Dkdsa-yantras, machines du ciel…

2513167020_51b358efcc_b-150x150L’exemple des engins volants hindous illustre bien en quoi le ‘mythe’ peut être vu comme une base de connaissance réelle et empiriques, ou un ensemble de croyances subissant des modifications dans le temps au gré des courants.

La tradition orale, dans la culture védique et hindoue, est ce qui a permis la conservation de certains récits étonnants jusqu’a ce que l’écriture ne parvienne dans les régions qui les conservaient oralement, et que nous les lisions dans la forme sanskrite connue aujourd’hui – mais leur mise en forme trahi aussi l’intertextualité de l’époque.

Certains ouvrages au sujet des ‘vimanas’, de  »source » médiumnique et channel ont été publiés assez récemment, au début du XXe (en comparaison de l’origine de ce concept) et ont contribué a la dépréciation de ce sujet qui pourtant, a des origines lointaines que l’on retrouve dans des compilations antérieures. Ces « ajouts’ invérifiables ont probablement semé un doute, qu’une lecture attentive des premiers textes (védiques et médiévaux) dissipe assez vite; les références a ces engins demeurent assez nombreuses, précises et cohérentes, que ce soit dans les mythes, ou dans la description plus précise de divers engins, tant maritimes qu’aériens.

Certains attribuent ceci à une imagination débordante chez l’homme primitif, ce qui ne saurait expliquer toutefois pourquoi ces connaissances techniques sont mélangées a celles de bateaux, de l’art de l’architecture en adéquation avec les énergies ambiantes, ou d’autres objets que nous connaissons, ou pourquoi les grandes épopées hindoues ressemblent parfois a de la science fiction.

En effet, les textes font référence a des histoires dans lesquelles interviennent des engins aériens, comme dans le ramayana, ou encore des procédés de construction plus précis comme dans le Abhimdraka ou le Yukti-kalpataru, ultérieurs. Je n’ai pas tout les textes sanskrits de la période médiévale mais c’est un projet en cours; pour l’heure un résumé clair et intéressant sur les sources indiennes de la période post védique et médiévale – je ne cite volontairement pas les références au Vaimani-sastra, dont le flou contextuel pourrait compliquer cette étude.

Il existe de nombreuses histoires dans la littérature indienne médiévale concernant des machines volantes. Ainsi dans le Harsa-carita de Bana il y a l’histoire d’un Yavana qui construisit une machine aérienne qui fut utilisée pour kidnapper un roi. Egalement, l’Avanti-sundar de Dandl parle d’un architecte nommé Mandhata qui utilisa une voiture aérienne dans des buts aussi courants que parcourir une distance pour voir si son jeune fils avait fait. Son fils, d’ailleurs, était réputé avoir créé des hommes mécaniques qui combattaient dans un faux duel ainsi qu’un nuage artificiel qui produisait d’énormes averses.

Chacun de ces travaux remonte au 7ème siècle avant J.-C. environ. Dans la 9ème des 10 siècles Buddhasvamin écrit une version du Brhat-kathd, une impressionnante collection d’histoires populaires. Buddhasvamin parle des véhicules aériens comme des dkdsa-yantras, ou machine-du-ciel, et les attribue aux Yavanas, un nom souvent utilisé pour désigner les étrangers barbares. Il très courant pour les machines volantes et les yantras en général d’être attribués aux Yavanas dans les textes Sanskrit. Certains érudits prennent les Yavanas pour les Grecs, et attribuent les histoires indiennes de machines à une origine grecque.

Par exemple, Penzer pense que le philosophe Grec Archytas a pu être le « premier inventeur scientifique » d’appareils ressemblant aux yantras indiens, et note que Archytas construisit une sorte de machine volante, consistant en une figure de bois équilibrée par un poids suspendu à une poulie, et mis en mouvement par de l’air caché et enfermé.

Il y eu sans nul doute beaucoup d’échanges d’idées dans l’ancien monde, et il est difficile aujourd’hui de savoir avec certitude où une idée particulière fut inventée et à quel point elle fut développée. On sait cependant que des idées relativement bien détaillées à propos de machines volantes ressemblant à des avions étaient connues dans l’Inde médiévale.

Le Samardngana-sutradhdra de Bhoja indique que le principal matériau du corps d’une machine volante est le bois léger, ou laghu-ddru. L’appareil a la forme d’un grand oiseau avec une aile de chaque côté. La force motrice est fournie par une chambre à feu avec du mercure placé au-dessus d’une flamme. La puissance générée par le mercure chauffé, combinée au battement des ailes avec un pilote à l’intérieur, amène la machine à vol dans les airs. L’appareil étant équipé d’un moteur, on peut penser que le battement des ailes avait pour but de contrôler la direction du vol plutôt que de fournir la puissance motrice. Je suggèrerai que les vimanas décrits par Bhoja sont semblables à des avions conventionnels. Ainsi ils sont fait de matériaux ordinaires comme le bois, ont des ailes, et volent comme des oiseaux.

Raghavan suggère que le moteur à mercure avait pour but d’être une source d’énergie mécanique pour le battement des ailes comme pour un vol d’oiseau. Il appuie cela en notant que Roger Bacon décrivit une machine volante dans laquelle une sorte de moteur en rotation faisait battre des ailes à l’aide de liens mécaniques. Remarchandera Ishtar, cependant, indique que d’après le Sama-rdngana-sutradhdra, le vimana a deux ailes resplendissantes, et est propulsé par de l’air. Cela suggère qu’une sorte de propulsion à réaction était utilisée.

Cependant ces vimanas avaient bien une énergie, et il semble probable qu’ils se basaient sur une sorte de méthode conventionnelle mécanique qui extrayait de l’énergie de la combustion de carburant et l’utilisait pour produire un flux d’air au-dessus des ailes. Les vimanas mentionnés dans le Samardrigana-sutradhdra furent-ils réellement construits, ou étaient-ils seulement des produits de l’imagination ? Je ne sais pas. Cependant, les descriptions élaborées de yantras trouvées dans les textes médiévaux indiens suggèrent que de nombreuses machines sophistiquées furent construites en Inde il y a bien longtemps.

Si une technologie mécanique sophistiquée était connue dans des temps reculés, alors il est fort possible que des sortes d’avions aient aussi été construites. Il est intéressant que le texte astronomique Sanskrit intitulé Surya-siddhdnta mentionne un moteur à mercure utilisé pour fournir un mouvement rotatif à un gola-yantra, un modèle mécanique du système planétaire. Cela suggère qu’au moins une sorte de moteur à mercure était utilisée pour produire une énergie de rotation. Le texte indique également que la conception du moteur à mercure doit être gardée secrète. Il était une pratique standard en Inde ancienne que le savoir technique soit transmis d’un professeur à un disciple de confiance.

Une conséquence malheureuse de cela est que la connaissance tendit à se perdre à chaque fois que les traditions orales dépendant des professeurs et des disciplines étaient brisées. Il est donc très possible que de nombreux arts et sciences connues dans les anciens temps aient été perdus pour nous, pratiquement sans trace. D’autres travaux de Sanskrit se référant à des machines volantes sont listées dans un livre de Diele Kanjiža. Il s’agit de : le Yukti-kalpataru de Bhoja (12ème siècle après J.-C.) ; le Mayamatam attribué à Maya Dfinava mais datant probablement du 12ème siècle aprèst J.-C. ; le Kathdsaritsdgara (10ème siècle avant J.-C.); la littérature Avaddna (premiers 3 siècles A.D.); le Raghuvamsam et Abhijndna-sakuntalam de Kalidasa (1er siècle avant J.-C.); le Abhimdraka de Bhasa (2ème siècle avant J.-C.); et mes Jdtakas (3ème siècle avant J.-C.). Des dates sont souvent approximatives, et le matériau des différents travaux est souvent extrait de travaux et de traditions plus anciennes.

http://www.rr0.org/science/crypto/archeo/enquete/dossier/Vimanas/

Un exemple de citation mystérieuse parmi les plus anciennes parmi celle à notre disposition peut se montrer intéressant.

Si ce sujet est amené à être développé les traductions seront éclairées par les translitérations

Rig Veda 1.164.46 47.

  1. kṛṣṇáṃ niyânaṃ hárayaḥ suparṇâ / apó vásānā dívam út patanti

tá âvavṛtran sádanād ṛtásyâd / íd ghṛténa pṛthivî vy ùdyate

Sombre descente; les oiseaux sont de couleurs dorés; ils volent jusqu’au paradis dans leur robe d’eau. A nouveau ils descendent du Siège de l’Ordre, et toute la terre est ensemancée par leur magnificence »

Dans le Ramayana, au chapite 47 de Yuddha Kanda, Ravana posséde un palace volant (pushpaka) dont nous trouvons une description intéressante ;

 »Le chariot Pushpaka qui ressemble au soleil et appartient a mon frére a été apporté par le puissant Ravana; ce chariot excellent et aérien allant partout, a volonté…. ce chariot ressemblant a un nuage clair dans le ciel… et le roi (Rama) le posséda, et le magnifique chariot, a la commande du Raghira, s’éleva vers la haute atmosphère »

C’est dailleurs dans cet exemple que nous comprenons en quoi le vimana est un ‘vaisseau spirituel’ dans le sens de  »machine », yantra: celle-ci est une analogie véritable entre la matière, et l’esprit qui lui dicte sa marche, dans ce cas précis grâce au siddhi ‘laghima’, le pouvoir de lévitation, conféré a la machine par le pilote.

Il y a bcp de choses a dire sur ce sujet pour établir certaines distinctions entre l’aspect symbolique et pratique de ces machines, les apports ultérieurs aux textes fondateurs et ceux a qui on attribue généralement ces  »machines », les grecs (ioniens). En effet Yonas ou Yavana sont des termes utilisés pour décrire les civilisations ‘étrangères’ ou lointaines mais il est possible que la tradition se soit vue modifiée avec les échanges, a cette époque, et l’observation de machines ‘ressemblant’ a des vimanas.

Ce sujet est trés représentatif de la difficulté d’établir certaines vérités quant aux mythes – ceux-ci évoluent avec leur histoire et la véritable connaissance semble se perdre… mais montre aussi l’ancienneté de la problématique ufologique et de la volonté immémoriale de l’homme a vouloir comprendre. Est-ce que, ainsi, l’observation d’Alexandre le Grand a son arrivée en Inde, compte parmi les mythes ?

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