Nadia et Zana Muhsen: Vendu

Nadia1En 1980, à l’àge de 14 et de 15 ans, Nadia et Zana Muhsen ont été vendues par leur père, à l’insu de leur mère Miriam, pour la somme de 2500$ chacune à des » maris » Yéménites

Prisonnières, humiliées, violentées, violées, privées de tous droits, dans des conditions d’hygiènes inimaginables, Zana et Nadia ont été dépourvues de leurs enfances et soumises à un mode de vie moyenàgeux. Zana a réussi à fuir ce calvaire après huit ans d’esclavage, mais, a dû, pour retrouver sa liberté, abandonner son fils Marcus, qu’elle a laissé au soin de sa soeur Nadia; cette dernière n’a pu se résoudre à laisser ses enfants derrière elle. En l’an 2000, àgée maintenant de 34 ans, Nadia est toujours prisonnière au Yémen, avec ses six enfants.

Zana et Miriam ont juré de faire sortir Nadia de cette prison, afin qu’elle récupère sa vie. Ce site se veut un témoignage à Nadia. Puisse-t-il l’aider à retrouver sa liberté.

Un message des auteurs
Merci de vous interésser à l’histoire de Nadia Muhsen. Nadia semble toujours étre au Yemen à ce jour. Dans le troisième livre de Zana, « A Promise to Nadia », vous pouvez lire tout ce qui s’est passé ces dernières années. Malheureusement, nous avons perdu contact avec sa famille et n’avons reçu aucune information additionnelle Cela ne veux pas dire que la bataille est terminée, seulement que nous n’en faisons plus parti. SVP, veuillez continuer à chercher de l’information ailleurs sur le Web et merci pour votre soutien.

Libérez Nadia!

Août 2003

L’histoire que vous allez lire se veut un court résumé de la tragédie vécue de deux jeunes filles anglaises. Pour en comprendre tout le sens, nous vous encourageons à lire les deux livres qui racontent toute l’histoire et toute l’horreur de ce drame.

Juillet 1980, à l’àge de 15 ans, Zana, s’en va en vacances au Yémen, avec un ami de son père, Abdul Khada, et le fils de ce dernier, Mohammed. Elle part pour six semaines, seule, avec des étrangers, dans un pays étranger. Sa soeur Nadia, dû à des problèmes de sous et de formalité juridique, viendra la rejoindre dans deux semaines. Zana s’en va pour se la couler douce, faire de l’équitation, profiter du soleil et des vastes prairies du Yémen, tel que décrit par son père, Muthana , natif du Yémen. Des vacances quoi!

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Nadia et Zana, 14 et 15 ans, en Angleterre.

De l’Angleterre à  Syrie, à  Sanaa à  Taez, le voyage est long et pénible. La chaleur suffocante, les conditions hygiéniques insalubres, Zana s’ennuie déjà  de sa mère. à€ Taez, ils s’arrétent chez un ami d’Abdul Khada, pour passer la nuit et manger un peu. La femme de leur hôte compatie avec Zana. Tout le monde sait pour Zana. Elle, ne sait rien. Dans l’innocence de ses 15 ans, elle fait confiance à  Abdul Khada.

Maqbana, la ville d’Abdul Khada, sera la prison de Zana. Cette ville se trouve à  deux heures de route de Taez, elle est située en haut d’une longue colline, une marche d’une demi-heure sur une pente abrupte pour y accéder.

Ashube

Arrivée à  la maison d’Abdul Khada, Zana fera la rencontre de Ward , la femme d’Abdul, de Bakela, la femme de Mohammed, ainsi que les deux filles de ce dernier, Shiffa et Tamanay, huit et cinq ans.

Les conditions de vie sont misérables, un matelas d’à  peine six cm d’épaisseur pour dormir, une toilette, tellement petite qu’il faut étre accroupie pour pouvoir s’y mouvoir, aucune lumière, un trou dans le sol, en guise de cuvette.

son fils cadet Abdullah, 14 ans. Le présente à  Zana en lui disant : « C’est ton mari !!!!! ». Zana ne croit rien, refuse, s’objecte. Son père a tout « arrangé », Abdul a payé Muthana pour qu’elle soit mariée à  Abdullah. 2500$ . Elle a été vendue par son père pour 2500$. Elle est seule, isolée et n’a aucun allié. Dès la première nuit de cette atroce affirmation, Abdul enferme Abdullah dans la chambre de Zana… Il dormira seul. La deuxième nuit, forcée de coucher avec son « mari », Zana sera violée.

Ce rituel continuera soir après soir. Au refus de Zana de coucher avec Abdullah, Abdul Khada la frappe violemment. Elle a beau riposter, résister, physiquement, il est plus fort. Abdul promet à  Zana que lorsqu’elle sera enceinte, elle pourra retourner à  Birmingham. Mensonge.

Se doutant que le méme sort attend sa soeur, elle lui écrit une lettre lui disant de rester en Angleterre.

Elle confie cette lettre à  Abdul Khada, c’est son seul contact avec l’extérieur. à€ qui d’autre pouvait-elle la confier. Cette lettre ne se rendra jamais à  destination.

Une semaine plus tard, Zana rencontrera sa soeur chez Gowad, un autre « ami » de son père, et sera obligée de lui dire la vérité. Nadia est mariée à  Samir, 13 ans, le fils de Gowad. Méme stupéfaction, méme incrédulité.

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Nadia (photo), plus fragile que Zana, ne sourira plus. Elle perdra l’épanouissement de ses 14 ans, deviendra zombie, esclave de ces hommes.

Zana, plus forte que Nadia, va lutter. Nadia va supporter, abdiquer, elle est plus docile que Zana.

Zana ne veut pas laisser sa soeur. Elle sait le sort qui l’attend. Ses protestations seront vaines. Nadia ira donc dans la maison de Gowad, avec son  » mari « , Samir dans la ville d’Ashube (photo). Zana, dans sa prison. Volontairement, ils séparent les soeurs afin qu’elles soient assimilées plus facilement.

Abdul Khada oblige Zana et Nadia à  enregistrer une cassette, pour leur mère, lui disant que tout va bien et qu’elles sont heureuses.

Tranquillement, Zana se fait, malgré elle, initié aux tàches desservies aux femmes. Corvée d’eau, ramassage de bois, cuisine, s’occuper des enfants et subir le  » viol  » du mari, jour après jour, nuit après nuit.

Zana lance constamment des appels à  l’aide à  sa mère. Sa mère écrit aussi des lettres à  Zana et à  Nadia, mais le courrier ne se rend jamais à  destination. Tout est filtré par des amis d’Abdul Khada.

  1. Nadia est enceinte. 29 février 1984, Haney naît. L’accouchement se déroule dans des conditions barbares : accouchement sur la terre battue, par une vieille femme, une vieille lame de rasoir souillée pour couper le cordon. Rien, absolument rien, si ça tourne mal.

Souvent atteinte de la malaria, Zana trouve un allié en un médecin, installé à  Hockail. Il acceptera de poster une lettre pour elle sans qu’elle passe par les agents d’Abdul Khada.

Deux semaines s’écouleront avant que Zana ne reçoivent des nouvelles de sa mère. Mais le contact sera maintenant régulier.

Après quatre ans de noirceur totale, Nadia et Zana voient maintenant un peu de lumière au bout du tunnel. Au fil des lettres, Zana fait comprendre à  sa mère qu’elle doit alerter la presse, les journaux, les médias afin que leurs cas deviennent une affaire et non pas un vol parmi tant de vols, un viol parmi tant de viols.

  1. Zana est enceinte, Nadia aussi.

Mai 1986. Zana accouche difficilement d’un garçon, Marcus. Nadia accouche de Tina, une fille qui sera excisée à  son quatrième jour de naissance.

Nadia a des conditions de vie très pénibles et n’est pas en forme. Elle se remet mal de son accouchement, car une vieille femme l’a ouverte avec une lame de rasoir souillée pour lui permettre d’accoucher. La plaie guérit mal.

Sept ans se sont maintenant écoulées. Zana reçoit la visite de deux journalistes anglais du journal l’Observer. Un espoir pour les  » tristes anglaises « , comme les appellent les Yéménites. Ils ne pourront cependant rien faire pour elles immédiatement, mais feront beaucoup de pression sur les deux gouvernements par des articles et des photos.

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Les pressions porteront fruit puisque le chef de la police de Taez convoque les deux soeurs, sans enfants ni maris, pour qu’elles racontent leurs histoires. Toute la publicité a mis le gouvernement Yémenite dans l’embarras. Elles resteront plusieurs jours à  Taez dans la demeure du chef de police. Les enfants les rejoindront un peu plus tard. Elles sentent que leurs cauchemars achèvent.

Les jours se transforment en semaines, puis en mois. Les  » maris  » viennent rejoindre leurs  » femmes  » à  Taez et tout le monde s’installe dans un appartement minable, toujours à  Taez. C’est minable mais c’est quand méme moins pire que leurs vies à  Ashube et à  Maqbana.

Tout le monde tente de les convaincre de rester à  Taez avec leurs  » maris  » et les enfants. Mais Zana et Nadia ne làchent pas, elles veulent partir.

Un problème, un vrai, se présente. Si elles veulent partir, elles devront divorcer et seront libres de partir.. mais sans enfants. Les enfants devront rester au Yémen.

Les deux soeurs font un pacte : la première qui part confie ses enfants à  l’autre. Zana est décidée à  laisser Marcus à  sa soeur parce que c’est un garçon, mais Nadia n’est pas résolue à  laisser ses enfants.

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Tous les moyens sont utilisés pour les dissuader : intimidation, corruption, mensonges, lenteur des procédures, etc.

Avril 1988. Zana obtient son passeport. Nadia, non. Le père de Samir, Gowad refuse de signer un papier permettant à  son fils de partir avec Nadia.

C’est donc Zana qui partira se battre en Angleterre pour libérer sa soeur et ses enfants.

Zana est maintenant libre, mais sa liberté n’a pas de prix tant que sa soeur, ses enfants et Marcus sont prisonniers là -bas.

Des nouvelles de Nadia :

  • 13 Octobre – Anniversaire de Nadia
  • 1 février 2000 – Le rédacteur en chef du Yemen Times, Walid Al-Saqqaf, veut organiser une rencontre avec Zana et Miriam. Cette rencontre se fera à  Londres, en présence de l’Ambassadeur de l’Angleterre au Yémen, H.E. Vic Anderson
  • 31 janvier 2000 – Le Yemen Times semble avoir réussi à  interviewer Nadia.
  • 20 janvier 2000 – Zana lance un nouveau livre intitulé « A promise to Nadia ». Vous pouvez vous procurer ce livre chezAmazon.co.uk.
  • 13 janvier 2000 – Le Yemen Times, suite à  une vaste demande d’informations concernant Nadia, décide de lancer une très grande campagne la concernant. Ils veulent que le secret soit dévoilé. Ils nous demandent quelques informations que nous tenterons de leur donner le plus rapidement possible. Dès que nous aurons d’autres détails, nous vous tiendrons au courant.
  • Un organisme a été fondé – RETURN (Remember Everyone Taken Unlawfully, Remember Nadia)
  • Nadia est très malade, elle a maintenant six enfants et ne pèse que 38 kilos
  • Zana a payé des mercenaires, plus de 250 000 livres, pour sortir sa soeur du Yémen. Ils lui ont raconté toutes sortes d’histoires pour finalement partir avec l’argent
  • Tina, la plus àgée des filles de Nadia, est maintenant en àge d’étre mariée
  • En 1994, une entente, entre les Ambassades du Yémen et de l’Angleterre, était éminente pour que Nadia, avec ses enfants et son neveu Marcus, puisse venir passer une vacance, au moins, en Angleterre. Cependant, dû à  des élections et à  une guerre entre le Nord et le Sud du Yemen, l’accord a avorté.
  • Miriam, la mère de Nadia, m’a fait parvenir un fax de Mo, lorsqu’il était au Yémen, en 1996. Il a réussi à  voir Nadia, mais il a trouvé qu’elle ressemblait à  un zombie et qu’elle préférait oublier les 16 dernières années. Elle garde toujours le désir de revenir chez elle, en Angleterre, mais ça dépend toujours de « lui »….son « mari ».

Je suis en contact avec la mère de Nadia…. d’autres nouvelles devraient suivre sous peu…..

Comment aider Nadia :

Vous pouvez aussi aider Nadia de différentes façons :

En parlant de ce site à  tous vos parents et amis

En achetant les livres « Vendues » et « Au nom de tous les enfants »

 Une lettre de protestation sera disponible sous peu, que vous pourrez faire parvenir aux ambassades concernées

Organisation internationnal :

Organisations :

Amnistie Internationale : Amnistie Internationale

One World : One World

Derechos : www.derechos.org

Human Rights Watch : www.hrw.org

L’Ambassade du Yemen : www.gpc.org.ye (Yemen Home Page)

L’Ambassade de Grande-Bretagne : www.fco.gov.uk

Middle East and North Africa (news, discussion, reports) : www.mena.net

www.mena.net/yemen (direct to Yemen discussion group)

Yemen Internet Directory : www.sanaa.net

bulletin boards : www.sanaa.net/bulletin-board

 adresse du forum (en anglais exclusivement) : http://nadia.infiniweb.com/phpBB2/index.php?sid=2a8461e12e7d6fe5be1527e5c502f82f

 Source : « Sold » et « Without Mercy »

One Comment

  1. martin

    J’ai été très touchée en lisant ce livre. Cela me pertube beaucoup de savoir que des choses comme cela existe encore de nos jours. J’admire zanna pour son courage et sa volonté de retrouver son pays. J’espère qu’un jour, elle pourra faire revenir sa soeur et leurs enfants dans leur pays.

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