Ernesto Guevara le tueur fou, dit le Che !

images-cms-image-001400411Qui était vraiment Che Guevara ? Et que représente-t-il ?

Lorsque l’armée bolivienne capture le Che, en octobre 1967, il n’est plus qu’un révolutionnaire exténué, un homme aux abois, furieux et désespéré. Transporté à  l’hôpital de Notre-Dame-de-Malte, il y fut exécuté, lavé, coiffé, sa barbe fut taillée pour que ne subsiste aucun doute sur son identité. La métamorphose fut complète : le Christ de Valle Grande était né, symbole éblouissant : le mythe court encore le monde…

De nos jours, sous toutes latitudes, on peut remarquer de nombreux T’shirt affichant son célèbre portrait. Une infime minorité sait qui il est. Encore moins ce qu’il fut réellement…Car le bonhomme n’est pas aussi idyllique que son image…

Pourquoi l’appelle-t-on « Che » ?

C’est tout simplement le nom que donnent les cubains pour désigner les Argentins.

Car ce fils de bonne famille naît à  Buenos-Aires en 1928, en Argentine. Comme beaucoup de jeunes bourgeois de par le monde, il développe le complexe de sa jeunesse dorée. Il entreprend de sillonner, très jeune, le sous-continent américain après avoir terminé ses études de médecine. Ce périple lui apprend à  haïr les Etats-Unis. Fortement compromis par ses actions politiques, il vit un exil révolutionnaire au Guatemala et au Mexique, dans les années cinquante.

Là , en 1955, il rencontre un jeune avocat cubain exilé qui prépare son retour à  Cuba : Fidel Castro déjà  affublé d’une réputation de « fou sanguinaire ». Guevara décide de suivre ces cubains qui débarqueront sur l’île en décembre 1956.

Nommé dans un maquis commandant d’une « colonne », il se fait très vite remarquer par sa brutalité, son manque total de respect pour la vie humaine. Un fait entre autres : un gamin, guérillero de sa colonne, qui a volé un peu de nourriture, est immédiatement fusillé, sans autre forme de procès.

Sa réputation est vite faite et il compagnons le désignent comme :  »Ernesto Guévara le tueur fou, dit le Che ! »

Ce partisan de l’autoritarisme à  tout crin, selon son ancien compagnon de Bolivie Régis Debray, issu d’une méme famille bourgeoise, (Loués soient nos seigneurs, Gallimard, 1996, p 184) qui veut déjà  imposer une  »révolution communiste », se heurte à  plusieurs commandants cubains authentiquement démocrates.

A l’automne 1958, il ouvre un second front dans la plaine de Las Villas, au centre de l’île. Il remporte un succès éclatant en attaquant à  « Santa-Clara » un train de renforts militaires envoyé par Batista, le président cubain : les militaires s’enfuient, refusant le combat. Une fois la victoire acquise, Guevara s’octroie la charge de « procureur », et décide des condamnations à  mort ou rares recours en gràce. Il profite de sa fonction, depuis la prison la  »Cabana » où il officie et théàtre de nombreuses exécutions, pour éliminer ses anciens compagnons d’armes demeurés démocrates.

Lorsque la chute de Batista devient définitive, en décembre 1959, son bonheur est d’en traquer ses anciens soldats. Bien souvent issus des familles les plus modestes de l’île, n’ayant cherché qu’à  améliorer leur sort misérable, Guevara restera impitoyables dans ses directives à  ses subalternes : la mort !

Des opposants cubains ou compagnons d’armes du Che qui l’ont l’on côtoyé ou eu affaire à  lui, estiment qu’il a exécuté personnellement de sa main, balle dans la nuque, entre 3 et 5 000 hommes de 1957 à  1961. 3 exécutions par jour durant 4 ans… Responsable aussi de la mort d’au moins 20 000 autres.

Nommé ministre de l’industrie et directeur de la Banque Centrale, il trouve avec ses fonctions l’occasion d’appliquer sa doctrine politique, imposant à  Cuba le modèle soviétique tant admiré. Méprisant l’argent mais vivant dans les quartiers huppés et privés de la Havane, le tout nouveau ministre de l’économie reste dépourvu des plus élémentaires notions d’économie : il finit par ruiner la Banque Centrale.

Il est plus à  l’aise pour instituer les « dimanches de travail volontaires », dont les cubains ne pourront se soustraire ; fruit de son admiration pour l’URSS et la Chine dont il saluera la Révolution culturelle.

Les réfractaires cubains seront vite matés : ils doivent à  Guevara la mise en place de camps des concentration cubains, jamais connus sous les autres présidences. Avec combien de subtilité, Régis Debray fait remarquer : « c’est lui et non Fidel qui a inventé en 1960, dans la péninsule de Guanaha, le premier « camp de travail correctif » (nous dirons de travaux forcés) … »

Le maître de la « Terreur » qu’il est devenu loue « la haine efficace qui fait de l’homme une efficace, violente, sélective et froide machine à  tuer » (cité par Régis Debray, p. 186). « Je ne peux pas étre ami avec quelqu’un s’il ne partage pas mes idées », « la haine est un élément de la lutte, haine implacable de l’ennemi, elle nous pousse nous transforme en machines efficaces, violentes, sélectives et froides au massacre » avoue ce sectaire qui baptise son fils Vladimir, en hommage à  Lénine.

Le Che, lui, est un révolutionnaire… Quand Castro a pris le pouvoir à  Cuba, il s’est déclaré marxiste- léniniste, et voilà , tout va bien, Cuba est socialiste, communiste, bref, un petit poulain de l’URSS et de la Chine… Le Che veut plus… Il veut la révolution PARTOUT ! Il se met à  voyager, dans des conférences internationales, ses idées sont claires :désireux d’exporter la révolution dans sa version cubaine, aveuglé par un anti-américanisme sommaire, il s’emploie à  propager des guérillas à  travers le monde, selon son slogan: « créer deux, trois, de nombreux Vietnam !  » (Mai 1967).

Dogmatique, froid et intolérant, le Che est en complet décalage avec le naturel ouvert et chaleureux des Cubains. A Cuba, il est l’un des artisans de l’embrigadement de la jeunesse, sacrifiant au culte de l’homme nouveau.

En 1963, il est en Algérie puis à  Dar-el-salam avant de gagner le Congo où il croise le chemin d’un certain Désiré Kabila, un marxiste devenu récemment maître du Zaïre qui ne répugne pas aux massacres de populations civiles. Cette épisode de l’histoire congolaise fit 500 000 morts…

Mais, entre le Che et Fidel Castro, ce n’est plus trop le grand amour…. Castro l’utilisera à  des fins tactiques

En novembre 1966, il part faire sa révolution en Bolivie, dans son optique de créer des foyers révolutionnaires en Amérique Latine. Sur place, l’attendent moins de monde que prévu : une dizaine de guérilleros cubains, péruviens ou boliviens. En effet, le Parti Communiste Bolivien lui devait son soutien à  la rébellion mais, sur ordre de Moscou, ils durent arréter la propagande et stopper toute activité. Donc le Che avec à  peine une vingtaine d’hommes pour renverser un gouvernement… La petite bande du Che, dans le fond de la forét se retrouve traquée par 4000 soldats boliviens équipés et entraînés par les Usa. Avec au final, après un court laps de temps : des hommes mourants, des captures, le Che souffrant de son asthme : la fin approche… Isolé et traqué, Che Guevara, le tueur fou, est capturé le 8 octobre 1967, et exécuté le lendemain pour ses crimes boliviens .

Fidel Castro est suspecté d’avoir poussé à  la capture du Che, ces derniers étant brouillés (et comme Fidel élimine tous ses opposants, pourquoi pas son meilleur pote ?). Castro, dans cette opération, aurait éliminé un géneur mais surtout récupéré et amplifié le mythe du martyr Che Guevara, assassiné par l’Impérialisme. Des cubains, anciens amis de Castro, certifient sa responsabilité dans la mort du Che…

Décidément, on aime les héros sinistres et sanguinaires, surtout du côté de l’intelligentsia française : après Staline qu’on ne présente plus, massacreur de 50 millions de personnes, Mao qui a tué par millions en imposant des camps de concentration  » laogaï  » et une révolution culturelle meurtrière dans un culte de la personnalité ahurissant et débile, Pol Pot qui a massacré un quart du peuple cambodgien, sans oublier qu’avec Fidel Castro, fut le  » Che  » !

Un  » héros  » sanguinaire et totalitaire de plus sur la liste des idoles rouges, encore idolàtré sur de nombreux maillots dans nos rues ou, à  défaut, dans de nombreux esprits .

 

Sources : Che Guevara, le Christ rouge d’Alain Amar

Ernesto Guevara connu aussi comme le Che de Paca Ignacio Taibo

La guérilla du Che de Régis Debray

 

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