Mythes grecs et Amérique du Sud

Le mythe grec antique de Cadmus combattant un serpent pourrait être une allégorie de la découverte du fleuve Amazone, a déclaré le Dr Enrico Mattievich, un professeur de physique à la retraite de l’Université fédérale de Rio de Janeiro (UFRJ) au Brésil. Mattievich a écrit un livre intitulé « Journey to the Mythological Inferno » en 2011, qui explorent les connexions entre les mythes grecs et des sites géographiques et historiques d’Amérique du Sud.

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Certains savants ont dit que le mythe de Cadmus était basé sur une simple lutte entre un homme et un vrai serpent. Certains psychologues jungiens ont dit qu’il représentait une bataille contre la pulsion de l’inceste. Mattievich pense qu’il est plus important; le serpent est le fleuve d’Amérique du Sud indiscipliné, sinueux, et parfois tumultueux conquis par les explorateurs grecs.

Les yeux ardents du serpent et son venin nocif décrivent les volcans imposants sur le long de l’Amazone. Ses rangées de dents sont les chaînes de montagnes, et ses nombreuses langues sont les ramification de la rivière.

Nous nous pencherons sur les passages du mythe de Cadmus, comme raconté dans les « Métamorphoses » d’Ovide, ainsi quel’analyse que Mattievich donne dans son article pour Q-mag « Cadmus tue le serpent. » Nous allons également discuter brièvement de la théorie de Mattievich selon laquelle le voyage d’Ulysse pour l’Hadès dans l’Odyssée d’Homère est en fait un voyage vers un enfer d’un autre type: l’Amérique du Sud, un pays en dessous de la Grèce.

Il fait ces arguments archéo mythologique dans le contexte d’un autre élément de preuve controversé: le contact entre le Vieux Monde et l’Amérique du Sud a débuté bien avant qu’ il n’est communément admis.

C’est au-delà de la portée de cet article d’examiner les éléments de preuve, mais nous allons mentionner brièvement une expérience intéressante réalisée par le Dr Thor Heyerdahl en 1969 et de nouveau en 1970. Il a construit un bateau en papyrus, semblable aux bateaux construits par les anciens Egyptiens . Il a navigué du Maroc à la Barbade deux fois pour montrer que l’Amérique était accessible aux populations de cette époques.

Pourquoi le serpent peut-il représenter une rivière?

Les vers 77-80 des «Métamorphoses», décrivent le serpent en termes très fluviaux comme le souligne Mattievich: « d’autres fois il s’élance d’un vaste bond, aussi impétueux qu’un torrent grossi par les pluies, et, du choc de sa poitrine, il renverse les arbres placés sur son passage. »

Bien que l’allégorie soit un «chef-d’œuvre de la créativité poétique, » Mattievich a écrit, « Elle n’a pas été capable de transfigurer complètement la véritable nature du« monstre aquatique.  »

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il remarque aussi que les mythes grecs sont connus pour présenter des batailles contre des rivières. Par exemple, Homère décrit  la bataille d’Achille contre le fleuve Scamandre. Il y a également des précédent dans la littérature grecque antique qui décrivent une rivière comme un animal. La rivière Achéloos, par exemple, a été représentée à fois sous les formes d’un taureau, d’un dragon, ou d’ un homme avec la tête d’un taureau.

Un serpent de la taille d’une rivière

Aux vers 44-45, Ovide décrit l’énormité de la créature:  « sa grandeur, à le voir tout entier, égale celle du serpent qui sépare les deux Ourses. »

Constellation du Dragon
Constellation du Dragon

Ovide compare la taille du serpent à la constellation du Dragon, située entre la Grande Ourse et la Petite Ourse. Mattievich écrit, « En astronomie on sait que les distances entre les étoiles sont comparables à des distances géographiques sur la Terre, si leurs arcs respectifs sont projetés sur une sphère. » L’arc entre la tête et la queue du Dragon coïncide à peu près avec la longueur du fleuve Amazone.

Or, Feu et Venin

Le serpent se distingue par une crête d’or et « la flamme jaillit de ses yeux ; tout son corps est gonflé de venin  » écrit Ovide. Dans les versets 72-76, il a écrit: « La douleur de sa nouvelle plaie redoublant alors sa fureur ordinaire, les veines de son gosier s’emplissent et se gonflent ; une écume blanchâtre s’écoule de sa gueule venimeuse ; la terre, broyée sous ses écailles, résonne, et le souffle qu’exhale sa bouche infernale infecte au loin les airs. »

La crête d’or pourrait faire référence à l’or abondamment trouvé dans les Andes péruviennes. Les yeux de feu pourraient être les volcans actifs rapportés au cours l’histoire des Andes.

La mousse qui coulait de la bouche pestilentielle du serpent est une description poétique de la matière volcanique très légère et poreuse moins dense que l’eau « , écrit Mattievich. On sait que cette matière flotte dans l’Amazone.

L’activité volcanique a de même été liée au venin dans d’autres œuvres littéraires grecques. Le géographe grec Pausanias, qui mourut en l’an 180, écrit que l’odeur fétide de la rivière Anigrus est  causée par le venin de l’Hydre. Cette odeur est effectivement provoqué par des sources et des gaz chauds et sulfureux émis par les volcans actifs. La rivière Anigrus provient d’une montagne en Arcadie.

Trois rangées de dents et trois langues

Lorsque Ovide déclare que « sa gueule est armée d’un triple rang de dents.» et «il darde sa langue en trois aiguillons, » il fait allusion à trois chaînes de montagnes et aux trois principales rivières qui se ramifient dans le bassin du fleuve Amazone (l’Ucayali, la Huallaga et la Marañón), dit Mattievich.

« A partir du Plateau Collao, où se trouve le lac Titicaca,  la chaîne de montagne se divise en trois branches principales. … Par conséquent, si le serpent, qu’a vaincu Cadmus est une allégorie du fleuve Amazone, alors la triple rangée de dents est une allégorie de la triple rangée de montagnes, où se trouvent ses sources « dit-il.

Mattievich a d’autres arguments pour expliquer pourquoi le mythe Cadmus pourrait représenter l’exploration du fleuve Amazone, nous venons d’aborder ic quelques uns des points principaux. Il a examiné d’autres mythes grecs dans ses enquêtes archaeo-mythologique, dont celui d’Ulysse entrant dans l’Hadès.

L’Hadès de Homère

Il a effectué une analyse de ce mythe dans la deuxième partie de son article « Cadmus tue le serpent, » semblable à son analyse du mythe Cadmus.

L’éthnologue viennoise, le Dr Christine Pellech, convient que Hadès d’Homère pourrait être en Amérique. Mattievich cite Pellech: « Circée envoie Ulysses ver le royaume de la mort ou le monde d’en-dessous- le monde d’en-dessous géographique … de l’autre côté du globe, l’Amérique. »

Pellech et Mattievich proposent différents endroits en Amérique pour l’entrée de l’Hadès à partir de la description d’Homère, une confluence tumultueuse de rivières où une grosse pierre dépasse l’eau.

Pellech suggère qu’il s’agit de l’endroit où les rivières Ottawa et  Saint-Laurent se joignent dans l’Ontario, Canada. Une grosse pierre en saillie se trouve à cet endroit, et à proximité On trouve quelques pétroglyphes qui pourraient signaler l’arrivée des explorateurs anciens, selon des interprétations controversées de l’ancien biologiste de Harvard devenu épigraphiste Barry Fell et de l’influent archéologue formé à Harvard, David Kelley.

Mattievich suggère lui que l’entrée mythique Hadès est à El Pongo de Manseriche dans le bassin de l’Amazone. La signification profonde de Pongo de Manseriche dans une langue indigène amazonienne est la passerelle terrible. Il y a également une confluence de rivières et une pierre en saillie, a noté Mattievich, entre autres raisons de croire que c’est l’endroit décrit par Homère.

L’archéologue grec Sotirios Dakaris a participé aux fouilles et aux études d’un site en Grèce, le Nekromanteion, dont on pense qu’il correspond à la porte des Enfers. Dakaris et Mattievich ont entretenu une correspondance amicale jusqu’à la mort de Dakaris en 1996. Dakaris a dit  que Mattievich avait peut-être trouvé la clé des mythes grecs.

Tara Mac Isaac

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