boy («Petit Garçon», nom donné à la première bombe atomique) sur une ville qui se réveille, une ville qui n’existera plus quelques secondes plus tard. Le nombre de morts est estimé entre 70000 et 180000 (sur les 300000 à 400000 habitants), sans compter les cas de mort indirecte (cancer, leucémie, naissances monstrueuses, etc.). Ironie de l’histoire, les responsables de ce largage ne parlaient pas alors d’armes de destruction massive, mais bien d’armes de destruction totale… O tempora! o mores!…
Dans le déluge de feu et de destruction, Gen perd son père, son jeune frère et sa grande sœur. Le monde s’écroule, littéralement. Au milieu des cadavres carbonisés ou agonisants, des corps pourrissants et «fondus», l’humanité n’est plus qu’une ombre. Mais la survie s’organise dans les cris de douleurs, tant physiques que morales. On croit reconnaître ses morts dans les fantômes qui passent. Les vers envahissent le visage des enfants défigurés. Dans l’ignorance de l’événement, l’accueil des réfugiés se fera de façon hostile. L’enfer continue aussi pour les vivants. Mais le tempérament optimiste et le courage de Gen empêchent le récit de sombrer et permettent de garder une lueur de vie et d’espoir.

Au delà de tout ça, les témoignages des survivants qui n’avaient plus rien laissent perplexe. Il n’y avait plus de lumière. Les nuits étaient obscures et pourtant, nous voyons des espèces de feux follets s’élevaient dans les airs. Toutes les nuits dans l’angoisse, et dans l’impossibilité d’arriver à trouver le sommeil, un calme étrange couvrait la ville.

Feu follet : « petite lueur apparaissant au-dessus de certains terrains d’où se dégage de l’hydrure de phosphore ou du méthane » (cf. dictionnaire universel francophone).

ou selon M. Romane : « les feux follets sont ces lueurs qu’on aperçoit parfois dans les cimetières, les marécages, et tous les lieux où une intense décomposition organique se déroule. Il en résulte du dégagement de gaz qui s’enflamme spontanément dès la sortie du sol ou de l’eau, sous la forme de jolies flammes bleues. Il est évident que nos ancêtres ne pouvaient deviner la nature de ces feux. Aussi leurs donnèrent-ils des explications surnaturelles.
Les feux follets ne paraissant que dans les lieux sinistres, où l’on ne s’engage qu’avec circonspection, et où les morts peuvent être nombreux (et nombreuses), les anciens crurent, de tous temps, qu’il s’agissait de fantômes, d’âmes des défunts. Souvent, et particulièrement pendant l’époque romane, ils devinrent des esprits malins, des démons, qui se plaisaient à attirer par leur lumière les voyageurs vers quelque fondrière ou précipice.
Le plus souvent, il s’agissait d’âmes n’ayant pu, pour une raison ou pour une autre, aller ni en enfer, ni au Paradis (peu de personnes ayant vraiment cru au Purgatoire en temps qu’endroit). Par exemple des enfants morts sans baptême.
Certaines légendes prétendent qu’il s’agissait d’âmes brûlant en enfer, et que ce feu empêchait l’herbe de repousser là ou il avait brûlé. »

Spectres, revenants, fantômes. – Apparence sans corps, figure fantastique d’un mort, d’un esprit que l’on croit voir, d’après les superstitions populaires. La croyance à ces apparitions vient, peut-être, soit des images fantastiques du sommeil, soit des apparences que la terreur objective et auxquelles elle donne une forme visible, soit encore des visions et hallucinations qui accompagnent régulièrement certaines maladies et états nerveux. En tout cas, le fantôme reste la meilleure métaphore poétique qu’on ait jamais trouvé pour parler du processus de deuil.

La croyance aux fantômes et aux revenants, que l’on retrouve un peu partout à travers le monde, a toujours rencontré un aliment dans les idées que les religions se faisaient de ce que deviennent les âmes après la mort. La foi dans l’immortalité se compliquait, dans l’Antiquité comme chez les Juifs, de la croyance que l’âme des humains assassinés errait sans repos jusqu’au jour où le meurtrier avait été puni et où la victime avait obtenu une sépulture honorable. Dans la littérature et la poésie on s’est servi constamment de ces apparitions qui se dressent comme un remords devant la mauvaise conscience du criminel; au théâtre, c’est d’un effet sûr, qui a été très employé (Voyez l’usage qu’en fait Shakespeare dans Hamlet, par exemple).

L’Antiquité classique fêtait les âmes des morts à des jours spéciaux (lares et lemures ). Le Christianisme adopte également ce thème par le dogme du purgatoire, et de nombreux Pères de l’Église ont soutenu la réalité des apparitions de spectres, comme avaient fait avant eux nombre de philosophes grecs : tant que les péchés terrestres d’une âme n’ont pas été rachetés, l’âme peut revenir sur la Terre et tourmenter ses descendants jusqu’à ce qu’ils aient, par des messes et de bonnes oeuvres, délivré l’âme coupable; elle s’attache au lieu de ses forfaits et y apparaît à ceux qui l’habitent. Ces croyances fortifient les récits de fantômes et d’esprits qui reviennent dans les châteaux et les cloîtres, des feux-follets (âmes des enfants non baptisés); c’est à ces conceptions que se rattachent aussi les histoires de vampires et d’incubes.

Dans les récits populaires modernes, les revenants ne peuvent plus parler que pendant la nuit , de minuit à une heure, bien que les enfants doués de seconde vue nés le dimanche et les voyants puissent distinguer les fantômes à toutes les heures de la nuit. La croyance aux spectres a trouvé un dernier refuge dans les imaginations de la poésie et dans les contes populaires, mais elle tend à disparaître de plus en plus. Cependant une nouvelle superstition s’est créée au XIX eme siècle sous le nom de spiritisme et prétend « évoquer l’âme des morts » et entrer en communication avec eux; l’occultisme donne le nom d’élémentaires « aux êtres désincarnés par la mort »; il estime qu’ils se manifestent aux habitants de la Terre, soit spontanément, soit avec le concours de la volonté d’un évocateur, et, dans ce dernier cas, tantôt par acte d’auto-hypnose conscient de celui-ci, tantôt par l’entremise d’agents inconscients doués du pouvoir tout passif de communication avec le plan astral, dits médiums. Selon les occultistes, les productions de phénomènes de ces divers ordres peuvent aussi bien émaner d’êtres d’une évolution physique qualifiée par eux d’inférieure (autrement dit des animaux que de morts ayant appartenu au plan d’existence qui est actuellement le notre.

A la fin du XIXe siècle, une association anglaise, la Society for psychical researches, a entrepris une vaste enquête sur les apparitions de fantômes (Phantasms of livings), en particulier sur celles qui se produiraient au moment de la mort, le fantôme se manifestant à cet instant à des êtres aimés situés parfois à de grandes distances. L’authenticité d’aucune des apparitions n’a pu être démontrée de manière à satisfaire aux règles de la critique rationnelle. Les faits constatés s’expliquaient soit par des confusions de la mémoire qui transpose les dates, soit par des rêves, des hallucinations, des suggestions et souvent par de simples fraudes. La situation ne changera pas beaucoup au XXe siècle…
sources : http://www.france-jeunes.net/lire-hiroshima-10196.htm / http://web.archive.org/web/20041230084130/http://www.lagruyere.ch:80/culture/articles/03.12.27-culture.htm / source Planète Choc / http://www.alliancespirite.org/message-13335.html / http://www.cosmovisions.com/$Spectre.htm

 

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