Codex Gigas: la Bible du Diable?

Un grand livre médiéval mystérieux, écrit par un moine bénédictin sur de la peau animale avec d’étranges illustrations et des incantations démoniaques. Mais qui a les pages manquantes et pourquoi?

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Le Codex Gigas, la traduction littérale signifie «livre géant», la photographie ci-dessous, le montre avec une boite d’allumettes posée dessus pour donner une idée de l’échelle du texte long de presque un mètre. Il faut deux personnes pour le soulever. Cela en fait le plus grand manuscrit médiéval au monde.

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Le livre se trouve à la Bibliothèque Nationale de Stockholm, il a 600 pages, toutes en peau d’animal (âne), la reliure est constituée de cuir fixé sur du bois et elle est ornée de métal
En terme de valeur intrinsèque, lors de son derniers déménagement, il fut assure pour plus de 15 millions de Livre.

L’auteur du Codex Gigas

On pense que le livre a été écrit au début du 13ème siècle en Bohême, dans un monastère bénédictin proche de Chrudim, en République Tchèque. L’identité de l’auteur reste un mystère. Une étude graphologique révèle cependant le livre entier a une cohérence dans le lettrage et les illustrations ce qui confirme qu’un seul auteur, ne montrant aucun signe de fatigue, aucun changement d’humeur (c’est inhabituel) a écrit et dessiné l’ensemble du texte.

Contenu du Codex Gigas

Le livre est écrit en latin et contient la version complète de l’Ancien Testament et du Nouveau testament (à l’exclusion des Actes des Apôtres et l’Apocalypse).
A coté de la Bible, il y a une transcription de « L’Encyclopaedia Etymologiae » d’Isidore de Séville, un résumé des connaissances universelles, qui contenait des idées d’avant-garde (mais peu acceptées), y compris l’idée que la Terre est rond et non pas plate.

Le livre contient également une copie de « Les Antiquités Juives» et «Les Guerres Juives » écrit par Flavius Joseph vers 93, et il y a une version légèrement amendé de la Bible Hébraïque.
Il y a une copie de «La Chronique de Bohème», écrite par Cosma de Prague, prêtre bohémien qui vécut entre 1045 et 1125.
Parallèlement à ces textes, il a des listes de personnes et des dates, un calendrier et les commentaires des divers propriétaires du livre.

Mystère et légende

La légende du Codex raconte que l’un des moines du Monastère Bénédictin de Bohème avait commis un terrible péché et était confronté à l’ultime punition du monastère… être emmuré vivant dans sa cellule. Pour se racheter de la terrible mort lente, le moine proposa un marché aux supérieurs du monastère… S’il écrivait le plus grand livre que le monde aie jamais vu, en une seule nuit, alors il aurait la vie sauve.

Le marché fut accepté et le moine se mit à l’œuvre, vers minuit, le moine comprit qu’il n’atteindrait pas son but, et en désespoir de cause, il somma le Diable de l’aider, le Diable accepta et le moine inclut une illustration du Démon dans le Codex en remerciement.

Le plus grand livre du monde fut réalisé en une nuit et le moine eut la vie sauve, cependant la légende révèle que la vie du moine du dès lors proie à la malchance et au malheur.
Il est également intéressant de noter que sept (ou huit selon les sources) pages du livre manquent, enlever pour cacher un secret ancien.
Beaucoup de textes révèlent que le Codex Gigas a la réputation d’être maudit et qu’il apporte la mort et le malheur à qui le possède (espérons que la Libraire Nationale de Stockholm a une bonne assurance).

Représentation du Ciel et de l’Enfer: « la Bible du Diable »

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C’est principalement à de l’illustration ci-dessus, que le Codex Gigas a reçu le nom « La Bible du Diable ». L’image de la bête est une « conjuration », un sort qui lorsqu’il est prononcé permet à l’orateur de commander les esprits et les entités démoniaques.

La bête cornue est montrée accroupie dans le vide entre deux tours, deux serpents (à la langue fourchue) sortent de sa bouche, il porte un pagne en hermine, un tissu porté rationnellement par les rois… Il est donc dénommé « le Prince des Ténèbres (il a une vague ressemblance avec Ozzy Osbourne !)

Comme beaucoup, quand j’ai entendu parler et que j’ai vu les « deux tours », la tragique et démoniaque destruction des tours jumelles du World Trade Center m’est venue à l’esprit. La fameuse photographie, ci-dessus, est celle d’un des nombreuse visages mauvais et démoniaques qui apparurent et furent photographiés dans la fumée lors de l’incendie avant l’effondrement… peut-être une apparition surnaturelle invoquée par un acte mauvais… l’enfer sur terre.

Sur la page opposée à celle du démon se trouve une représentation du paradis, la ville paradisiaque, ce n’est pas une image de nuages et d’anges, mais deux tours, avec dix échelons, indiquant les degrés spirituels conduisant au Ciel.

Axoum
Cette image rappelle les gravures inhabituelles sur une série de sept mégalithes anciens à Axoum, Ethiopie, ils ont été érigés il y a près de 2000 ans. J’ai écrit à propos de ceux-ci un article (http://www.socyberty.com/History/Five-Mysterious-Ancient-Megaliths.719703) dans lequel leur aspect était comparé à celui des tours modernes (ce qui paraît étrange et peu probable), pourtant une citée céleste à niveau semblable à l’illustration du Codex Gigas (les deux représentant 10 niveaux) serait de loin une explication plus logique de la raison de ces anciens monuments, mais que je n’ai trouvé dans aucun texte concernant le site d’Axoum.

L’imagerie de «L’Echelle de Jacob» dérive de l’Ancien Testament – Genèse 28:11-19

«Jacob quitte Beersheba et se rend à Haran. Il arriva dans un lieu où il passa la nuit; car le soleil était couché. Il y prit une pierre, dont il fit son chevet, et il se coucha dans ce lieu-là.
12 Il eut un songe. Et voici, une échelle était appuyée sur la terre, et son sommet touchait au ciel. Et voici, les anges de Dieu montaient et descendaient par cette échelle. »

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Le concept d’une tour atteignant le ciel peut également avoir un lien avec l’histoire de la Tour de Babel dans l’Ancien Testament, la Tour étant la métaphore d’une méthode inconnue pour élever l’individu au niveau céleste.

Génèsis 11:4

«Ils dirent : Allons ! Bâtissons-nous une ville et une tour dont le sommet pénètre les cieux ! Faisons-nous un nom et ne soyons pas dispersés sur toute la terre !»
Le Codex Gigas est certainement un livre intéressant et intriguant, mais le titre «La Bible du Diable » évoque l’idée d’un livre occulte et impie. Cela semble très injuste, si on se base simplement sur l’illustration et les incantations bizarres (après tout les prêtres modernes pratiquent l’exorcisme), alors qu’en fait les illustrations pourraient avoir une profonde signification spirituelle.
Il y a plusieurs façons de considérer les illustrations, si on considère le vide entre les deux tours comme étant l’esprit ou l’âme humaine, quand il est vide et dénué de toute tentative de réalisation spirituelle alors peut y résider le mal, cependant avec la réalisation spirituelle et une pratique humaine positive, l’âme peut atteindre les niveaux célestes.

Les échelons peuvent également représenter la société humaine, plutôt que l’individu, et l’ascension pourrait représenter l’avancement des connaissances humaines, de la technologie, de la spiritualité collective ou encore l’évolution physiologique et cognitive, éventuellement la réalisation du plan céleste sur terre. Malheureusement, si tel est le cas, la photographie du démon dans la fumée des Twin Towers reflète sans doute plus exactement vers quoi se dirige ou vers quoi on dirige notre société.

Auteur : S. HAYES

Source : http://www.socyberty.com/History/Mysterious-Book-Codex-Gigas.852567/1

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