Paul Watson héros du XXIème siècle

Le chef de l’organisation Sea Shepherd Paul Watson est un homme organisé et un expert en communication médiatique. On peut certainement parlé de bravoure aussi ou de témérité, c’est selon. Pas évident d’aller dans les eaux antarctiques chaque année avec un navire, le Steve Irwin, pas nécessairement bâti pour affronter les glaces. La mer antarctique est souvent mauvaise et les icebergs cachés un danger omniprésent, ajoutons à cela que les secours les plus proches sont très loin. En plus de ces dangers, il y a  l’agressivité des Japonais qui n’hésitent pas à éperonner les navires de Sea Shepherd. La perte du catamaran Ady Gil l’année passé étant un bon exemple. Watson a longtemps défié en zodiac les baleiniers russes qui chassait illégalement les baleines au large de la Californie, se faisant parfois frôler la tête par les harpons avec sa stratégie de s’interposer entre les baleines et les harpons.

Paul Watson avec Roberta Hunter près d’un baleinier.

C’est vers l’âge de 9 ans que Watson aurait commencé sa vocation d’écologiste. Venant de voir castor, avec lequel il s’était lié d’amitié, se faire tuer par des trappeurs, il entrepris de saboter les pièges de ceux-ci. Ils perturbaient aussi la chasse aux cerfs ou aux canards.  Il devint membre de la Garde Côtière Canadienne  en 1968 et ensuite s’engagea dans la marine marchande en 1969 où il appris les rudiments de la navigation et la connaissance des mers. Il servit de nouveau pendant 2 ans pour la Garde Côtière Canadienne en 1970. Comme il a travaillé sur des navires météos autant que des bateaux de recherche et sauvetage, cela en fait une personne très compétente pour les missions risquées de Sea Shepherd.

Les membres de Greenpeace avec  Brigitte Bardot et Paul Watson sur la banquise canadienne en 1977 lors d’une campagne contre la chasse aux phoques. Watson quitta Greenpeace la même année.

Paul Watson a contribué à bâtir les deux plus puissantes organisations écologiques de la planète, Greenpeace et Sea Shepherd, à une époque où la planète entière ne se souciait aucunement de l’environnement. Il quitta Greenpeace en 1977, qui était devenu selon lui une grosse machine administrative lourde plus intéressé par la récolte de fonds et son image que par les actions directes elles-mêmes. Il n’aimait pas trop non plus les méthodes modérées de l’organisation Greenpeace comme les fameuses banderoles et préférait confronter directement sur le terrain ceux qui détruisent la vie sauvage. C’est surtout par ses actions d’éclat avec la Sea Shepherd Society, fondé en 1977, qu’il est devenu une star mondiale admiré dans le domaine de la défense de la vie marine. L’organisation écologiste au drapeau pirate aurait saboté et coulé 9 navires baleiniers de plusieurs pays, dont le célèbre Sierra, bateau qui aurait tué illégalement à lui seul 20,000 baleines. En fait les propriétaires du Sierra ne se sont jamais plaints à la police de la perte de leur navire vu qu’ils savaient qu’eux-mêmes chassaient illégalement la baleine. Le natif de Toronto (Canada) a parfaitement compris la façon de se servir des médias avec la série télé « Whale War » sur Animal Planet mettant en scène les aventures des membres de Sea Shepherd lors des campagnes contre les baleiniers japonais. C’est une sorte de Reality Show  d’action avec des héros, l’équipage des navires de Sea Shepherd et des méchants, les baleiniers japonais et bien sûr entre eux les baleines.

Malgré ses efforts pour enseigner l’importance de protéger les ressources de la mer, Watson reste un incompris dans son propre pays, c’est le Capitaine Nemo du XXème siècle. Au Canada, il est presque considéré comme un criminel à cause du lobbying des chasseurs de phoques auprès du gouvernement canadien. Un des navires de Sea Shepherd, le Farley Mowat, a d’ailleurs été saisi par le gouvernement canadien lors d’une campagne contre la chasse aux phoques en 2008. Malgré cet échec l’organisation est plus puissante d’année en année. La flotte de Neptune s’agrandit parfois d’un nouveau navire et des milliers de gens dans le monde entier se disputent pour avoir la chance de faire partie un jour de l’équipage des navires. Des personnalités de la politique, du milieu artistique et même le Dalai Lama donnent leur appui moral, politique ou financier à Sea Shepherd. Théoriquement la comédienne Michelle Rodriguez (« Avatar ») devrait pouvoir participer à la campagne 2012 contre les baleiniers japonais. En 2011, Paul Watson a remporté sans doute la plus importante victoire de sa carrière en forçant la flotte japonaise à se replier des eaux antarctiques avec seulement 1/10 de son quota de prises. L’opération « No Compromise » a été un succès total qui devrait décourager les Japonais de revenir chasser dans les eaux antarctiques.

Paul Watson a eu un jour une expérience qui a changé sa vie à jamais. C’était en 1975 alors qu’il défiait les baleiniers russes :

« En 1975, un cachalot blessé à mort a épargné ma vie, malgré l’agonie atrocement douloureuse que lui infligeait un harpon explosif reçu en pleine tête. Assis dans mon canot gonflable, j’ai plongé mon regard au fond du sien tandis qu‘il s’éteignait à un mètre de moi et j’ai compris alors qu‘il y avait un esprit dans ce grand corps intelligent. Cela a changé ma vie pour toujours. Au départ, le grand cétacé avait attaqué mon bateau, après qu‘il eut été frappé à la tête par ce harpon-grenade soviétique. Son corps s’est redressé hors de l’eau, me dominant de toute sa hauteur et prêt à m’écraser de son poids énorme en tombant.

Mais dans cet oeil unique tourné vers moi, j’ai vu briller l’éclair d’une reconnaissance. Nous venions juste d’essayer d’arrêter le tir du harpon mortel et je crois que le cachalot l’a vu, qu‘il a compris. Avec un énorme effort, il a fait en sorte de retomber de côté dans la mer et j’ai vu son oeil, qui me regardait toujours, disparaître sous la surface de l’eau. Le cachalot venait de mourir. C’est à ce moment-là que j’ai pleinement réalisé à quel point la chasse à la baleine était une pure folie. A quel point le fait de prendre avec arrogance une telle vie, d’effacer en toute ignorance une telle intelligence, de détruire une si poétique beauté constituait un blasphème ignoble.

La pêche à la baleine à laquelle nous nous opposons aujourd‘hui représente une violation délibérée du droit international. C’est un crime contre la Nature et contre l’Humanité, qui se perpétue grâce aux pressions commerciales, politiques et diplomatiques du Japon. Ce commerce de viande de baleine persiste également du fait du manque de volonté des autres nations qui n’osent pas se lever pour rappeler au Japon le respect de la loi. Les baleiniers japonais se moquent aujourd‘hui totalement du Droit International relatif à la conservation des espèces. Comme les océans seront tristes et vides, privés de leurs baleines! Notre aliénation à l’égard de la nature sera totale si nous continuons à exterminer ces beaux géants uniques au monde. La vérité est que si nous ne pouvons sauver les baleines, nous ne pourrons pas nous sauver nous-mêmes. »

http://www.seashepherd.org/

Le site de la Sea Shepherd Society

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *