Le Val des Merveilles

Lorsque les hommes se lancèrent à la découverte du monde, ils découvrirent partout le long de leur chemin des signes magiques. Signes destinés à ensorceler le gibier des chasseurs, à assurer lafertilité des champs, ou à implorer la bienveillance des dieux ou des démons . A une époque fort reculée,les gravures rupestres préhistoriques ornèrent cavernes et roches. Elles attirent encore maintenant notre attention pour cette sorte d’art primitif et sacré.

Une des plus importantes réserves mondiales de gravures rupestres se situe dansle sud-est de la France, à 80 kilomètres au nord de Nice. Il s’agit du Val des Merveilles.

A quelques heures de marche de Saint-Dalmas de Tende, un petit chemin conduit vers le Val Béonia,dans un paysage de rochers abrupts et de charmants petits cirques.De très nombreux lacs, de dimensions restreintes, donnent à toute cette région une touche de gaieté pittoresque dans un décor de terreur sacrée.ici, le Diable n’est pas mort, son ombre murmure toujours les vieilles légendes du passé dans la mémoire des hommes. Des cérémonies magiques ont encore lieu dans des sites bien précis.La toponymie des lieux nous parle et nous le confirme :Mille fourches, Cime du Diable, Testa del Inferno, Lac Forcat, lac du term ou du Tremblement, Valmasque, la masqua c’est la sorcière, puis Val Della Meraveglie, que l’on a tendance à traduire un peu vite par Val des Merveilles, et qui le serait mieux par Val des Choses Étranges.

Là, du haut de ses 2.873 mètres, le Mont Bégo domine les cimes alentour, dépassant l’Authion de 800 mètres et s’implantant dans le paysage comme le Seigneur des lieux.

Ce Bégo, les Anciens l’avaient bien reconnu, nous dit Noël Fulconis  dans (Drailles du Bégo— chez l’auteur à Turini) : bosselé, cornu là, axé vers le pôle, il figurait pour eux le taureau zodiacal, vénéré des milliers d’années avant le Bélier  symbolique de Moïse. C’est dans ce cadre magique , qui comprend le val des Merveilles, le val Fontanalba et Valmosca, dans un rayon de 5 kilomètres, entre 2.000 et 2.750 mètres d’altitude, que l’on a retrouvé de magnifiques gravures rupestres.40.000 furent dénombrées dans ce périmètre restreint.

UN PACTE AVEC LES DIEUX DU CIEL

Georges Dumézil a écrit:

Le monde est vraiment ainsi partagé, par rapport à l’homme, en deux domaines : d’une part les grands mécanismes du fond du ciel, d’autre part les éléments familiers  qui entourent et soutiennent la vie.

 

Ce sont les Phéniciens les premiers qui tentèrent de figurer la parole en gravant des rochers. Bien avant que les Égyptiens aient inventé les livres de papyrus, ils se servaient, à des fins de langage magique, d’oiseaux, d’animaux sauvages, etc…

En incisant la pierre, l’homme projetait son désir  et sa volonté,afin que ses aspirations profondes soient prises en considération par les dieux qu’il vénérait.

C’est ainsi que les graphismes du Val des Merveilles ressemblent à d’autres pétroglyphes homologués dans le monde entier (Val Camonica, Vallée de Pignerol, Espagne, Algérie, Nubie, Sinaï, Afrique du Sud, Russie, Arizona).

Il est facile de comprendre que , dans l’esprit des populations primitives , le Bégo était détenteur de la foudre et des tempêtes qui, depuis toujours, n’épargnent pas toute cette région.  Les orages vus au pied du Bégo sont terrifiants !

Cependant, le dieu de la montagne était aussi le protecteur des troupeaux et des eaux vivifiantes qui donnaient la richesse et l’abondance. Pendant des siècles, des hommes et des femmes vinrent inscrire dans la roche friable  la matérialisation de leurs désirs. Une sorte d’initiations présidait à ces cérémonies. La tradition voulait qu’un long voyage, un pèlerinage effrayant au sommet du pic sacré, soit effectué. Toute cette zone constitue une vaste réserve magique , où chaque symbole tient lieu de voult.Génération après génération, les hommes sont venus charger deleur pensée la pierre du Val des Merveilles  et un puissant égrégore plane encore sur ce musée des sorciers et des mages ouvert en plein ciel.

En ce début du IIIe millénaire, comme nous l’avons écrit,des cérémonies magiques sont encore organisées chaque année, non pas par des farfelus, mais par des gens du lieu, au coeur de cette vaste enciente sacrée.

La gravure que l’on peut considérer comme la plus surprenante, celle qui a polarisé l’attention des archéologues le plus grand nombre de fois, c’est le Sorcier; elle mesure un mètre de haut environ et représente une divinité encadrée de signes obscurs. Le Mago pourrait fort bien   être une figuration du dieu de la montagne : Bégo.

Mais cette divinité (malgré son âge) est peut-être une jeune déité, pour ne pas dire une idole mineure !

ICI COMME AU MARCAHUASI ,DES DIEUX SCULPTES DANS LA PIERRE NE SE RÉVÈLENT QUE SOUS CERTAINES CONDITIONS D’ECLAIRAGE SOLAIRE

Les archéologues et les ethnologues vont-ils devoir réviser leur jugement sur les gravures rupestres du Val des Merveilles ?

Ces dessins primitifs, incisés dans le schiste dur injecté d’anagémite, ne sont-ils que des marques naïves et porteuses de foi d’une race d’hommes décadente ?

Une spécialiste des écritures anciennes, Emilia Masson, répondra sans doute un jour prochain à ces deux questions. En effet, Emilia Masson vient de faire, dans un massif anonyme et encore mal prospecté, une découverte majeure.

Cette scientifique, au plus grand dam de ses confrères masculins, démolit actuellement des oukases qui, jusqu’à ce jour, semblaient solides comme du béton ! Dans le secteur dit de la Cime des lacs, elle a découvert des silhouettes précises aux expressions saisissantes. Ces figures imposantes mesurent environ 25 mètres de haut. Ce sanctuaire paraît avoir été dressé  pour des géants dans un décor d’une beauté dantesque .

Au-dessus du Lac de l’huile, deux autres têtes gigantesques apparaissent. L’une scrute les cimes déchirées, l’autre regarde le lac.

Les découvertes d’Emilia Masson ( Comme on s’en doute ) heurtent et en dérangent certains!

Il faut bien admettre que ces images sculptées dans la pierre n’avaient encore jamais attiré l’oeil des archéologues les plus avertis.

Ces profils aux proportions démesurées remettent en question la base des croyance et des idées religieuses attachées au Val des Merveilles. Ici comme au Pérou, il s’agit sûrement de  »  Veilleurs  » dont les images ont été travaillées par des hommes appartenant à une civilisation antique.

Rien n’interdit de penser qu’ils jouent un rôle essentiel dans un autre mystère de cette région  hantée par les dieux, nous voulons parler de la récente découverte, faite par une universitaire niçoise, d’un gigantesque cadran solaire dont chaque signe est matérialisée par des cimes à la toponymie particulière.

par Guy Tarade,

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