Le Virus Tueur H5N1 est de retour

HANOI (AFP) – L’Organisation mondiale de la Santé a tiré la sonnette d’alarme mercredi en jugeant que le virus de la grippe du poulet, qui affecte plusieurs pays d’Asie et a fait au moins trois morts au Vietnam, pourrait étre potentiellement plus grave que le Syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS).
« Si le virus H5N1 (de la grippe aviaire) s’associe au virus commun de la grippe chez l’homme et s’il devient ainsi transmissible comme le virus de la grippe commune, il a le potentiel pour causer des dommages étendus », a déclaré le porte-parole du bureau régional de l’OMS à  Manille, Peter Cordingley.
Rappelons nous de ce qui c’est passé ces dernières années :
En mai 1997, le virus influenza A (H5N1) a été isolé chez un enfant décédé dans la Région Administrative Spéciale de Hong Kong. Avant mai 1997, on pensait que le virus H5N1 n’infectait que différentes espèces d’oiseaux, dont les poulets et les canards. Après l’apparition du premier cas, une surveillance intensive a révélé l’existence de 17 cas supplémentaires avant la fin de 1997, tous à  Hong Kong. Six décès ont été constatés chez les personnes infectées. A ce jour (13.02.98), aucun nouveau cas n’a été signalé, le dernier ayant été détecté le 28 décembre 1998.
Chez l’étre humain, les manifestations de l’infection par le virus grippal peuvent aller de l’absence de symptômes à  la mort. Alors qu’en général, ce sont les personnes àgées et les jeunes qui sont le plus gravement touchés, le virus H5N1 provoque également des symptômes graves au sein des autres groupes d’àge. Toutefois, la gravité des infections observées jusqu’ici n’est peut-étre pas représentative du spectre des manifestations de l’infection par le virus H5N1 chez l’étre humain, des cas plus bénins n’ayant peut-étre pas été hospitalisés.

L’infection par le virus se fait probablement par contact direct avec des oiseaux vivants infectés. Les tests sérologiques ont confirmé que la transmission d’humain à  humain est « relativement inefficace ». Les risques de transmission à  l’homme du virus H5N1 à  partir de volailles crues, conservées au froid ou surgelées n’ont pas été démontrés. S’il est peu probable que le virus se transmette par la consommation d’aliments, il est recommandé d’appliquer les  » Dix Règles d’Or  » de l’OMS relatives à  la préparation des aliments pour garantir une protection efficace contre toutes les maladies transmises par des volailles ; en particulier, bien cuire les aliments, éviter tout contact entre aliments crus et aliments cuits et bien se laver les mains lors de leur préparation.

Le 07/09/2001 – Des virologues ont étudié le virus de la grippe du poulet à  Hong Kong en 1997 (virus H5N1 Influenza de type A), qui avait contaminé 18 personnes (6 en sont mortes) et provoqué l’abattage de plus d’un million de poulets. Ils ont constaté qu’en effectuant de menus changements sur le gène PB2, la puissance du virus s’amplifiait.

Selon les chercheurs, le virus H5N1 est de nouveau réapparu en mai 2002 à  Hong Kong, provoquant l’abattage de 1,4 million de poulets. En juin 2002, la vente des animaux sur les marchés a de nouveau été permise et un mois plus tard, le virus était de retour.

La survenue de tels événements, dont la probabilité est très faible, pourrait étre favorisée par la densité de population à  Hong Kong. L’émergence d’un virus A(H5N1) adapté à  l’homme se traduirait alors par une situation épidémique explosive, qui, compte tenu des échanges internationaux et des moyens de transports actuels, atteindrait rapidement une dimension planétaire. Dans cette hypothèse, les moyens de lutte dont on pourrait disposer sont d’une part les antiviraux, l’amantadine et la rimantadine auxquels le virus est sensible, et d’autre part le vaccin, qu’il faudrait plusieurs mois pour produire en quantité suffisante.

De nouveaux cas chez les animaux ont été trouvé dès octobre 2002 :
Influenza aviaire hautement pathogène à  Hong Kong (région administrative spéciale de la République Populaire de Chine) : chez des oiseaux d’eau
Influenza aviaire hautement pathogène à  Hong Kong (région administrative spéciale de la République Populaire de Chine) : rapport de suivi nº 1 (détection de la maladie dans des exploitations avicoles).

De nouveaux cas chez les étres humains en février 2003 :
http://www.bag.admin.ch/infekt/publ/bulletin/f/infl_h5n1_bu10.pdf

Lundi, l’OMS avait confirmé que la mort de deux enfants et d’une adulte au Vietnam avait bien été provoquée par le virus H5N1, qui avait déjà  tué six personnes sur les 18 contaminées en 1997 à  Hong Kong.

Des analyses devront établir s’il est aussi responsable de la mort de neuf autres enfants au Vietnam depuis la mi-octobre. Deux bébés et un adulte sont toujours hospitalisés. Soit un total de quinze personnes potentiellement contaminées.

« Nous avons besoin de plusieurs jours pour établir un tableau clinique très fiable. Mais il est vrai qu’il y a des probabilités importantes pour que toutes les personnes contaminées aient été victimes du virus du poulet », estime Pascale Brudon, directrice de l’OMS à  Hanoi.

Peter Cordingley a relevé que le taux de mortalité de la grippe aviaire « était bien plus élevé que celui du virus du SRAS » et pouvait étre propagé « par l’air (et) non pas seulement par des gouttelettes de sécrétion comme dans le cas du virus du SRAS ».

Selon les épidémiologistes, les poulets auraient été contaminés par des oiseaux sauvages. Mais d’autres experts mettent en cause le mode d’élevage des animaux domestiques, notamment en Chine où il est courant que trois espèces – oiseaux, porcs, poissons – soient empilées les unes sur les autres.

La transmission à  l’homme se fait par inhalation de poussières contaminées par des déjections de volailles infectées.

Chez l’homme, cette grippe provoque des atteintes respiratoires et – comme les poussières peuvent atterrir sur la cornée – des conjonctivites.

Par chance, compte-tenu de la contagiosité du virus grippal – infiniment plus importante que celle du coronavirus, vecteur du Sras – aucun cas de transmission directe entre humains n’a encore été rapporté dans l’épidémie en cours.

Mais les experts n’excluent pas cette éventualité. La rencontre, chez un humain, des virus des grippes aviaire et humaine pourrait provoquer une collision au cours de laquelle des fragments des deux génomes seraient amenés à  se mélanger.

Cette « humanisation virale » ou « réassortiment génétique viral », comme disent les spécialistes, permettrait au nouveau virus « de diffuser sur un mode pandémique ». En clair, de provoquer une épidémie à  l’échelle planétaire, expliquent les experts français dans une note sur la conduite à  tenir « face à  une grippe aviaire à  risque de transmission humaine ».

Le spectre d’une épidémie de grippe provoquée par l’émergence d’une nouvelle souche continue de hanter la communauté médicale et les responsables de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) qui ont toujours en mémoire les ravages provoqués en 1918 et 1919 par la « grippe espagnole ». Elle avait fait plus de morts que les 1.562 jours de combats de la Première guerre mondiale.

Pour contrer cette menace, les mesures de protection sont plutôt défensives: faute de vaccin protégeant contre le H5N1, les autorités sanitaires recommandent un traitement antiviral préventif des populations « à  risques » – personnels et voisins des exploitations avicoles, équarisseurs, vétérinaires… – puis une vaccination avec le vaccin anti-grippal de l’année en cours et le strict respect de mesures d’hygiène courantes.

Sans vouloir parler d’isolement, ils recommandent aussi aux malades de limiter leurs déplacements et leurs contacts, notamment avec les malades chroniques ou affaiblis.

Quelque 1,8 million de volailles ont été tuées depuis l’apparition de la maladie le 15 décembre en Corée du Sud.

Info AFP – http://fr.news.yahoo.com/

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