Le Mensonge du Pétrole

Pourquoi voit on actuellement une course au pétrole en Afghanistan, en Irak, et méme en mer de Chine ? On parle de la lune pour de l’énergie nouvelle et presque illimitée ! Pourquoi cette quéte alors que l’on nous dit que les réserves de pétrole doivent durer jusqu’en 2100 ? En fait les Etats et grands groupes mentent sciemment sur l’imminence du « peak oil », prélude au déclin pétrolier…
L’affaire est entendue, le monde devra bientôt se passer de pétrole. Mais quand exactement ? Mystère… Voilà  trois ans que BP Amoco a adopté son nouveau slogan : « Au-delà  du pétrole ». Pourtant, aucune donnée officielle sur la production pétrolière ne mentionne de déclin des extractions avant (au pire) 2030. Depuis quelques mois, un contre-discours officieux s’impose peu à  peu de colloques spécialisés en sites web. Il est nettement moins optimiste. Le « peak oil » – c’est-à -dire l’instant à  partir duquel la production pétrolière mondiale va commencer à  s’effondrer irrémédiablement, faute de réserves suffisantes – ne serait pas pour 2030, mais juste là , « à  portée de main ». Le pic de production pétrolière pourrait méme étre déjà  en cours sans que personne n’ait encore pu s’en apercevoir !

Vers un choc pétrolier permanent
Discrètement admise depuis toujours par les connaisseurs du monde pétrolier, la falsification des données officielles sur les réserves de pétrole encore disponibles est générale et systématique, dénonce l’Aspo. L’accusation concerne à  la fois les Etats qui produisent le pétrole, ceux qui le consomment ainsi que les groupes privés qui le vendent.
Jean Laherrère est le seul français parmi les membres fondateurs de l’Aspo. Aujourd’hui retraité et bénévole, ce géologue a travaillé pendant trente-sept ans pour Total, et a longtemps été le patron des techniques d’exploration du groupe. D’après lui, les experts en prospective énergétique du ministère français de l’Industrie ne disposent pas de données fiables sur les réserves pétrolières. Leur niveau d’alerte vis-à -vis de l’imminence du peak oil est « nul », déclare-t-il.
L’Aspo met le monde en garde : le peak oil entraînera un choc pétrolier permanent aux conséquences vertigineuses. Seront touchés non seulement les transports qui, d’après l’OCDE, dépendent toujours à  plus de 96% des hydrocarbures, mais aussi les grands équilibres géopolitiques, l’industrie, la production agricole et… la démographie planétaire.
« Pas de plan B »
« Aujourd’hui, je crois que le peak oil ne pourra étre correctement prédit qu’une fois qu’il aura déjà  eu lieu. Ce qui est certain, c’est qu’il va arriver. Et mon analyse personnelle me porte à  croire que le pic est déjà  là , à  portée de main, et pas à  plusieurs années devant nous. Si j’ai tort, eh bien j’ai tort. Mais si j’ai raison, les conséquences seront imprévisibles et dévastatrices. Si j’ai raison, malheureusement le monde ne dispose d’aucun plan B ( ?) A la fin des années soixante, les humanistes du « club de Rome » avaient raison de pointer du doigt les « limites de la croissance. »

Laherrère précise : « Aujourd’hui, il est impossible pour un pétro-géologue de parler ouvertement du peak oil s’il n’est pas à  la retraite. » L’ancien responsable de la prospection de Total se refuse toutefois à  parler d' »omerta » ou de « désinformation ». Pourtant…
46 % des réserves du Moyen-Orient seraient « douteuses »
Outre les inexactitudes, les calculs sur l’avenir du pétrole sont l’objet d’une vraie gruge. En 1985, les pays producteurs réunis au sein de l’Opep ont pris la décision, jugée fort saine à  l’époque, d’indexer leurs quotas de production de pétrole sur le montant des réserves déclarées par chaque pays membre. Mais des faits étonnent : d’après les données de référence reprises par le groupe anglais BP dans son rapport 2003 sur l’énergie mondiale, l’Arabie Saoudite est passée, entre 1985 et 1990, de 169 milliards de barils de réserves « prouvées » de pétrole conventionnel à … 258 milliards, soit 50% de plus ! Tous les principaux pays producteurs de l’Opep sont dans la méme situation : Abu Dhabi (30 milliards de barils déclarés en 1985 contre 92 milliards en 1988), Iran (48 milliards en 1985, 92 milliards en 1988), Irak (44 milliards en 1985, 100 milliards en 1988), etc. Le tout sans qu’aucune découverte significative de nouveaux champ pétrolifère n’ait eu lieu dans ces pays au cours de la période…
Au total, selon Colin Campbell, de l’Aspo, 46 % des ressources actuelles déclarées par les principaux pays de l’Opep sont « douteuses, sinon fausses ».
L’expert fondateur de l’Aspo a publié un article dans lequel il estime à  1750 milliards de barils les réserves totales de pétrole conventionnel (déjà  découvertes + probables). Côté USGS, le chiffre officiel est de 3000 milliards de barils, soit 1,7 fois plus.
L’USGS n’est pas un organisme indépendant : il dépend directement du département américain de l’Intérieur. Son rôle est très politique. En 2000, la publication des chiffres de l’USGS sur les réserves de pétrole a précédé d’une semaine seulement une importante réunion de l’Opep sur les quotas futurs de production
En 2002, la Douma a voté une loi d’après laquelle révéler les réserves de gaz et de pétrole russe est un crime passible de 7 ans de prison. Laherrère remarque : « Ces tripatouillages ne seraient pas graves si les pays industriels essentiellement consommateurs de pétrole, comme la France, n’avaient pas totalement renoncé à  mettre en question les données qui leur sont fournies par les pays producteurs. » Il affirme : « Aujourd’hui, l’Institut français du pétrole et la Direction générale des énergies et matières premières du ministère de l’Industrie se fient aveuglément à  des données produites et trafiquées par d’autres. Il n’existe aucun travail de vérification. » Et de conclure : « En France, la sensibilité de l’administration vis-à -vis de la question du peak oil est tout simplement nulle ! »
sources : http://www.transfert.net/a9640

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *