Monstres lacustres

Le monstre du Loch Ness est la plus célèbre de ces créatures, mais les premiers rapports détaillés au sujet de ces redoutables serpents d’eau douce viennent de la Suisse du XVème et du XVIème siècle. De vagues récits, comme ceux d’Alsace en 1304, existent aussi. Il existe des légendes au sujet des monstres lacustres dans le Nouveau Monde et aux Antipodes qui sont certainement plus anciennes, mais celles-ci n’ont été enregistrées qu’avec l’arrivée des Européens. Et certaines traditions plus tardives (et toujours actuelles) au sujet de monstres lacustres américains ont presque sûrement été importées par des colons en provenance de Scandinavie, d’Allemagne et autres repaires de ces animaux insaisissables. S’ils sont des animaux.

La littérature fortéenne est jonchée de récits d’observations et de rencontres, de fiabilité plus ou moins grande, mais ce n’est pas notre but de produire même une esquisse de catalogue. « Aliens Animals » (Panther 1985) de Janet et Colin Bord contient ce qui est encore aujourd’hui une excellente récapitulation de la variété des créatures lacustres observées au cours des siècles de la Sibérie à la Californie. Pour l’argument développé ici, il y a un chapitre encore plus précieux : un résume de toutes les spéculations sur leur possible nature, et sur tous les animaux actuellement classés, en attendant une explication sous le vocable général de « crypto ».

Quelques difficultés locales

Pour ceux qui considère que la longue liste de récits au sujet de créatures dans et autour le monde des lacs représentent un catalogue d’animaux présents, le naturaliste fortéen ne manque pas de problème connexe à résoudre. Par exemple, qu’est ce que Nessie, souvent considéré comme une sorte plésiosaure relique, est censé manger? Si c’est un reptile, comment fait-il face aux eaux glacées du loch ? Comment font les énormes créatures signalées dans des petits loughs peu profonds du Connemara pour rester cacher la plupart du temps et comment font ils pour éviter toutes les tentatives de les piéger et de les détecter ? Pourquoi n’y a-t-il aucune trace d’œufs ou de reproduction ou d’activités d’élevage des petits? Ces questions et d’autres connexes ont été abordé il y a près de trente par Adrian Shine. Les problèmes restent sans réponses.

Ces questions difficiles mais à peine déraisonnables et leur manque flagrant de réponse sont moins contigües avec la ligne dure de la perspective sceptique du phénomène, à savoir, si ces animaux sont si distinctement différents, même des espèces les plus rares et les plus difficiles à cerner, mais indubitablement bien établies dans la taxinomie, c’est que probablement elles n’existent pas. Une fois de plus nos vieux amis : la mauvaise interprétation, les hallucinations et les canulars se matérialisent sur le côté gauche de la scène se glissant et grimaçant, secouant leurs os faiblement lumineux, leurs manteaux noirs comme il convient à des créatures de la nuit. Il y a une certaine justesse dans le raisonnement et en certaines occasions ce trio desséché a sans doute eu raison, mais comme d’habitude l’argument ne va pas assez loin. Comme nous allons le voir.

A un niveau beaucoup moins matériel, il y a abondance d’explications paranormales à l’apparition et au comportement parfois bizarre des monstres lacustres. En terme de logique de tous les jours, ca ne nous mène pas loin, puisque la plupart d’entre elles rendent compte d’un inconnu en en appelant à un autre, avec toutes les difficultés sous jacentes des hypothèses sans fondement (et le mépris total du rasoir d’Occam) que cela entraine. Nous ne devons pas nous en moquer pour l’instant, car enterré dans ces quasi-explications, git peut-être un indice de ce qui se passe réellement dans les récits au sujet des monstres lacustres.

Janet et Colin Bord (op.cit. p172) attirent notre attention sur quelque chose que beaucoup des monstres lacustres ont en commun avec les autres animaux « étrangers » : leur incomplétude souvent rapportée, ce qui suggèrent aux auteurs qu’ils pourraient d’une certaine manière être spectraux. « Il faut remarquer, » écrivent-ils « que le monstre aquatique est rarement vu en entier, mais…il est toujours possible de dire que le reste est caché dans l’eau. Nous ne pouvons pas savoir si tel est le cas, ou si la bête n’est que partiellement matérialisé. »

S’ils sont des matérialisations, les Bord indiquent qu’ils ne sont pas des fantômes dans le sens conventionnel, puisqu’ils ne ressemblent pas une créature morte ou disparu que nous pourrions reconnaitre. Alors peut-être sont elles des créatures « tulpoides (1)», concentration des idées communes de ce à quoi doit ressembler un monstre des lacs, qui se manifeste comme des entités indépendantes. Mais combien d’entre nous imagine qu’un monstre des lacs « devrait ressembler au croisement d’un serpent et d’un cheval, comme si souvent rapporté ? Les Bord examinent également la notion que les montre de lac et d’autres « cryptos » sont des téléportations d’ailleurs, des hologrammes, ou simplement le résultat de conjuration de magie noire. Toutes ou certaines de ces manifestations pourraient se nourrir « des énergies de la terre », ou même de la libido humaine. Mais encore, ils pourraient être ce que les cryptozoologues disent qu’ils sont : des créatures réelles encore inconnues de la science.

Ni ici, ni là

Pour brouiller les cartes encore plus, les monstres lacustres ne sont protéiformes: Nessie « varie d’observation en observation. Parfois plusieurs bosses sont observées, et parfois il ressemble à bateau retourné ». (Un témoin pensait mêle que la créature qu’il avait vue traverser la route ressemblait à un chameau.)Un autre récit suggère que Nessie se connecte à un royaume mythique ou magique. Le nombre précis de pierres dans certains cercles mégalithiques est dit être incomptable. De même avec Nessie: « En 1933, M. Wu Goodbye…a vu le monstre et il a essayé de compter ses bosses. Sa fille a essayé aussi, mais ils n’ont jamais pu se mettre d’accord sur le nombre, ou rester sur le même compte. »

La nature en partie réelle, en partie irréelle, légèrement tricheuse des monstres est également reflété dans leur invulnérabilité aux armes à feux. De manière provocatrice, les Bord relient ceci à une intuition communément mentionnée par des témoins que ce qu’ils observaient étaient d’une certaine manière intrinsèquement mauvais, induisant « une mélange d’étonnement, de crainte et de répulsion » selon les mots du légendaire fortéen le Docteur Shiels. D’autres ont décrit les monstres lacustres comme « effrayants », « horribles », « une abomination, » et « obscène ». Les locaux, familiers avec la sagesse populaire sur les monstres, reconnaissent cette tendance diabolique aussi, ainsi que le Comte de Malmesbury le notait en enregistrant l’observation de son gillie John Stuart. Le Comte, dans la grande tradition de l’aristocratie terrienne, remarquait qu’il « aurait voulu pouvoir tirer dessus » ce à quoi le gillie a répondu: « Peut-être que le fusil de votre Seigneurie pourraient ne pas fonctionner ». On sent que l’implication est que le fusil pourrait exploser à la face soignée de sa Seigneurie.

Donc dans la plus recherchée des hypothèses des Bord, dont tout le monde sait qu’ils souhaitent se distancier aujourd’hui, on peut discerner dans ces traditions un sens ou une image, des monstres lacustres qui suggère fortement que les cryptozoologues cherchent au mauvais endroit dans leur quête pour trouver des animaux de chair et de sang de nature exotique. Une approche plus fructueuse que la collecte des récits des témoins « au sujet d’étranges phénomènes » pourrait être de se pencher sur l’histoire des récits de ce phénomène et voir si ce que cela nous dit.

Une telle étude, nous sommes heureux de le mentionner, a été réalisée. « Lake Monster Traditions » de Michel Meurger, avec des contributions de Claude Gagnon, a été publié en 1988, par Fortean Times. C’est sans doute l’explication la plus incisive sur les monstres des lacs à avoir été publiée. Depuis comme beaucoup d’autres contributions réellement utiles et originales à la pensée fortéenne, les parties intéressées ont le plus souvent reconnu poliment son existence, mais ont prudemment négligé son argumentation. Ceci est une tentative d’équilibrer la balance. Nous espérons que M. Meurger nous pardonnera les inévitables simplifications de sa thèse liées à l’espace disponible, et qu’il pardonnera à notre compte rendu d’être teinté, en espérant que ce ne soit inexact, de nos propres interférences et de notre interprétation.

Le paysage mythique

Que certains milieux naturels soient chargés de pensées non invitées est toujours visible même par la sensibilité moderne mécanisée, électronisée et réifiée. Cette sensation d’un autre monde dans l’air, dans les champs est sans doute ce qui attire les voyageurs dans le Wiltshire chaque été avec l’espoir de voir un ou deux crops circles ainsi que la certitude d’être impressionné par Stonehenge, Avesbury, les pentes bruissantes et les tumulus dormants, lieu de repos de héros depuis longtemps oubliés, et la certitude que les leys traversent se paysage en apparence sauvage et que des choses étranges se produisent toujours dans ce vide à moitié étranger.

Imaginez, alors, un monde dans lequel il n’y aurait pas de division, pas de portail à franchir, entre la froideur de la pierre dans le sol et l’esprit qui l’habite. On trouve encore trace de ce monde vivant dans les ballades médiévales, ou les bois sont un lieu de peur, un domaine où les fées trompeuses se cachent, où les anciens dieux rodent dans leurs bosquets sacrés ainsi que des ours et des bandits. Dans un tel univers, rien n’est insignifiant, parce que tout est vivant et donc intervient dans une écologie de signification. Mais le passé et le futur s’entremêle. Les comètes, les tempêtes, les inondations, les éclipses, le vol d’une chouette sont présages ou punitions. Les lacs sombres, sans fond apparent, sont a priori et de fait, ce que nous qualifierions de nos jours, hantés. Les Bord (citant Peter Costello), sans en relevé l’importance notent que dans « un vieux poème épique relatant les actes d’un tueur de dragons irlandais nommé Finn » (Finn Mac Cumail, le « poème » est sans doute tiré du cycle épique en prose des Fenians) « un certain nombre de monstres lacustres… sont nommés et désignés comme des fantômes ».

Dans son étude, dont la portée, l’érudition et le travail de terrain coupe le soufflé, M. Meurger observe que les premiers récits au sujet des monstres lacustres n’identifient pas ces créatures comme des êtres biologiques mais comme des « fantômes ». Ils sont flous et effrayants, émergeant (comme les fées et les gobelins) d’endroit qu’instinctivement pas rationnellement on sait mener à d’autres mondes et aux enfers, et doivent donc porter de potentielles horreurs. Ainsi il n’est pas surprenant que les premières légendes concernant les monstres lacustres mentionnent des entités qui peuvent choisir de se manifester comme des hybrides de cheval et de dragons, des poissons géants, de bûches géantes, d’énormes anneaux d’or, d’hideux porcs à multiples têtes, de serpents cornus, ou même (comme occasionnellement avec l’Elbst du Lac Selisberg en Suisse) sous forme de meule de foin en flamme. Il n’est pas étonnant que leurs apparitions soient suivies de sécheresse, de mort, de guerre, ou de pestes. A l’extrême, la tradition des monstres lacustres suggère que l’apparition de la bête est un signe de l’imminence de l’Apocalypse et du Jugement Dernier.

M. Meurger montre comment la lente évolution du monstre du lac, d’une présence indéfinie, dangereuse, protéiforme au mystère cryptozoologique et au-delà à l’objet sous marin non identifié, mécanique, métallique est parallèle à l’évolution de la pensée occidentale sur le monde naturel. Les entités magiques immatérielles deviennent, au début de la Renaissance, un objet quelconque, avec une réalité corporelle, au sujet des quelles des témoignages peuvent être pris et les preuves soupesées. L »objet’ et le « fait » font partie du monde réel, où les bâtons et les pierres brisent les os; à un autre niveau, le mystère incontrôlable reste une menace, une intrusion non prévisible de la nature dans la quiétude de la civilisation. L’arrivée des Lumières, et de son haut idéal d’un monde entièrement explicable par la raison pure (avec assez de faits et du temps),la tendance à l’urbanisation et l’administration rationnelle ont considéré les monstres lacustres comme de mauvaises interprétations à cause de nos connaissances miteuses, des hallucinations et des canulars- en dépit leur nature disgracieuse (preuve de superstition, de l’ omniprésence de l’irrationalité, de la crédulité des primitifs et des simples d’esprit).

Un peu plus d’un siècle plus tard, l’effet toujours en cours du calme imposé par les lumières crée non seulement des physiciens opinant sagement du chef dans les salles de séances mais aussi des cryptozoologues tamisant des données, et montant des expéditions nombreuses pour prouver des ouï-dire. Comme M. Meurger le montre clairement, les scientifiques (en particulier les naturalistes sceptiques qui réduisent les dragons à des ptérodactyles et les sirènes à des phoques moines) et les cryptozoologues occupent involontairement le même terrain dans leur foi en des faits objectifs et démontrables- c’est-à-dire des animaux réels. « Les cryptozoologues croit en une Nature cachée ; les sceptiques réduise la question à une mésinterprétation de la Nature. » comme il le dit. Nous supposons que ceux qu’il appelle « occultistes »- qui « évoque une Nature transcendantale » – sont ceux qui accueillent le plus favorablement les hypothèses les plus « ultras » des Bord résumée ci-dessus ; un peu comme ces scientifiques sérieux dans les séances de spiritisme victoriennes.

Dans un pays magique

En considérant le folklore pour une meilleure prise en compte de l’énigme des monstres lacustres, M. Meurger observe que les prétendues créatures apparaissent dans ce qu’il surnomme « le paysage mythique ». En d’autres termes, le contexte des observations de monstres lacustres suit un certain schéma, indiquant qu’elles font partie d’un « mythe autorisé », qui donne au témoignage individuel une authenticité particulière. Le parallèle avec le complexe, mentionné ci-dessus, de croyances, d’attente, de folklore et la topographie du Wiltshire est frappant. Le paysage mythique des monstres lacustres, présent dans le monde entier, embrasse dans sa forme complète les motifs suivants: un lac sombre, impénétrable et sans fond ou au moins insondable ; celui-ci est connecté par des canaux souterrains aux lacs voisins ou à la mer ; des signalements de phénomènes lumineux ; des cavernes au-dessus ou en-dessous du rivage qui sont l’antre des monstres ; des courants, des remous et des tourbillons associés à la présence du monstre ; une tendance à de violents et soudains changements météorologiques ( ce qui pourrait aider à expliquer la tendance des résidants à donner une mauvaise réputation au monstre) ; et des récits constants au sujet de plongeurs, de pêcheurs et d’autres dont des animaux, engloutis par les eaux et jamais revus, vivants ou morts.

Dans un tel milieu, dit M. Meurger, ce ne sont pas les observations spécifiques d’animaux anormaux qui créent la légende mais plutôt, les récits des témoins individuels confirme l’étrangeté perçue de l’endroit- son potentiel à créer de la légende- ainsi que la légende elle-même. Il soupçonne clairement que beaucoup des caractéristiques des lacs hantés par les monstres ont été importées, appliqués ou présumées par des communautés d’immigrants, et dans le Nouveau Monde et en Ecosse (Vieux Monde mais colonisé depuis longtemps par des scandinaves, dont des traces linguistiques restent vivantes mais en dehors des zones de parlés celtes, comme dans le nord-est de l’Angleterre). C’est plausible, mais reste le problème de ce qui génère les récits des témoins individuels.

Il y a des explications naturalistes : de vraies buches, des vagues stationnaires, poisson très grand. Certaines des premières observations et certaines modernes peuvent être des visions engendrées peut-être par un tel phénomène naturel et/ou par la réputation de l’endroit. Nous n’ergoterons pas là-dessus, mais il nous semble que M. Meurger sous estime la puissance, même de nos jours, de ces endroits particuliers à introduire un sentiment d’au-delà, de difformité et de mal persistant. Nous connaissons quelqu’un qui a visité le sombre Wastwater (dans le District des Lac en Angleterre) et il a senti que le lac était rempli avec les morts. Ce lac « désolé » est un réservoir artificiel; il n’y a pas de vieille mythologie qui y soit lié. Dans la décennie suivant cette intuition de peur, des corps ont été repêchés dont une victime d’un meurtre jetée à l’eau avant que notre relation ne visite le lac. Nous n’avons aucune objection à suivre l’hypothèse de M. Meurger que c’est à partir de telles intuitions de malaise (en particulier quand elles sont confirmées) que le mythe est conforté. Notre point de divergence, cependant, est que c’est dans ces endroits particuliers et dans les appréhensions individuelles que ces choses commencent et sont maintenues, au moins autant que par la connaissance antérieure des traditions locales.

Patrick Harpur repousse la nécessité de la connaissance antérieure des traditions locales (ce qu’il appelle ironiquement « idéologie ») plus brusquement et pour des motifs différents. « Les monstres lacustres semblent vraiment être des archétypes » écrit-il (op.cit. p137), « moins basés sur la culture, pour ainsi dire, que sur la géographie – certains lacs semblent contenir le phénomène autonome, ce que Meurger rejette. Ceux-ci sont…des démons autonomes, des images archétypales- qui se lèvent hors de l’âme du monde, brièvement incarnées par le lac. En dehors du fait de rejoindre la longue file de ceux qui expliquent une particularité par le biais d’un concept douteux, M. Harpur semble ici mélanger le particulier et le général.

Et d’ailleurs : où, dans le concept de M. Harpur, les mystérieux sous-marins, élégamment prédit par l’hypothèse de M. Meurger, prennent place ?

Fantôme d’acier

M. Meurger fait bon cas de notre point de vue collectif sur les monstres lacustres le modifiant avec des changements culturels sur le consensus de la réalité. Dans une période de temps beaucoup plus courtes, les ufologues ont note un schéma similaire dans leur propre phénoménologie, qu’ils appellent le « suivi culturel ». En aucun cas, cela n’aide à cerner la nature du phénomène lui-même, si en fait il y en a une qu’on pourrait qualifier d’ « objective ». Ainsi que nous l’avons suggèré, cela ne peut être la bonne direction pour chercher une réponse au problème pose. Dans la tradition des monstres lacustres, nous voyons la trace culturelle surgir, parfois en même temps que le monstre signalé (ou la rumeur) et parfois avec retard.

Le Loch Ness n’est pas le cas le plus intéressant de ce qui se passe mais il est suggestif. En 1970 est sortie au cinéma un Sherlock Holmes (La vie privée de Sherlock Holmes, de Billy Wilder) qui expliquait le monstre comme un petit sous-marin camouflé, avec un équipage de nains. Au fond de notre esprit ces « gens minuscules » sont indélébilement lies aux elfes, aux fées, aux gobelins… l’entière population humanoïde des royaumes de l’Autre-Monde. Donc en dépit des préjugés matérialistes du film, il garde un lien délicat avec le royaume magique. Quelques années plus tard, quelqu’un est sorti du bois pour prétendre que la fameuse photos de Nessie prise en 1934 était un canular (quelle surprise) impliquant un modèle réduit de sous-marin. Le mythe devient un monstre, le monstre devient une machine. Et reste le mythe.

Mais nous ne devrions pas être surpris. Nous vivons à l’âge des machines. Nous devons nous attendre à ce genre de glissement dans l’imagerie de la légende. L’exemple le plus intrigant de cette intrication culture/phénomène s’est produit au Lac Pend Oreille dans le nord de l’Idaho, où les récits de monstres lacustres ont commencé à sortir en 1944, juste au moment où l’US Navy établît une base d’entraînement pour les futurs sous-mariniers. Après la Seconde Guerre Mondiale, l’US Navy a conservé une installation secrète au bord du lac pour effectuer des recherches sur les moyens de rendre les sous-marins silencieux au moment où ils plongent. La plupart de ceci impliquait des maquettes à grande échelle (jusqu’à trente mètres de long) et qui dans leur dynamique volaient hors de l’eau jusqu’à 12 m ou plus- donnant naissance à la rumeur que des lancements de missiles nucléaires étaient testés dans les eaux placides. La nervosité devint endémique.

Patrick Huyghe, un chercheur d’anomalies invétéré et indubitablement un honnête reporter, qui a entendu des histoires de monstres à Pend Oreille, était au courant l’installation de recherché, et il s’est demandé si l’US Navy ne les avait pas mis en place comme camouflage de ses activités clandestines dans le lac. Hypothèse raisonnable, mais M. Huyghe n’a découvert que peu pour la soutenir. Une histoire de monstre (peut-être celle d’origine) a ses origines dans un canular journalistique. Dans le traité de M. Meurger, on nous dit (p 289 et suivantes) que les histoires de monstres lacustres à Pend Oreille ne remonte pas plus haut que 1944. Cela pourrait étayer les rumeurs discutées par M. Huyghe, mais les choses sont plus troubles que cela. Car M. Meurger a découvert que dans les années 80, le lac avait acquis presque toutes les caractéristiques du paysage mythique du monstre lacustre: profondeur sans fond (en fait la profondeur du lac est connue), un canal vers un lac voisin, les récits de pêcheurs au sujet d’un énorme poisson qui ne peut être attrapé, de mystérieux tourbillons- et ainsi de suite. M. Meurger ne donne aucune indications que ceci est base sur une transmission culturelle. Est-ce le genre de chose câblé dans nos cerveaux? Si tel est le cas, l’histoire du monstre lacustre est destinée à se poursuivre encore et encore.

Source :

http://www.forteantimes.com/features/articles/3184/monsters_of_the_lakes.html

 

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