L’imposture du  »droit des peuples »

Le « droit des peuples à  disposer d’eux-mémes » n’existe pas. En effet, parler de droit des peuples revient à  reconnaître une « liberté du peuple ». Or, le principe de liberté d’un peuple est complètement dénué de sens.

S’il existe au sein d’un groupe des gens privés de liberté (des prisonniers par exemple), peut-on dire que ce groupe est libre ? Faut-il que la majorité absolue des individus soit libre ?

Que la totalité le soit (et dans ce cas, il ne peut exister de peuple libre) ?

Les deux tiers ou les trois quarts ?

En réalité, il n’existe pas de définition de la liberté du peuple pour la bonne raison qu’elle est indéfinissable. En revanche, une « société libre » est tout à  fait concevable car on considère alors le principe de fonctionnement de la société, qui dans ce cas serait respectueux des droits des individus.

Disposer de soi-méme signifie étre libre et responsable. Le principe est facilement applicable à  un individu mais il est très difficile d’imaginer ce que veut dire qu’un peuple puisse disposer de lui-méme. Cela pourrait signifier que le peuple dans sa totalité, mille, un million, un milliard d’individus, est libre de vivre comme il l’entend, de choisir le gouvernement qu’il désire et les lois qu’il devra respecter.

Mais cette notion est extrémement perverse car elle accepte implicitement la dictature de la majorité qui pourra exercer des contraintes sur les minorités qu’elle souhaitera opprimer. Le droit du peuple, conséquence de sa « liberté » autorise donc que ses membres subissent le joug de la volonté générale.

Le droit des peuples à  disposer d’eux-mémes est en fait un fantastique leurre qui n’a été élevé au rang de valeur fondamentale que dans un seul but: éluder la question du droit des INDIVIDUS à  disposer d’eux-mémes.

Le droit des peuples va méme à  l’encontre du droit des individus car il implique, comme nous l’avons vu, le droit du peuple à  disposer des individus qui le composent, victimes d’une majorité élue ou d’une minorité influente ou armée à  qui la loi confère le privilège de décider pour tous.

Ce droit est donc la consécration de la vision communautariste, qui fait de l’individu une fraction au service et à  la merci de l’ensemble, en opposition totale avec l’idée individualiste qui fait de la liberté individuelle la seule liberté qui soit.

Est-il étonnant de voir les gouvernants et représentants de l’Etat défendre avec tant d’ardeur cette pseudo-liberté, ce faux droit ?

Absolument pas si l’on a compris qu’ils sont les bénéficiaires de cette situation qui confisque aux individus le droit de disposer d’eux-mémes pour le remettre entre les mains du « peuple » et donc de ses représentants.

Car il ne faut pas perdre de vue cette idée très claire dans la téte des collectivistes qui nous gouvernent et s’offrent le luxe de décréter quels sont nos droits et nos devoirs (ou plutôt leurs droits et nos devoirs): le peuple n’est qu’une masse inerte à  qui seul un gouvernement peut donner vie, un monstre barbare qu’il faut éduquer, punir, surveiller, conseiller, que dis-je, commander !

Le peuple en tant que tel n’est digne d’aucune responsabilité. Seuls ses représentants, seul l’Etat sont capables de juger, sont aptes à  disposer.

Le « droit des peuples à  disposer d’eux-mémes » est donc le synonyme politiquement correct du « droit des gouvernements à  disposer des individus ».

C’est pourquoi il est de notre devoir non seulement de dénoncer ce « droit » car il repose sur un principe abstrait et absurde (la liberté du peuple) mais surtout de le combattre car il est l’antithèse de la liberté individuelle, pilier d’une société libre.

Promettre aux peuples le droit de disposer d’eux-mémes est donc plus qu’un mensonge, c’est un  piège !

sources:

Maxime ROLLIN, http://libertariens.cjb.net/

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