Le disque de Nebra

Il s’agit d’un mystérieux  » objet  » encore soumis à  des analyses.
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C’est un disque de cuivre à  teneur de 0,2% d’étain (normalement le taux est de 10%), contenant aussi de l’or, pesant 2,1 kilos, découvert en juillet 1999 par deux amateurs à  Nebra-sur-Unstrut (Saxe-Anhalt). Revendu 31 000 marks à  un receleur, il fut récupéré par la police suisse à  Bàle. Munis d’un détecteur de métaux, les archéologues improvisés l’avaient exhumé en ébréchant un de ses bords. L’analyse a permis de le dater à  1600 avant J.C.. L’archéologue Harald Meller qui le conserve au coffre du musée de Halle, le considère comme la représentation la plus ancienne du cosmos. Nombreux sont ses collègues ralliés à  son avis. Il s’agit pour lui du  » ciel étoilé automnal « .

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On y voit un croissant de lune et la pleine lune ainsi qu’une sorte de barque. Elle représente la voix lactée. Symétrique par rapport à  l’astre des nuits, un groupe d’étoiles figure les pléiades, pense Meller. S’ajoute un éparpillement d’étoiles symbolisant sans doute la voûte céleste nocturne. S’il en est ainsi, deux bandes d’horizon sur deux côtés coïncident exactement avec les solstices du 21 juin et du 21 décembre. Le disque était dans la terre du Mittelberg, une éminence que l’on a entrepris de fouiller. Le sommet de ce tertre, à  252 mètres, était entouré d’un rempart de 160 mètres. Deux autres murailles de terre de 300 mètres à  sa base en interdisaient l’accès, peut-étre aux non-initiés. Ce serait  » le plus ancien observatoire astral  » du monde, selon Meller.

La préhistorienne d’Erlangen Sabine Gerloff estime après des recherches dans plusieurs pays d’Europe que le culte du surnaturel qui a joué un rôle si important encore au Moyen Age européen, aurait connu son apogée à  l’àge du bronze de 2200 à  800 avant J.C. avec son cortège de magie, de prophétie et de sorcellerie relié aux astres. Mais avec des antécédents au néolithique. Dès l’époque de la céramique cordée (5500 avant J.C.), les premiers agriculteurs respectaient les solstices et déterminaient à  3 degrés près les points cardinaux ainsi que la position de Sirius ou Orion. On remarque que les 88 figures du zodiaque avec leurs animaux et leurs héros, sans aucune plante, correspondent à  l’inventaire des grottes de l’àge glaciaire.

On évoque dans ce contexte les constructions circulaires de Künzing en Bavière, de Kyhna en Saxe et, fraîchement découverte, celle de Nickern près de Dresde. Dans ces  » périmètres sacrés « , le soleil jetait le 21 décembre ses rayons par l’ouverture sud-est sur le centre de l’espace circulaire. C’est le disque de Nebra qui a ouvert cette voie de recherche, encore hypothétique.

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