Contrôler un robot par la pensée

Des singes ont réussi à contrôler les mouvements d’un robot uniquement par la pensée. Etats-Unis 16/10/2003 – Des chercheurs de la faculté de médecine de l’Université de Duke, en Caroline du Nord, ont montré que des singes sont capables de commander un bras robotisé sans bouger eux-mêmes, juste par l’émission de signaux cérébraux. Dans le laboratoire du neurobiologiste Miguel Nicolelis, une femelle macaque est placée devant un écran d’ordinateur, elle joue à un jeu vidéo. Grâce à sa manette de jeu (joystick), elle tente d’envoyer une petite balle rejoindre sa cible. Auparavant les scientifiques lui ont implanté de nombreuses électrodes dans les lobes frontaux et pariétaux du cerveau.

Cette zone est réputée pour être un centre de contrôle de mouvements musculaires complexes. Tandis que la guenon manipule la manette, ses mouvements sont enregistrés et l’activité des neurones transmise par les électrodes est traduite en langage informatique. Cette information est ensuite reliée à un bras articulé lui-même branché sur l’écran. À ce stade de l’expérience, l’animal fait déjà le lien entre ses propres intentions – atteindre la cible sur son écran, ce qu’il exprime via la manette -, et leurs effets sur le bras articulé. Phase ultime : on supprime la connection entre la manette et l’écran d’ordinateur. Après quelques jours, à la grande surprise des chercheurs, la femelle réalise qu’il n’est plus nécessaire d’ajouter le geste à ses pensées. Comme si le robot était son propre bras, elle l’actionne directement de son cerveau. Et parce que son habileté augmente avec le temps, elle confirme que les neurones s’adaptent, explique M. Nicolelis. Le cerveau assimile les propriétés des nouveaux outils que nous utilisons et les neurones répondent à ces changements environnementaux. Identifier les facteurs biologiques qui accompagnent ces transformations cérébrales permettra, selon les chercheurs, de développer de nouvelles technologies. Une prothèse articulée par exemple, ou un fauteuil roulant qui répond à la pensée d’une victime de paralysie – 200 000 personnes aux Etats-Unis aujourd’hui. Cette étude vient d’être publiée mardi dans le premier numéro de la revue PLoS Biology.

C’est une publication mensuelle de l’organisme à but non lucratif Public Library of Science, qui offre un accès libre à tout son contenu sur son site Internet. Les scientifiques à l’origine de cette nouvelle formule s’opposent résolument aux revues existantes, telle Nature ou Science. Au lieu de faire payer le lecteur avec des abonnements onéreux, PLoS Biology impose des frais de publication de 1 500 $US au chercheur. Selon l’idée que la publication est partie intégrante du coût de recherche, les éditeurs prônent de courts délais de publication pour les chercheurs et une diffusion à la portée de tous.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *