La Chute de l’Empire Etats-Unien

liberty_burnsLes Etats Unis ne combattent plus, ils punissent. Ils ne déclarent plus la guerre, mais administrent la paix. Ils n’envahissent plus les pays mais ils les libèrent, et ils s’indignent lorsque ses alliés n’agisssent pas en conformité avec leur statut de subordonnés. Sans réaliser qu’ils n’auront bientôt plus les moyens financiers, diplomatiques et militaires de leurs politiques hégémoniques.

Voici l’Histoire d’un Empire au bord de sa chute…
Il y a 2 ans, l’idée dominait que les Etats Unis, après l’Irak, n’auraient aucun mal à  imposer leur ordre armé à  la Syrie, à  l’Iran, à  la Corée du Nord. Or après la catastrophe irakienne, ce qui apparait, tout au contraire, c’est que les USA ne prendront pas de sitôt le risque d’envahir un pays souverain. D’où les défis que n’hésitent plus à  lui lancer la Corée du Nord, l’Iran et la Syrie.
Il existe aujourd’hui 2 types de souveraineté : « Celle sans limite, des USA qui priment sur les traités et les organisations internationales et celle des autres pays soumis à  la bonne volonté états unienne. » résume le financier Georges Soros. Cela durera t-il ? Evidemment pas. Tout va très vite dans l’après guerre froide d’autant que la réalité est une pédagogue sévère. Le triple échec -politique, militaire et moral- des USA sur les bords de l’Euphrate, alors qu’elle n’a pas encore réussi à  pacificer l’Afghanistan, vient probablement de porter un coup mortel à  cet activisme guerrier qui, il y a 2 ans, paraissait pourtant sans butoir.

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Le Fiasco irakien marque les limites de la diplomatie « tomahawk » prônée par les idéologues de la guerre sans fin. Malgré leur puissance, l’occupation est une catastrophe en vie humaine pour les GI’s. Un pouvoir qui de toute évidence, ne peut pas étre utilisé n’est pas un véritable pouvoir. » L’Iran et la Corée du Nord n’ont pas été long à  tirer les leçons de cette paralysie, et les 2 Etats « voyous » n’hésitent plus à  multiplier les bras d’honneur à  l’encontre des Etats Unis.

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Le monde s’interroge sur les vrais motifs de la puissance américaine. L’invasion de l’Irak a produit un paradoxe préocupant : l’efficacité militaire des USA n’a jamais été aussi forte, alors méme que leur influence politique ne cesse de s’amenuiser.

Mais aujourd’hui la puissance militaire n’est plus ce qu’elle était, quand la puissance économique des Etats Unis ne suit plus non plus. En effet, dans l’économie mondiale, le poid des Etats Unis n’a cessé de se rétracter depuis 50 ans. Il représentait 56% du produit national brut des nations industrialisées, en 1949, contre 36%, aujourd’hui et 20 % d’ici à  10 ou 15 ans.

Sous Bill Clinton, c’est quelques 35 pays pays qui subirent les sanctions économiques qui représentaient les 45% de la population mondiale. Ainsi l’arme économique était la plus forte. Pourtant cette arme pourrait péricliter. Le déficit commercial des USA atteint désormais 600 milliards de $. Kissinger ne disait il pas : « la clé du succés géostationnaire est de savoir s’arréter à  temps », à  propos du bourbier vietnamien.

Pour sortir de ce marasme, et de cette chute ineluctable, les USA n’auront d’autres choix de rétablir un partenariat fort avec L’Europe. « Sans l’Europe, l’Amérique conserve sa prépondérance, mais ne jouit pas de l’omnipotence mondiale. Sans l’Amérique, l’Europe garde sa richesse, mais souffre d’impuissance. »

Un avis personnel sur un forum qui en dit long :

BUSH PREPARE SOIGNEUSEMENT LA CHUTE DES USA ET D’ISRAEL

« Je ne suis pas anti-sémite car je suis sémite et non plus historien mais je peux dire que parmi les principales causes de la chute de l’empire romaine, l’empire soviétique le nazisme et autres, sont L’expansionnisme : ce que fait israel avec les terres des arabes sous l’encouragement de bush avec sa lettre d’appui à  sharon et ce que fait les USA en irak – L’extermination et l’humiliation des peuples : le chez d’oeuvre des mercenaires de rumsfeld avec les irakiens, ce qu’a fait hitler avec les juifs, ce que fait israel avec les palestiniens – Le sentiment de supériorité et de la super puissance qui aveugle les décideurs de ces empires pendant que d’autre nations grandissent dans le calme. Je constate donc, que les USA sous la dictature de bush, oeuvre pour sa propre défaite, l’autodestruction et ce en suivant soigneusement le méme chemin emprunté par Hitler, Néron, moussilini Staline et les autres dictats. Je ne nie pas que quelques foyers de démocraties existent au usa et en israel et rien de comparables avec nos super dictateurs dans le monde arabes soutenus par les soit-disant démocrates occidentaux. »

Le propagandiste des faucons, Daniel Pipes, s’en prend à  nouveau à  Ariel Sharon dans le Jerusalem Post. Il accuse le Premier ministre israélien de trahir ses engagements en envisageant un retrait de certains colons. Pour les ultras orthodoxes, il s’agit bien d’affirmer la souveraineté d’Israël sur les colonies malgré la discontinuité territoriale actuelle.

Dans l’International Herald Tribune, Yossi Beilin, co-négociateur de l’Accord de Genève, est tout aussi mécontent, mais pour une autre raison : le caractère unilatéral de la décision discrédite toute forme de négociation.

Les USA pourraient revenir à  un isolationnisme cette fois plus nuancé – d’où l’appellation de faux-isolationnisme – aux conséquences directes pour l’Europe.

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Le faux-isolationnisme, c’est un repli sur soi plus sélectif que total, qui reste identitaire. Il est réaliste car s’appuyant sur l’intérét national et l’équilibre des puissances. Rampant dans l’après-guerre du Vietnam ou après l’échec somalien, ce faux-isolationnisme se projette dans les politiques de sécurité intérieure (le patriot act) comme extérieure (le système anti-missiles). C’est une « Grande stratégie » (grand strategy), une politique globale émergeante et qui intègre la variété des intéréts américains.

A cette fin, les USA se désengagent ainsi de toute norme jugée contraignante, du protocole de Kyoto à  la Cour Pénale Internationale en passant par la prolongation de la Convention sur les armes biologiques. Les organisations internationales ne sont plus alors pour eux que des organes subsidiaires, légitimant plus ou moins des actions de plus en plus unilatérales. Emergente sous Clinton, cette tendance franchit un seuil avec Bush.

Militairement, tous les moyens doivent alors étre mis en oeuvre. Les intentions incertaines des acteurs et les évolutions possibles des menaces impliquent la diversification des stratégies. On construit alors un « spectre des menaces » allant du terrorisme aux armes de destruction massive en passant par des conflits interétatiques moins probables, mais plus intéressants. L’ennemi, au moins, y est clair – tout le contraire du terrorisme. Ce faisant, Washington contribue à  rendre le monde moins lisible et plus incertain : la menace dépasse la rationalité et instrumentalise les discours. Le sens, comme les preuves, se perdent.

Les USA sont malades d’eux mémes. Dans cette chute inéluctable irakienne, dans sa chute d’une puissance économique, dans ses sursauts d’un empire égémonique protectionniste qui glisse lentement vers une dictature, les USA sont en train de connaître une décadence qui pourrait leur étre fatale. Des pays émergeants les remplaceront, mais sans oublier que les USA sont préts à  tout pour se défendre.

Ainsi nous sommes en train de vivre un tournant d’une époque qui est révolue. L’Empire Etats Unien est en train de vivre sa chute. Vont ils entrainer le monde avec eux ?

Source : Extrait de Marianne N°391 semaine 16/22 octobre 2004. /

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