La Russie veut renouer avec l’esprit Spoutnik

Trois articles qui nous rappellent cette évènement de l’histoire de la conquête de l‘Espace Le 4 octobre 1957, avec le lancement du premier satellite artificiel par l’Union soviétique, l’espace devenait un terrain de la compétition mondiale. Forts de leur héritage, les Russes souhaiteraient à nouveau se lancer dans la conquête spatiale. Il y a un demi-siècle, le 4 octobre 1957, à 22 h 28, les radioamateurs du monde entier entendaient un ‘bip-bip’ sur les ondes », rappelle Vremia Novostieï. Ce signal du Spoutnik-1 mis en orbite par les Soviétiques entrait dans la légende. « Ce tout premier satellite artificiel de notre vieille planète était petit, mais ses signaux sonores se sont répandus sur toute la surface du globe et chez tous les peuples comme la concrétisation d’un rêve audacieux de l’humanité », déclarait alors le maître d’œuvre de cet exploit, Sergueï Korolev, aujourd’hui cité par le quotidien moscovite. Spoutnik-1 n’était qu’une sphère métallique de 58 cm de diamètre, pesant 83,6 kilos, dotée de 4 antennes et contenant des instruments de bord limités à l’étude des ondes radio de l’espace vers la Terre. « Toutes les autres recherches avaient été remises à plus tard, l’important était de marquer la primauté de l’URSS dans la conquête de l’espace », explique Vremia Novostieï.


La Komsomolskaïa Pravda revient sur la genèse d’une rivalité qui opposait l’URSS et les Etats-Unis. L’objectif initial des Soviétiques était de lancer une fusée porteuse d’une bombe atomique. « Dans les années 1950, les deux superpuissances ont presque en même temps entamé la construction de fusées balistiques intercontinentales. » Ce n’est qu’au milieu de la décennie que cette course se cristallisa sur l’envoi d’un premier satellite artificiel. Dans les colonnes de Gazeta, l’expert russe Boris Tchertok, ancien collaborateur du projet, reconnaît que, dans la course aux fusées, l’Allemagne nazie défaite était bien plus en avance et que les restes de son industrie spatiale ont servi de base aux Soviétiques comme aux Américains. « L’URSS évaluait son retard à cinq ans, les Etats-Unis à 100 milliards de dollars. » Mais le lancement du Spoutnik n’a pas suscité un enthousiasme immédiat dans sa propre patrie. Tchertok reconnaît que « l’Union soviétique n’avait pas saisi la signification du lancement du premier satellite. Même la Pravda avait réagi avec retard. »

Sergueï Khrouchtchev, expert en relations internationales et fils du successeur de Staline, raconte dans une tribune publiée par Vedomosti les rivalités internes parmi le personnel de l’astronautique soviétique. C’est pour ne pas attiser les jalousies que le numéro un soviétique, Nikita Khrouchtchev, déclara au comité Nobel que le Spoutnik était une réalisation du peuple soviétique tout entier. Malgré cela, ce n’était un secret pour personne que Sergueï Korolev en était le concepteur, ce qui irritait son collaborateur Valentin Glouchko, le constructeur des moteurs de fusée. « A la demande du gouvernement, Glouchko continua de fournir des moteurs pour Korolev, mais le travail n’était plus de même qualité. C’est ainsi que, dix ans après ce succès initial du Spoutnik, l’Union soviétique perdait la course à la Lune face aux Américains. »

Aujourd’hui, après une période de vaches maigres, l’astronautique russe affiche des ambitions dignes de son passé de précurseur, en particulier avec la mise en service du système de navigation satellitaire Glonass à partir de la fin de cette année ou encore la création d’un nouveau vaisseau spatial pilotable, d’une nouvelle station orbitale et l’installation d’une base lunaire, le tout d’ici à 2040. Mais ces ambitions et les délais avancés laissent sceptique Iouri Karach dans la Nezavissimaïa Gazeta. « On ne peut garantir la croissance qualitative et quantitative de l’activité spatiale que par la conquête de l’espace ‘lointain' », assure cet expert russe et ancien candidat cosmonaute. « La Russie a besoin d’un nouveau Spoutnik », affirme Karach, convaincu que le nouvel horizon de l’astronautique est un vol habité vers Mars. Le projet a été initié par les Soviétiques dès les années 1970. Aujourd’hui, « il peut être réalisé en douze ou quatorze ans avec un financement d’un peu plus de 1 milliard de dollars par an. A l’instar du lancement du Spoutnik il y a cinquante ans, un tel objectif est capable d’élever significativement le potentiel technologique de la Russie et son statut international. » Par Philippe Randrianarimanana Source : http://www.courrierinternational.com Par Par Victoria LOGUINOVA AFP – il y a 2 heures 33 minutes

MOSCOU (AFP) – Le 4 octobre 1957, l’URSS envoie en orbite le premier satellite artificiel, le Spoutnik, ouvrant l’ère de la conquête spatiale et une course acharnée avec les Etats-Unis, empreinte d’idéologie. Evènement
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« Avec ce lancement, l’ère spatiale a commencé », raconte le constructeur Boris Tchertok, un des créateurs des premières fusées soviétiques R7 qui permirent de mettre le Spoutnik en orbite.

A 95 ans, M. Tchertok, ancien adjoint du légendaire constructeur Sergueï Korolev, père du secteur spatial soviétique, se souvient de ce lancement comme si c’était hier.

Le Spoutnik, petite boule métallique de 83 kilos, a décollé à 02H28 avec une fusée R7, ancêtre du Soyouz, d’un pas de tir secret situé dans la steppe du Kazakhstan. De ce même site, baptisé Baïkonour, décollera le 12 avril 1961 le premier homme dans l’espace, Iouri Gagarine.

« Nous avons préparé le lancement du Spoutnik sans grand espoir. A l’époque, notre principal objectif était de mettre au point un missile de combat », confie M. Tchertok.

Trois accidents du missile R7 – qui sera ensuite transformé en fusée – ont précédé le vol du Spoutnik. Le 15 mai 1957, un premier missile prend feu au lancement. Un mois plus tard, un deuxième missile refuse de décoller. En juillet 1957, un troisième R7 décolle, mais retombe sur Terre.

Le 21 août 1957, enfin, un quatrième R7 atteint sa cible au Kamtchatka (Extrême-Orient russe) mais la tête du missile brûle.

Il faut au moins six mois pour créer une nouvelle tête de missile et Korolev propose en attendant de réaliser un autre projet, celui d’un premier satellite artificiel.

« D’autant plus que les Américains annonçaient qu’ils avaient eux aussi l’intention de lancer un satellite à l’occasion de l’année internationale de la géophysique en 1958 », explique M. Tchertok.

L’Académie soviétique des sciences était déjà en train de créer un appareil pour étudier l’atmosphère et l’espace, mais les scientifiques n’arrivaient pas à achever ce grand laboratoire volant.

« Korolev décide alors, avec le soutien du gouvernement, de fabriquer un satellite plus simple: deux hémisphères, un émetteur radio, des antennes et un système d’alimentation. Cela n’avait rien de difficile, le Spoutnik a été fait en un peu plus de deux mois, alors que la création de la fusée avait pris trois ans », relève M. Tchertok.

L’opération Spoutnik était initialement prévu le 6 octobre, raconte Gueorgui Gretchko, ancien ingénieur et cosmonaute âgé de 76 ans, qui a participé aux préparatifs du lancement.

« Mais nous avons appris que les Américains s’apprêtaient à présenter le 5 octobre, lors d’une conférence internationale, un rapport sur les satellites. Et s’ils préparaient un lancement à cette occasion? Nous en avons parlé à Korolev et il a accéléré les travaux. Nous ne voulions pas perdre la compétition », explique-t-il.

Le Spoutnik a été placé en orbite et commence à émettre son fameux « bip, bip ».

Mais le lendemain, le quotidien officiel Pravda y consacre seulementquelques lignes.

« A ce moment-là, nous n’avons pas compris l’importance de ce que nous avions fait, cela arrive souvent avec les grandes découvertes », confie M. Tchertok qui continue à enseigner et travaille comme consultant dans le principale société de construction spatiale russe RKK Energuia.

Les Etats-Unis en revanche ne s’y trompent pas et redoublent aussitôt d’efforts, d’autant que l’URSS lance un mois plus tard un deuxième Spoutnik avec à bord, autre sensation, un être vivant, la petite chienne Laïka.

La bataille culminera dans les années 60 avec les premiers vols habités et la conquête de la Lune. Aujourd’hui, quinze ans après la chute de l’URSS, la Russie marque le pas, faute de moyens financiers, et les ennemis d’hier se sont résolus à travailler ensemble dans l’espace.

Source Yahoo Par Chris Baldwin Reuters – Jeudi 4 octobre, 07h36

MOSCOU (Reuters) – Spoutnik, la sphère métallique propulsée dans l’espace voici cinquante ans, a marqué le début de la conquête effective de l’espace.
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Pour trois hommes, impliqués dans cette épopée à trois époques distinctes, le petit satellite a eu des échos bien différents, tour à tour projet un peu puéril, édifiant ou annonciateur d’une nouvelle époque.

Boris Tchertok, l’un des concepteurs du Spoutnik, qui fête le 4 octobre le cinquantième anniversaire de son lancement, s’étonne toujours de ce que représente la mise en orbite d’une boule d’alliage brillant.

« Un jour ou deux après que ce ‘bip-bip’ a retenti autour du monde, nous étions aussi excités que vous pouvez l’imaginer, mais ni nous, ni les médias soviétiques ne comprenaient la portée de ce que nous avions réussi », se souvient Tchertok.

Au sein d’une équipe d’ingénieurs, il travaillait alors avec Sergueï Korolev, père de l’industrie spatiale soviétique, à la mise au point de la fusée R-7, qui devait servir de missile balistique intercontinental.

Spoutnik était alors considéré comme un projet secondaire, d’une importance mineure.

« La majorité des assistants de Korolev, parmi lesquels je dois bien m’inclure, étaient trop bornés ou pas assez visionnaires pour voir en Spoutnik autre chose qu’un jouet d’enfant », a reconnu Tchertok la semaine dernière, devant des journalistes au musée Korolev, à Moscou.

Korolev n’avait pas ménagé les efforts de son équipe pour amener l’Union soviétique dans l’espace avant les Etats-Unis.

Pour cela, il pensait que les Soviétiques auraient besoin de se faire entendre tout autour de la Terre, plutôt que de simplement mettre au point un missile capable d’envoyer des bombes atomiques sur le territoire américain.

« Les faucons américains criaient que ceux qui contrôlaient l’espace pourraient contrôler la Terre », se rappelle Tchertok.

Aujourd’hui âgé de 95 ans, il consacre encore deux journées par semaine à ses activités de consultant auprès du constructeur russe du fusées Energia.

« UNE ETOILE LUMINEUSE ET BRILLANTE »

Homer Hickam n’était pas encore au lycée quand Spoutnik a survolé sa maison, à Coalwood en Virginie occidentale, lui faisant miroiter un avenir loin des exploitations minières qui étaient le futur de la plupart de ses amis et voisins.

« J’ai été stupéfait par cette étoile lumineuse et brillante qui traversait le ciel avec une telle énergie. J’ai décidé à ce moment que je voulais faire partie de ce mouvement qui emmenait le monde entier vers l’espace », raconte Hickam.

Devenu plus tard ingénieur à la Nasa, Hickam a supervisé l’entraînement des astronautes pour les missions Spacelab et celles de la navette spatiale.

Bien des années plus tard, il a « bouclé la boucle » lors d’un voyage en Russie où il devait négocier pour la Nasa le programme visant à la construction de la Station spatiale internationale. « Je me suis assis à la table, et en face de moi se tenaient les hommes qui avaient lancé le Spoutnik. C’était vraiment fascinant pour moi. »

Selon Hickam, la course à l’espace est loin d’être finie, et la recherche du profit finira par mener à une nouvelle révolution dans le domaine qui mènera aux voyages spatiaux abordables pour M. Tout-le-monde. « Alors, il deviendra financièrement intéressant pour des entreprises privées de construire d’énormes fusées, et c’est ce qui nous emmènera dans l’espace », prévoit Hickam.

NOUVEAUX ASTRONAUTES, MÊME TECHNOLOGIE

Un demi-siècle après le vol du Spoutnik, les touristes spatiaux ont toujours recours à la technologie mise au point par Tchertok et ses collègues en 1957.

La société Space Adventures, qui permet à des millionnaires de partir à bord d’une fusée Soyouz en compagnie des équipages de la Station spatiale internationale, a eu pour l’instant cinq clients, tous partis du cosmodrome de Baïkonour, au Kazakhstan.

Les fusées Soyouz sont les héritières directes des R-7 et emploient le même technologie.

« Je pense que ‘tourisme spatial’ n’est pas le terme approprié », rectifie Eric Anderson, PDG de Space Adventures. « Je pense qu’il s’agit d’exploration spatiale privée. Je ne crois pas que les gens qui escaladent le mont Everest soient non plus des touristes. »

Pour Anderson, le tourisme spatial permettra d’attirer des investisseurs, de faire baisser les prix, et d’envoyer plus de gens dans l’espace. « Je ne vois pas d’autre expérience pour laquelle les gens soient prêts à débourser 30 ou 40 millions de dollars. »

Tchertok, qui a passé sa vie à voir passer dans le ciel les fruits de son travail, affirme n’avoir pas spécialement envie de contempler la Terre depuis l’espace. « Ils ne me laisseront pas y aller, même si je payais 20 millions de dollars ou plus. Alors de toute façon, il n’y a aucun moyen que j’y aille », affirme-t-il, fataliste, de sa voix profonde.

Source YahooTransmit par Yeti, suite à un topic de Chupa

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