Cathédrales, Kabbale et magie

L’Ordre du Temple, qui finança largement la construction des cathédrales, eut en Terre Sainte des contacts secrets avec de vertueux et honorables rabbis, véritables docteurs de la Loi juive. Auprès de ces derniers, ils découvrirent le langage caché des Ecritures qui devint plus tard en Occident, et principalement en Provence et en Espagne, la Kabbale. La Kabbale a rayonné d’un éclat bien particulier sur tout autour de Lunel et de Gérone au XIIIe siècle. Ces deux cités ont constitué des phares de la pensée ésotérique du monde juif.

La Kabbale désigne la Tradition reçue. Elle résume d’une façon générique les pratiques mystiques du judaïsme depuis l’aube du monde. Mais c’est à partir du XIIe siècle que, sur la base d’un fond de sagesse et d’interprétation de textes, de leurs signes et de leurs symboles, qu’elle s’érigea en doctrine, avec une cohérence interne, de préférences à des auteurs et à des œuvres spécifiques, plus particulièrement au Sud de la France.

QaBêl signifie recevoir, adopter, faire bon accueil et même comprendre, comme le montre l’araméen qval. La Kabbale veut également dire entrer en possession, ce qui laisse entendre que tout tient aux qualités réceptives, à l’ouverture de l’esprit, aux capacités d’embrasser ; en bref , la réception et, par la suite, la transmission dépendent du degré d’évolution psycho-intellectuelle des récepteurs.

La Kabbale ne s’invente pas, elle se transmet de Maître à élève. La Tradition doit être reçue par un terrain fertile. Plus elle sera profonde, plus elle sera vaste, précise, proche des réalités du Cosmos.

L’ambition des Kabbalistes, qui fut également celle des Chevaliers du Temple est de comprendre l’immensité de l’Univers, des temps, des espaces et des lois qui le régissent, des forces qui l’habitent. Comme on le conçoit, il faut que le disciple soit doué d’une intelligence puissante pour être accepté et devenir à son tour un transmetteur.

Victor Hugo affirme à plusieurs reprises dans Notre-Dame de Paris que les cathédrales dissimulent dans les replis de l’art gothique des mystères autres que les grands mystères chrétiens dont elles sont les représentations muettes, mais imagées.

Les cathédrales ne se limitaient toutefois pas à être un catéchisme, une légende dorée, un livre d’heures pour l’édification des fidèles. Elles étaient en quelque sorte, une encyclopédie du savoir de leur temps, une somme, un trésor des connaissances qui n’étaient accessibles au public que par les images qu’elles leur offraient. Elles étaient le miroir du monde du moyen âge..

LA CHEKHINA DANS LE CIEL DE CHARTRES

Dans la littérature rabbinique, la Chekhina désigne la présence de Dieu, dans son Temple. Dans la kabbale elle est généralement désignée par la dixième séfira, la Malkhout. De nombreux symboles lui sont attachés. Elle a un caractère femelle parce qu’elle reçoit les épanchements émanant de l’ensemble des sefirots situées au-dessus d’elle. Lorsque la Chekhina descend sur la Maison de Dieu, elle peut se manifester par des phénomènes physiques et lumineux. Cette réalité nous conduit directement dans le ciel de Chartres au XIIIe siècle !

Notre-Dame de Chartres, la Grande Dame de la Beauce, fut le premier oratoire consacré à la Vierge dans notre pays. Mais bien des siècles avant l’apparition du christianisme en Gaule, les druides avaient instauré dans la grotte qui maintenant est devenue une crypte, un autel à la Vierge qui devait enfanter : la « Virgini Pariturae ». Nul sanctuaire ne recèle comme à Chartres, deux madones à la carnation brune. Notre-Dame du Pilier veille sur le haut de la cathédrale, et Notre-Dame de Sous Terre protège la crypte au sein du cellier, sur lequel jaillit la basilique. Ces génitrices primitives étaient parfaitement désignées pour accueillir la Madone, mère de Jésus.

A la Bibliothèque nationale est conservé un très vieux livre latin, composé de texte sur les miracles des Vierges noires de Chartres, qu’écrivit au XIIIe siècle un doux poète, Jehan Marchant. L’auteur nous apprend que c’est après la destruction par le feu que le sanctuaire primitif fut remplacé par la cathédrale.

La Cathédrale est aussi le titre que donna Joris-Karl Huysmans à son merveilleux livre imprégné d’un mysticisme profond sur le sanctuaire chartrain. Laissons le romancier nous conter la construction de ce joyau de l’art gothique.

« Une croisade sublime s’organisa pour édifier le monument. A cette époque, en France, on aimait la Madone comme on aimait sa propre mère, et, à la nouvelle qu’Elle était sans toit, chassée par l’incendie, sans gîte, tous bouleversés s’éplorént et ce fut la ruée vers le pays chartrain.

« Du Nord, de l’Ile de France, de Bretagne, de Normandie et de l’Orléanais, des centaines et des centaines de personnes quittèrent leurs demeures après avoir abandonné leurs travaux pour courir au secours de leur Vierge.

« Sous la conduite de maîtres bâtisseurs venus d’on ne sait où, hommes, femmes et enfants, devenus des instruments dociles entre les mains de ces chefs occultes, obéissaient en silence.

« A Berchère l’Evêque, à huit kilomètres de Chartres, on ouvrit une carrière. Des blocs de pierre, si lourds que, parfois, un millier d’ouvriers ne suffisait pas pour les extraire de leur lit, furent hissés et tirés jusqu’au sommet de la colline sur laquelle devait planer la future église. «

De nombreux miracles illustrèrent l’érection du monument ; deux d’entre eux nous laissent une sensation de « déjà vu « , de déjà connu. Ils sont consignés dans un précieux manuscrit conservé à la Bibliothèque vaticane. L’un concerne des Bretons, égarés la nuit dans les plaines de la Beauce, et qui sont subitement guidés par des « brandons de feu surgit du ciel « !

Le second, tout aussi explicite, est l’apparition un samedi soir après complies, de la Vierge en personne, qui descendit sur son église alors presque terminée et qui l’illumina de lueurs éblouissantes.

Dans leurs grandes lignes, ces miracles ressemblent fort à ceux de Fatima et paraissent être le fait d’une manifestation de la Chekhina !

C’est une évidence fantastique, incroyable mais réelle, depuis des milliers d’années ; les hommes se sont transmis une connaissance qui leur permet de dominer les forces de la nature ; ce savoir constitue la clé pour pénétrer dans une autre dimension. Les constructions gothiques ont été léguées aux fidèles par des initiés, dans un dessein que nous n’avons pas encore percé ; mais réfléchissons un peu : avant tout la cathédrale est un condensateur d’énergie psychique, mais aussi une sorte de « passage « donnant accès à une autre dimension. «

CHARTRES, LA CATHEDRALE DES MIRACLES

Des vagues blondes des champs de blé de la Beauce émerge la cathédrale, l’Acropole de la France, le véritable pôle de sa foi.

Alors que Notre-Dame de Paris conserve encore quelque archaïsme de style, Chartres nous offre la formule gothique parvenue à sa pureté. Elle coiffe, un sanctuaire construit auprès d’une source sacrée et dans lequel on vénérait, une déesse mère protectrice des familles, des domaines et des cités.

Les premiers missionnaires chrétiens eurent la sagesse de ne pas s’opposer au culte primitif de la source. Il est vrai que saint Savenien et saint Potentien avaient déjà conquis à la religion du Christ la région de Sens où le paganisme était très puissant

Là où s’élevait une idole, ils mirent une sainte. Ainsi naquit la dévotion à la Vierge de Chartres.

Cette Vierge devant enfanter se tenait assise dans un fauteuil rustique, l’enfant sur ses genoux.

Le premier autel jouxtait le puits miraculeux, dit des Saints-Forts, où les premiers chrétiens avaient été jetés.

Quand on regarde avec un peu d’attention un plan complet de l’édifice, on découvre que le premier lieu marial où fut vénérée la Vierge se trouve à l’Orient du sanctuaire. Cette position ne nous surprendra pas, au contraire elle nous conduira au Coran…Le 16e verset de la XIXe Sourate du livre saint de l’Islam déclare :

« Parle dans le Coran de Marie, comme elle se retira de sa famille et alla du côté de l’est du Temple. »

Chartres a apporté à la chrétienté la révélation du culte de Marie. La Vierge de Chartres fut la première qui fut sculptée à un tympan, à la place réservée jusque là au Christ ! Cette souveraineté inaugurée ici devait être imitée à Paris, au tympan du portail Sainte-Anne. Certains spécialistes estiment que la statue de Chartres et celle de Paris sont du même sculpteur, tellement la ressemblance est frappante dans les moindres détails.

Cette mutation dans le dogme chrétien avait été préparée dans les monastères cisterciens au sein desquels, dans le silence, avait été élaborée une spéculation théologique d’après laquelle Marie est la médiatrice des Grâces. Saint Bernard la présentait comme l’aqueduc par lequel au jour le jour parvient à l’humanité le divin secours.

Notre-Dame de Chartres abrite une pieuse relique : LE VOILE DE LA VIERGE, qu’on appelait jadis la SAINTE CHEMISE. C’était le vêtement qui passait pour avoir été porté par Marie le jour de l’Annonciation.

Il fut offert à Charlemagne par l’empereur d’Orient Constantin Porphyrogénète et l’impératrice Irène. Charles le Chauve le donna à Chartres en 876.

En 911, lors du siège de la cité par les Normands de Rollon, l’évêque Gantelme le présenta du haut des remparts. Comme par miracle, les envahisseurs s’enfuirent…

D’autres faits moins spectaculaires, mais tout aussi troublants, car terriblement teintés de magie, se sont déroulés à Chartres. Pendant la guerre de Cent Ans, au lendemain de la défaite de Poitiers, la Dame du Ciel intervint en personne pour protéger sa ville.

Le roi anglais Edouard III parut sous les murs de la cité au printemps 1360. Des pourparlers étaient alors engagés pour la paix, mais le roi d’Angleterre montrait des exigences qui menaçaient de faire traîner en longueur les négociations.

Froissart, un érudit de ce temps, nous apprend :

« Tout à coup, un orage, une tempête et une foudre si grande et si horribles descendirent du ciel en l’ost (armée) du roi d’Angleterre, qu’il semblait proprement que le siècle dût finir. Car il chéait (tombait) de si grosses pierres qu’elles tuaient hommes et chevaux et en furent les plus hardis ébahis. Adoncques regarda le roi d’Angleterre devers l’église de Notre-Dame et se voua et se rendit dévotement à Notre-Dame et confessa qu’il accordait la paix. «

Elle fut signée le 8 mai, au hameau de Brétigny.

Le lendemain, Edouard III entra dans Chartres, y passa une nuit, entendit le matin suivant la messe à la cathédrale avec ses enfants, fit de généreuses offrandes et emmena comme otages deux bourgeois qui garantissaient l’exécution du traité.

La manipulation des éléments : grêle, foudre, pluies de pierres, se constate dans de très nombreux écrits du passé. La Bible en foisonne, les sagas celtes en débordent… Il nous faut donc reconnaître que les peuples anciens connaissaient un stratagème miraculeux, susceptible de provoquer ce que l’on nomme aujourd’hui « la guerre météorologique «.

A Chartres, la mise en œuvre de cette fantastique puissance se fit depuis la cathédrale. Le clergé chrétien était l’héritier du druidisme savant. Il le prouva

Par M. Guy TARADE

Voir également :

http://web.archive.org/web/20141104103722/http://lesdossiersdeletrange.over-blog.com:80/

 

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