Les cartes de Piri Reis

En 1929, lors de la réfection du musée du palais Topkapi Sarayi d’Istanbul, le directeur des musées nationaux turcs, M. Halil Edem mit la main sur la fameuse carte en peau de gazelle de Piri Reis, peinte en 1513.

Cette carte représente :

L’Océan Atlantique avec une partie des côtes américaines, africaines et de l’Antarctique.

Ce que Piri Reis a écrit sur sa carte, en notes et dans son « Bahriye » :

« Personne n’a au temps actuel une carte comme celle-là « .

« Ces cartes ont été dressées selon les données de chartes, des portulans de quatre Portugais qui montre le Sind, le Hind et la Chine et d’une carte dessinée par Christophe Colomb.

Elles sont aussi justes pour la navigation sur les sept mers que les cartes de nos pays.

 »

Il dit avoir compilé sa carte à partir de vingt autres provenant de la Grande Bibliothèque d’Alexandrie et datant au moins du IVe siècle av. J.C.

Au premier coup d’œil cette carte peut paraître inexacte, si l’on est habitué aux cartes Mercator, mais pas si l’on est familier des projections stéréographiques polaires (plus précisément c’est une projection cordiforme). Cette carte faisait sans doute partie d’un ensemble qui constituait une mappemonde comme celle-ci :

Piri Ibn Haji Memmed, l’amiral

Piri Reis :

Neveu du célèbre pirate turc Kemal Reis, il devint l’un des plus fameux corsaires qui participa grandement à la toute puissance Ottomane en Méditerranée au XVIe siècle. C’est ainsi qu’il sera nommé Commandant en chef de la flotte d’Egypte en 1551. Il sera décapité trois ans plus tard par Soliman le Magnifique pour une affaire trouble.

Au delà de ces aventures, il est l’auteur du Kitabi Bahriye, un recueil sur la navigation en Méditerranée, illustré de 207 cartes.

1 : En fait il se trompait, il existait d’autres cartes,

2 : L’équipe du Pr Hapgood a reconstitué les différents morceaux, pas toujours à la même échelle (par exemple l’Amazone est placé deux fois) et pas toujours bien orientés (par exemple les Caraïbes) ni bien placés dans l’ensemble (par exemple une portion du Chili placée au hasard).
Ce qui est pardonnable puisque ces terres étaient inconnues.

3 : Cette hypothèse fort probable, repose sur les datations effectuées par l’Institut Carnegie de Washington des carottages de la mer de Ross ramenés par l’expédition de Byrd en 1949. La banquise à cet endroit est maintenant épaisse de plusieurs centaines de mètres.

Mercator : Gerhard Kremer (1512-1594) alias Mercator est un mathématicien et géographe flamand qui inventa le système de projection cartographique qui porte son nom. On sait qu’il visita l’Egypte en 1563 et qu’il passa la plus grande partie de sa vie à réunir une documentation importante sur la cartographie de l’Antiquité.

 

Il ressort de ces études que cette carte est impossible, hors de son temps, compte tenu des connaissances de l’époque pour de nombreuses raisons :

L’île de Marajó à l’embouchure de l’Amazone n’a été découverte qu’en 1543.

Les îles Malouines seront découvertes en 1592.

Les Andes sont représentées, elles ne sont pas encore connues.

Le Lama, mammifère typique de l’Amérique du sud, est peint sur les Andes, il a été identifié en 1598 par les Espagnols.

Les grandes îles au-dessus de l’équateur, inconnues, correspondent aux haut plateaux sous-marins des îlots St Pierre et St Paul, sur la Grande Dorsale Atlantique (dont personne ne soupçonnait l’existence).

On y voit les côtes de l’Antarctique qui ne sera découvert qu’en 1818 soit 300 ans plus tard.

L’Amérique du sud est reliée à l’Antarctique par un isthme qui a disparu il y a 10 000 ans.

Enfin l’élément le plus troublant, celui qui soulève le plus de questions : Les rivages de l’Antarctique que l’on peut voir sont ceux de la Terre de la Reine Maud sans aucune glace !
Nous avons eu la confirmation de ce tracé en 1949 après les relevés sismiques d’une expédition anglo-suédoise. Or, même s’il existe encore quelques scientifiques qui continuent à prétendre que la calotte entière est vieille de plusieurs millions d’années, d’autres admettent la possibilité que cette partie de l’Antarctique ait pu être dégagée de ses glaces pendant environ 9 000 ans, il y a au moins 6 000 ans !

Il existe d’autres cartes impossibles :

Celles de Ptolémée, datant du IIe siècle et retrouvées au XVe siècle, montrent le Groenland non entièrement recouvert de glace et des glaciers en Suède tels qu’ils étaient il y a 10 000 ans.

Celle gravée sur un pilier en 1137, en Chine, tracée selon une grille faisant appel à la trigonométrie sphérique (technique utilisée dans les autres cartes occidentales citées ci-après).

Divers portulans, notamment celui de Dulcert (1339), d’une précision de notre temps, sur la Méditerranée et l’Europe de l’Irlande à la Russie. Les latitudes y sont parfaitement exactes et l’erreur maximale des longitudes est inférieure au demi-degré.

Celle d’Ibn Ben Zara (1487) montre l’Europe du nord et son glacier tel qu’il était il y a 12 000 ans et la Méditerranée dont le niveau correspond à celui qui existait à la dernière période glacière. Là encore la précision des longitudes est étonnante.

Celle du portugais De Carneiro (1502) qui représente toutes les côtes d’Afrique avec une grille utilisant également la trigonométrie sphérique.

Celle d’Andrea Benincasa (1508) sur la mer Baltique avec ses glaciers disparus depuis 10 000 ans.

Celle de Jorge Reinel (1510) qui montre l’Océan Indien avec une étonnante précision des longitudes.

Celle d’Oronteus Finéus (1531) décrit l’Antarctique avec une très grande précision et dégagé d’une grande partie de sa calotte glacière, soit tel qu’il était il y a au moins 6 000 ans.
Outre les côtes dépourvues de glace, les fleuves, les chaînes montagneuses intérieures découvertes assez récemment, elle indique également le pôle sud !

Celle de Zeno (1380 recopiée en 1558) montre le Groenland sans glaces, avec ses montagnes et des îles inconnues.

Celle d’un autre turc, Hadji Ahmed (1559), représente l’Amérique avec une précision qui ne sera égalée que deux siècles plus tard ; elle montre également une terre entre la Sibérie et l’Alaska, là où se trouve le Détroit de Behring, cet isthme a disparu il y a environ 10 000 ans.

Mercator lui-même, dans son Atlas de 1569, montre l’Antarctique avec des éléments encore plus précis que ceux d’Oronte Fine. Un détail amusant : sa description de l’Antarctique est plus précise que celle de l’Amérique du sud et de l’Afrique du sud, pourtant élaborée à partir des rapports de ses contemporains, et jugée plus fiable !

Etc.

Selon toute vraisemblance, les cartes originales entreposées à la Grande Bibliothèque d’Alexandrie ont été copiées, compilées et sans doute transférées dans les cités les plus rayonnantes comme Constantinople qui fut reprise par les Vénitiens (grands navigateurs) en 1204, puis diffusées d’une manière très confidentielle. Ces portulans avaient non seulement une très grande valeur marchande mais ils étaient également du plus haut intérêt sur le plan militaire et commercial.

Tous ces éléments semblent donc bien démontrer qu’il a existé, il y a au moins 6 000 ans, une civilisation inconnue possédant suffisamment de connaissances astronomiques, géographiques, d’engins d’explorations pour dresser ces cartes avec une telle précision.

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