Du Bien et du Mal

Le Bien, le Mal. Voici un vaste sujet. Je vous soumets un extrait de Machen, un membre de la Golden Dawn in the Outter, un de ceux qui ont formé mon esprit:

La sorcellerie et la sainteté, dit Ambrose, voilà  les seules réalités. L’une et l’autre sont des extases, c’est à  dire une façon de se retrancher de la vie de tous les jours…
…Oui, et aussi des pécheurs. Je crois que vous tomber dans l’erreur habituelle : vous limitez le monde spirituel au bien suprême; mais les pervers suprêmes en occupent nécessairement une partie. L’homme simplement charnel, sensuel, ne peut être ni un grand pécheur ni un grand saint. Nous ne sommes pour la plupart d’entre nous ni bons ni mauvais, mais un mélange des deux; nous nous en tirons comme nous pouvons, en ce bas monde, sans comprendre la signification profonde des choses, et c’est pourquoi, en nous le bien et le mal sont l’un et l’autre de seconde qualité, sans importance…
…Ceux qui sont grands, quelle que soit leur catégorie, sont ceux qui se détourne des mauvaises copies pour aller vers les originaux parfaits. Pour moi cela ne fait aucun doute: bien des saints les plus honorés n’ont jamais accompli ce qu’on appelle communément une bonne action. D’autre part, il y a ceux qui ont sondé les abîmes du péché sans commettre dans toutes leurs vie une seule mauvaise action…
…Oh oui, il y a une sorte de rapport entre le Péché avec une majuscule et les actes communément qualifiés de répréhensible: meurtres, vol, adultère, ainsi de suite. Exactement le même rapport qu’entre l’alphabet et la littérature de valeur. Mais je crois que l’erreur, très répandue, résulte dans une grande mesure, du fait que nous examinons la question d’un point de vue social…
…Mais d’autre part nous sous estimons le Mal. Nous attachons une telle une importance au péché consistant à  mettre la main dans la poche d’autrui (ou la porter sur sa femme) que nous avons oublié l’horreur du vrai Péché.
…Alors l’essence du Péché est réellement…
-Dans le fait de prendre le Ciel d’assaut. C’est tout simplement une tentative de pénétrer d’une manière interdite dans une autre sphère plus élevées. Maintenant vous pouvez comprendre pourquoi il est exceptionnel…
Oui dans l’ensemble, il est peut être plus difficile d’être un grand pécheur qu’un grand saint…
Le Saint s’efforce de recouvrer un don qu’il a perdu, le Pécheur tente d’obtenir une chose qu’il n’a jamais eue. Bref il répète la chute…

Arthur MACHEN LE PEUPLE BLANC.

Vous pouvez retrouvez le texte dans le Matin des Magiciens.

Extrait long mais instructif.

Il cite comme exemple: les roses et les lys qui se mettent à chanter, et le récit qui suit est assez obscure.

Que savons-nous réellement du bien et du mal, en fait très peu de choses. Comme indiquer dans le texte ci-dessus l’aspect social prend le dessus dans notre approche, ce qui dérange nos egos. A l’inverse nous sommes dans l’incapacité totale, en nos temps de fin de cycles, de saisir la nature réelle du mal. On arrive même à dire ou à écrire que dans le fond Bien et Mal n’existe pas, ce qui est sans doute vrai en métaphysique pure mais qui est fondamentalement faux, dans la réalité concrète.

Vous me rétorquerez que ces considérations n’ont que peu à voir avec l’état du monde moderne. De prime abord, je vous donnerais raison mais l’examen des faits montre que cette question est primordiale dans l’approche de notre réalité quotidienne.

Quelques hommes (de toutes religions, de toutes « races », de tous sexes, de toutes idéologies) se sont approprié les richesses et le pouvoir. De par leurs décisions, ils condamnent à la faim, à la mort des individus qui ne valent pas moins qu’eux. Vision sociale me répondrez-vous.

D’accord mais considérons en détail la réalité : ils remodèlent la Terre, pour la rendre plus rentable, ils déplacent des populations en exterminent d’autres, ils exterminent des espèces entières, et pire même contaminent le vivant avec des OGM, des hybrides. Lentement mais sûrement, ils transforment des terres vivantes en déserts morts. Ils poussent même plus loin en tentant de créer des hybrides : on humanise le porc à des fins thérapeutiques par exemple.

Tout ceci nous disent est pour le bien de tout un chacun. Et tous dans notre aveuglement, nous les croyons, ou nous voulons les croire (c’est tellement plus confortable). Et pourtant, nous sommes confrontés au Mal, tel que le conçoit Machen. Ils sont en train de détruire le monde, au nom de la rentabilité, d’un pseudo bien-être et ce avec la bénédiction de la majorité.

Pourquoi est-ce le Mal, me direz-vous ? Tout simplement parce qu’on réduit l’homme à l’état de robot, on le coupe de l’univers, on le coupe de la nature, on réduit ses relations avec les autres à des considérations mercantiles : produit et consomme, tel est le credo du jour.

Ils ont simplement oublié qu’en supprimant toute relation au monde qui n’est pas pécuniaire, qu’en réduisant la notion de la relation avec les autres à l’échange marchant, on recrée la horde primitive qui n’a d’autre but que d’assouvir ses besoins immédiats et ses instincts les plus bas. On réintroduit la barbarie dans le monde civilisé, on fonctionne sur le tiers exclu : Tout ce qui n’est pas de l’Horde est une cible. Il n’y a donc pas lieu d’être surpris de l’explosion de violence dans le monde contemporain. Le système, tel qu’il est conçu, génère cette violence.

Quand enfin les hommes ouvriront les yeux et prendront conscience de cette dimension « mauvaise » du monde moderne, alors il sera possible de contrer ces évolutions délétères. Espérons seulement que le réveil ne vienne pas trop tard, car d’ici quelques années, il ne restera plus rien à sauver.

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