Les enfants à la peau verte

Es-ce une légende ou une réalité ? Fred Idylle en parle, avec ses explications et remarques. Je vous propose un article venant de son site http://artivision.fr avec son aimable autorisation. Les enfants à la peau verte, deux versions, deux histoires…. étrange et insolite

Les légendes irlandaises sont pleines de créatures à la peau verte.

Est-ce un hasard ?

Une fantaisie due au fait que cette pigmentation n’existe pas chez les humains ? Cela se pourrait.

Pourtant résumons ce qu’ a écrit Mr John Macklin dans un article publié par l’hebdomadaire Grit , en Décembre1966 :

Un après-midi du mois d’août 1887, deux enfants sortirent d’une grotte située aux alentours du village de Banjos en Espagne. Ils marchaient en se tenant par la main et traversèrent un champ où des paysans étaient en train de moissonner.

« Il y a environ quatre-vingts ans, nous raconte l’hebdomadaire que cette affaire a eu lieu, mais il y a encore des gens qui se souviennent de ce jour… »

Il y eut, bien entendu, des exagérations, des amplifications, mais les faits à la base de cette étrange évènement semblent exacts :Les deux enfants sont sortis de la grotte, ils avaient l’air craintif et ils parlaient un langage incompréhensible.

Leurs vêtements étaient faits d’un tissu inconnu et leur peau était verte.

C’est une histoire bizarre, absurde, sans explications, qui pourrait tout au plus rappeler à la mémoire les recherches faites sur la quatrième dimension, sur un monde existant à côté du nôtre, un monde de phantasmes dont les enfants se seraient échappés.

Dans ce sens, déclare l’article de Grit : « on pourrait donner quelque crédit à ceux qui dirent que les enfants furent apportés par un typhon spatial. Ridicule ? Si vous voulez.

Mais c’est la seule hypothèse qui fournit une réponse acceptable à l’apparition de ces deux enfants verts. »

Un prêtre vint de Barcelone pour enquêter sur l’événement. Il vit les enfants, il écouta les témoins et quelques temps après il écrivit: « J’ai été si frappé de ce que j’ai entendu que je suis obligé d’accepter le fait bien que je sois incapable de le comprendre et de l’expliquer en ne faisant appel qu’à mon intelligence. »

Les moissonneurs étaient en train de se reposer après leur repas, quand le petit couple apparut à l’entrée de la grotte. N’en croyant pas leurs yeux, les paysans se précipitèrent vers les enfants qui, épouvantés, se mirent à courir pour leur échapper. Après les avoir attrapés, ils les conduisirent chez Mr Ricardo Da Calno, un magistrat qui était le plus gros propriétaire du pays.

Mr Da Calno prit la main de la petite fille, la frotta énergiquement, mais la couleur verte ne disparut pas. Les enfants refusèrent de manger ce qu’on leur proposait mais ils touchèrent avec leurs doigts le pain et les fruits en paraissant très intrigués.

Le magistrat remarqua que les traits de leur visage étaient réguliers et assez semblables à ceux des peuplades nègres. Leurs yeux étaient taillés en amande et très enfoncés dans les orbites.
Les enfants demeurèrent six jours chez Mr Da Calno, mais ils ne mangèrent rien et s’affaiblirent. On ne trouvait pas d’aliment qui leur convînt. Un jour, on leur apporta des haricots et ils se jetèrent dessus avidement. Ils ne touchèrent jamais à autre chose comme nourriture.

Ce jeûne avait tellement affaibli le garçon qu’il mourut un mois après sa sortie de la grotte. La fille elle, grandit normalement et devint domestique chez Mr Da Calno. Sa couleur verte diminua d’intensité et plus personne ne fit attention à elle. Elle finit par apprendre quelques mots d’espagnol et elle put donner de vagues explications sur elle-même : Le mystère n’en fut pas éclairci pour autant.

Elle déclara quelle venait d’un endroit où il n’avait pas de soleil et où il ne faisait ni jour ni nuit donc où il y avait on suppose, un crépuscule permanent.

Elle dit: « Il y a un pays éclairé pas loin de nous mais nous sommes séparés de lui par un fleuve très large. »

Lorsqu’on lui demanda comment elle était arrivée ici, elle répondit: « Il y a eu un grand bruit. Nous avons été pris dans un tourbillon et nous nous sommes trouvés dans la grotte près du le champ de blé. »
Elle vécut pendant cinq ans et fut enterrée à côté de son frère.

L’histoire prend fin là. C’est donc bien une étrange histoire. S’agit-il d’une fable, d’une légende transmise de génération en génération ?

Des documents relatifs à ce cas rapporté existent et ils sont joints aux déclarations faîtes sous la foi du serment par les témoins qui virent, touchèrent, interrogèrent les enfants qui sortirent, en se tenant par la main, d’une caverne très profonde.

Conclusion
Voilà donc, si tout cela est authentique, encore un fait dit maudit que l’on ne retrouve d’après Jacques Bergier que dans des recueils obscurs établis par des collectionneurs du bizarre.

Il nous explique aussi que de multiples hypothèses ont été élaborées pour tenter de donner une explication à l’apparition surprenantes de ces enfants verts :

A l’époque, on a cru par exemple, que ces enfants étaient atteints d’une maladie comme celle qui touche les enfants bleus, mais qu’ils avaient été les sujets d’expériences de quelque Dr Folamour qui avait dû ensuite les abandonner dans une grotte.

 

On pensa aussi qu’ils venaient de la planète Mars que l’on croyait à l’époque habitée, et que c’était le faible éclairage solaire de cette planète qui leur aurait donné cette pigmentation verte. Mais on ne comprenait pas comment une tempête ou un typhon naissant sur Mars aurait pu les projeter vivants sur la Terre.

  • Venaient-ils alors vraiment d’un univers parallèle comme le suggère notre article sur la question ? Qui le saura jamais ?
  •  Venaient-ils peut-être d’un monde souterrain où vivrait une civilisation inconnue qui se serait développée depuis des siècles dans la planète Terre qui serait creuse à l’intèrieur ?

Ce dernier thème qui a de nos jours de nombreux supporters dont le Dr américain Raymond Bernard auteur de l’ouvrage intitulé « La Terre Creuse » publié également chez Albin Michel de 1971, mais cependant chose bizarre, très difficile à trouver chez les bouquinistes.

Seconde version…

Le récit concernant les deux enfants de nulle part se retrouve également dans Le livre du passé mystérieux de Robert Charroux, Robert Laffont, Paris, 1973 pp 44-47 qui reprend le même récit que Jacques Bergier mais avec beaucoup plus de précaution et de scepticisme puisqu’il écrit : « mais on peut douter de son authenticité car nos recherches conjuguées à celles du journaliste Sergio Berrocal, ne permirent pas de retrouver le village de Banjos, près de Gérone en Catalogne, où se situa l’événement. » Il est possible que le village de Banjos soit en fait la ville de Banyoles (possible transcription phonétique hasardeuse d’un toponyme espagnol par une oreille française ou anglo-saxonne).

Cette ville, capitale de la région du Pla de l’Estany, est située à l’extrémité d’une plaine bordée à l’ouest par la chaîne de montagnes de Rocacorba, et à côté d’un important lac d’eaux souterraines, à 175 m au-dessus du niveau de la mer. La commune se trouve à mi-chemin entre la Costa Brava et les Pyrénées, au nord de Gérone.

Extrait :

1887, août ESPAGNE, Banjos :
Des paysans travaillant dans les champs virent sortir d’une cave un garçon et une fille dont la peau avait la couleur verte des feuilles d’un arbre. Ils s’exprimaient dans une langue inconnue et furent remis au juge de paix Ricardo da Calno. On voulait enlever la couleur verte, mais ce n’était pas du maquillage, c’était la vraie pigmentation de la peau. Ils avaient certains traits négroïdes et des yeux du type asiate. Pendant 5 jours il refusèrent la nourriture qu’on leur proposa, finalement ils mangeaient des haricots fraîchement coupés. Le garçon, trop faible, mourut, mais la fille survécut. La couleur verte disparut progressivement et elle eut alors un teint normal pour un être de race blanche. Elle apprit l’espagnol et travailla comme bonne dans la maison du juge. Interrogée ses explications épaississaient le mystère: elle venait d’un pays sans soleil séparé d’un pays lumineux par une large rivière. Il y avait eu brusquement un tourbillon et un bruit terrible qui avait enlevé les enfants et les avait déposés dans la cave….
La fille survécut 5 ans, puis mourut.

A savoir :

Javier Sierra du magazine « Mâs Allâ  » fit une enquête sur l’affaire. Il en ressort que le village de Banjos n’a jamais existé en Espagne et que le seul endroit portant un nom plus ou moins similaire est Banyoles, où l’histoire n’est pas connue. Il a trouvé également des indications d’une légende britannique du 13e siècle, racontant une histoire analogue.

l’Espagne du XIXe siècle n’est pas un désert documentaire… Si l’histoire a un fonds de réalité, il doit nécessairement y avoir des articles de la presse espagnole. Presse locale, mais aussi régionale ou nationale, car l’apparition de deux gosses surgissant du néant et disant venir d’un autre monde, offrant une physionomie « atypique » et verts de surcroît cela ne passe pas inaperçu et devrait faire, en bonne logique, la une des journaux !

Il est extraordinaire que l’on n’évoque pas le moindre rapport officiel des autorités locales (les deux enfants ont pourtant été placés sous la protection et le toit du maire du village, qui est forcément un notable en relation permanente avec les autorités provinciales), de la Guardia Civile, des autorités administratives et judiciaires de la province (je ne connais aucun pays « civilisé » où la bureaucratie ne fourre pas son nez partout et ne produise pas une montagne de rapports pour le plus insignifiant des motifs…), de l’Eglise (puisque un « prêtre » serait venu enquêter). Sans même parler du caractère exceptionnel de l’événement, l’apparition inexpliquée de deux enfants aurait dû provoquer des enquêtes pour déterminer leurs origines, retrouver la parentèle, engendrer les traditionnelles procédures pour déterminer le sort des enfants et décider qui devait avoir autorité sur eux.
Admettons même une totale (et invraisemblable) défaillance des autorités ! Il est stupéfiant que l’on n’ait pas fait examiné les enfants par un médecin : des gamins verts n’ont certainement pas été perçus comme vraiment catholiques et sains par les habitants de Banjos. Mais, apparemment, il n’est fait aucune mention d’un quelconque examen médical poussé par un ou plusieurs hommes de l’art. Et encore moins, bien sûr, par un anthropologue : ce n’est pourtant pas tous les jours que l’on découvre deux spécimens humains aux yeux en amandes typique des asiatiques, aux traits négroïdes et à la peau verte (d’un beau vert bien vif et pas d’une vague teinte verdâtre).
Un prêtre serait venu de Barcelone pour enquêter. C’est donc qu’il a été prévenu, d’une façon ou d’une autre. Par qui ? Mystère ! Est-il venu de sa propre initiative ou a-t-il été mandaté ? Et alors par qui ? De quel diocèse ou de quel ordre religieux dépendait-il ? Pourquoi n’a-t-on pas son nom ?

Notre ecclésiastique ne serait pas venu seul mais avec d’autres « spécialistes venus de Barcelone » qui essayent, mais en vain, d’identifier la langue et d’analyser le tissu des vêtements.

Notre prêtre aurait écrit ce qui ressemble à un rapport : c’est donc que l’on possède une copie de cet texte ou un témoignage circonstancié d’un lecteur (même indélicat) de ce document… Où sont-ils donc ?

Plus extraordinaire encore : il n’y a pas de photos ! En 1887, la photographie est connue et répandue… même en Espagne. Nos deux enfants sont un sujet en or qui devrait exciter l’intérêt de photographes professionnels ou amateurs. A l’époque, on n’hésitait pas à tirer et à diffuser largement des cartes postales sur des sujets d’actualité, des curiosités de toutes sortes. Bizarrement, alors que l’on dispose de nombreuses cartes postales montrant l’échouage de « monstres marins » (le plus souvent d’inoffensifs cétacés) sur nos côtes, il n’y en aurait aucune de nos deux petits « monstres » verts ? Et l’affaire qui s’est ébruitée n’attire pas l’attention – toujours aux aguets – des « chasseurs de monstres » et autres rabatteurs d’attractions pour le compte de forains ou de spécialistes du sensationnel façon Barnum toujours à la recherche de « curiosités » à présenter à la stupéfaction des foules. Invraisemblable !

Quelques détails secondaires me tracasse. Comme la mention de moissons au mois d’août en Espagne qui me paraissent bien tardives pour un pays méditerranéen…

Mais il y a pire. Le nom de Ricardo Da Calno me semblait curieusement avoir une consonance portugaise… jusqu’à ce que je découvre dans la version anglaise et médiévale de la même histoire le personnage de Richard de Calne qui a exactement le même rôle – et le même nom : bravo Super Hasard ! – que son homologue espagnol… On pourra toujours objecter que la version espagnole du XIXe siècle n’est qu’un plagiat, un « rajeunissement » d’une version originale anglaise du XIIe siècle. Pourquoi pas ? Sauf que… Là encore, absence totale de sources documentaires fiables ! On a toujours affaire à des auteurs modernes se citant, se plagiant les uns les autres, déformant le récit à chaque nouvelle version… Aucun ne semble prendre, ici aussi, la précaution élémentaire de tout travail historique : remonter aux sources ! L’histoire parle d’événements survenus dans l’Angleterre des 12e /13e siècle ; si elle est réelle, on doit donc pouvoir citer les références de la source : chroniques, annales, récit hagiographique, document administratif, judiciaire ou autre qui relatent les faits. Si les sources médiévales sont plus rares que pour l’époque contemporaine, nos ancêtres étaient – eux aussi – des paperassiers qui consignaient beaucoup d’informations. Et une telle histoire mérite assurément d’être consignée ! Sauf que n’apparaît nulle part la moindre indication permettant d’identifier ce fichu document qui – s’il n’est pas une forgerie moderne – doit être écrit sur un parchemin dûment catalogué dans une bibliothèque ou un fonds d’archives quelconque.
En fait ne perdez plus votre temps à chercher ! Les deux récits – l’espagnol et l’anglais – sont deux copies presque conformes… jusqu’aux absurdités.
Tant que la preuve documentaire manquera il nous faut considérer toute cette affaire comme une invention !

La suite, les détails et les compléments de recherche sur :

 

http://www.artivision.fr/docs/enfant.html

 

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