La conquéte de la Lune par la Chine, les USA et la Russie

La Chine et les USA ont sérieusement annoncé leur détermination à  conquérir la Lune et à  installer une base permanente.

La Chine est décidée à  réaliser des vols spatiaux équipés d’ici 2005 et lance sa première exploration de l’espace de la lune en 2010. Ouyang, scientifique en chef du projet lunaire d’exploration, a indiqué que les techniciens et les experts chinois travaillent assidûment pour assurer le succès de la première mission lunaire de la nation.

Pourquoi une telle frénésie lunaire ?

Il faut rappeler que les Etats-Unis n’ont jamais signé le traité sur la Lune de 1979, négocié sous les auspices des Nations unies, pour prévenir l’accaparement des terrains lunaires et l’établissement de bases militaires sur la planète. En fait, vingt ans auparavant, en 1959, une étude de l’armée américaine, intitulée l’Etablissement d’avant-postes lunaires, estimait que des avant-postes lunaires étaient nécessaires pour développer et protéger les intéréts américains sur la Lune, pour développer des techniques de surveillance de la Terre depuis celle-ci, pour servir de base à  l’exploration lunaire, à  l’exploration spatiale et à  des opérations militaires si nécessaire.

Un ouvrage intitulé les Forces militaires spatiales dans les cinquante prochaines années a été publié en 1989 par le parlementaire John Collins. Il insiste de nouveau sur l’idée que les Etats-Unis ont besoin d’établir des bases militaires pour contrôler la route entre la Terre et la Lune. Des forces armées devraient stationner pour intercepter d’éventuels rivaux. Les auteurs envisagent un futur où l’espace serait exploité commercialement par des sociétés privées concurrentielles. Comme l’Armada espagnole ou la Royal Navy britannique ont été créées pour protéger les intéréts et les investissements des royautés dans les conquétes coloniales, l’espace pourrait devenir un lieu d’exercice de la puissance et de la domination, nouveau territoire vierge ouvert à  une formidable course au profit. Il ne s’agit pas seulement de spéculations du temps de la guerre froide. En 1998, un document du Commandement de l’espace des Etats-Unis proposait des plans pour une  » domination globale  » de l’espace ( » full spectrum dominance « ), où se trouvaient combinés des moyens globaux de surveillance, de défense antimissile et de capacités de frappe à  partir de bases spatiales. Le projet de  » bouclier antimissile  » en découle : 50 milliards de dollars vont y étre consacrés par le Pentagone dans les cinq prochaines années. Il crée les conditions d’une relance possible d’une course aux armements, notamment en inquiétant la Chine dont les capacités de lancement des missiles nucléaires de sa force de  » dissuasion  » se trouveraient annihilées

Le traité sur la Lune de 1979 et le traité sur l’espace extra atmosphérique conclu en 1967 ont été établis pour contenir la tendance guerrière et expansionniste des hommes dans le cosmos, pour empécher que les conflits terrestres ne soient exportés dans l’espace. On peut craindre aujourd’hui que l’administration Bush ne veuille aller dans une tout autre direction. Les dangers évoqués de manière globale ci-dessus concernent de manière large l’ensemble des citoyens du monde.

Quelles garanties que l’espace restera démilitarisé ? Le lancement par la Chine d’un satellite en 2003 a inquiété le Pentagone. Dans les heures qui ont suivi le lancement, le général américain Edward Anderson a déclaré, qu’à  son avis, il ne faudrait pas longtemps avant que l’espace ne devienne un champ de bataille. Theresa Hitchens du CDI (Centre pour l’information de défense), un  » think tank  » privé réputé, a déclaré que les moyens de conduire une guerre de l’espace allaient sortir du royaume de la science-fiction et entrer dans la réalité dans les vingt prochaines années. En effet, comment exploiter  » tranquillement  » les ressources minières de la Lune si d’autres puissances deviennent capables de le faire également ? On peut craindre le lobbying des intéréts privés américains : on a vu leur poids dans le déclenchement de la guerre et dans l’exploitation de l’après-guerre en Irak.

L’espace n’appartient pas à  une nation terrestre en particulier, il doit étre exploré avec précaution et respect par l’ensemble de la communauté de notre planète.
Il faut travailler à  l’application complète, à  l’universalisation des traités démilitarisant l’espace. La France doit prendre des initiatives politiques en ce sens à  la conférence du désarmement de Genève (…) et aux Nations unies, à  New York.
L’ensemble des explorations spatiales doivent respecter une charte éthique et environnementale qu’un organisme des Nations unies devrait étre chargé de faire respecter. Là  aussi, la France et l’Union européenne pourraient jouer un rôle positif pour sa création.

C’est à  cette double condition que l’exploration spatiale ne tombera pas dans la main de nouveaux aventuriers mais deviendra une aventure humaine exaltante.

 

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