La Légende de Nazca

Les géoglyphes de Nazca sont un des grands mystères de l’archéologie mondiale. Certains chercheurs dont Marie Reiche, qui a étudié la zone pendant plus de 50 ans, pensent qu’il s’agit d’un observatoire astronomique le plus grand du monde ; d’autres Johan Reinhard, le principal chercheur des sanctuaires péruviens d’altitude, pensent que les lignes étaient des chemins sacrés dans les cérémonies de culte à l’eau et à la fertilité de la terre. Des théories récentes affirment que les lignes de Nazca sont reliées aux eaux souterraines. Ici le célèbre candelabro, creusé dans le sable et qui pourrait être lié aux géoglyphes de nazca.

Nazca est une petite ville d’environ 30 000 habitants située dans l’hémisphère sud sur la côte méridionale du Pérou en bordure pacifique (planche 2, situation Pérou – Nazca). 450 kilomètres la sépare de Lima, la capitale ; elle se trouve dans une vallée toute verte, entourée de montagnes à 620 mètres d’altitude. L’agriculture intensive des terres irriguées est la base économique. Le sol est de type alluvial. Ce n’est pourtant pas la ville qui nous intéresse, mais le site fabuleux qui se trouve entre la vallée du Rio Ingenio et la vallée du Rio Nazca. C’est sur cette pampa aride que l’on découvrit en 1926 d’étranges figures tracées, des motifs gigantesques dessinés ou gravés à même le désert, s’étendant sur des dizaines de kilomètres (50 km²).

Les lignes et figures nazca furent tracées sous forme de sillons de 25 centimètres de large et une profondeur de 10 centimètres environ. Elles sont semblables à de profonds sentiers d’une étendue de plusieurs kilomètres, et les dessins parfois sont d’une grandeur de 50 à 200 mètres, plusieurs d’entre eux sont unis les uns les autres et rejoints par les lignes qui parfois les superposent mystérieusement (planche 3). Le procédé est simple, il consiste en l’enlèvement de cailloux sombres (marrons) qui laisse alors apparaître la couleur plus claire des couches sous-jacentes (jaunes). Ces graviers abondants caractérisent cette zone du Pérou et ne font que quelques centimètres de diamètre. Ils résultent de la fragmentation de larges roches due aux variations extrêmes de température entre le jour et la nuit. En ce qui concerne le tracé des figures, il semble que de nombreux modèles réduits aient été réalisés, en effet les maquettes de géoglyphes découvertes sur le site montrent qu’on a d’abord esquissé des plans à petite échelle.

Les Nazca ont recopié chaque centimètre de la grille à une échelle nettement plus importante.

Il est intéressant de noter que tous ces dessins ont un accès pour que l’homme puisse y pénétrer sans piétiner une ligne; l’unité de mesure étant l’avant bras humain (32,50 centimètres) et le 8 aurait été pour eux le chiffre sacré (l’araignée a huit pattes, les mains du singe ont quatre doigts, etc…). En outre il est à noter qu’il y a un grand contraste entre quelques schémas qui ont été parfaitement exécutés et d’autres qui ont été dessinés sans soins. Plusieurs dessins sont si grands qu’ils ne peuvent être visualisés que des airs à une hauteur de 1000 pieds. Les indiens disent que la spirale représenterait en fait la pelote et que les zig zag seraient les aiguilles. Il s’agit de l’atèle ou singe araignée à la queue préhensive caractérisée par son enroulement en point d’interrogation, le simien a le pouce si atrophié dans la réalité, que le dessin au sol ne lui dote la main droite que de quatre doigts. L’atèle est particulièrement agile, intelligent et espiègle; sa queue en spirale n’évoquerait-elle pas l’évolution d’une force, d’un état; le motif ouvert pouvant manifester l’apparition du mouvement circulaire sortant du point originel, mouvement qui s’entretien, se prolonge à l’infini vers le devenir – continuité cyclique vers l’évolution – ici tout peut être symbole…

La civilisation pré-inca de Nazca s’est «éteinte brutalement il y a 1700 ans après six siècles de domination sans partage. Entre 100 et 350 de notre ère, Kahuachi la capitale religieuse a été ravagée par une grande inondation puis un tremblement de terre. C’est le moment de l’abandon, mais avant de partir puisque tout est rituel dans leur culture, les Nazca enterreront les ruines de leurs cités en les remblavant. Par ce geste ils laissent à jamais sous une couche d’argile et de sable, une ville entière avec ses édifices, ses sépultures, ses terrasses… Et seules les lignes et figures de Nazca perdureront en héritage. Les nazca eux, ont légué au monde un héritage extraordinaire : cette culture andine de 2000 ans, nous a laissé la curiosité énigmatique, la fascination pour l’au-delà à travers ses symboles. Dans un environnement extrêmement peu favorable, et pendant huit siècles, ils ont acquis un idéal communautaire vivant dans chaque individu, qui avait son rôle précis dans le groupe. L’animal aussi avait sa place privilégiée : chaque Huaca – animal – était associé à une étoile ; chaque étoile différente des autres et pourtant évoluant ensemble en harmonie avec les autres… A tous, quelle belle leçon de tolérance et de sagesse dans cette connaissance de la nature et du cosmos. Mais aussi quelle humilité dans ce message codé d’une culture à jamais anéantie «Sublimons-nous et perdurons au monde par nos symboles».

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