Que connaît-on réellement des OGM ?

Refuser les OGM, c’est accepter de prolonger l’emploi intensif de pesticides, fongicides ou autres produits chimiques polluants. Donc pas trop bon pour notre Belle Bleue…

Il y a là  un non sens qui devrait nous interpeller.

 

Le grand public connaît mal les Ogm, la propagande est sous tutelle.

Je vous propose ce texte, à  contre sens de la pensée unique.

Je vous le laisse tel quel, à  vous de vous faire une opinion et de l’exprimer en forum.

les Organismes Génétiquement Modifiés (OGM)

Le 25 mars 2002, un certain nombre de fermiers indiens en colère se réunissaient à  New Delhi pour protester contre l’interdiction qui leur était faite par le gouvernement de planter du coton transgénique, le « BT cotton ».

Il s’agit d’une graine de coton dans laquelle a été introduite une bactérie issue du sol, appelée Bacillus Thuringiensis (BT). Cette bactérie contient une protéine qui tue trois espèces de vers meurtriers pour le coton . Le BT était utilisé depuis 1950 sous forme d’insecticide répandu par hélicoptère. En Inde, de tels traitements sont répétés une dizaine de fois par an, ce qui coûte évidemment très cher et a des effets écologiques négatifs. Le « BT cotton » permet d’éviter ces traitements, il donne un meilleur rendement et une fibre de meilleure qualité.

En 1998, une firme privée, Maharashtra Hybrid Seeds Company ( Mahyco), entreprit de tester le BT cotton sur des champs expérimentaux dans plusieurs provinces, sous la supervision de deux organismes de l’Etat Indien, le « Council for Agricultural Research », et le « Department of Biotechnology. »

Lorsqu’ils apprirent cela, des écologistes barbares brûlèrent les plantations dans deux des provinces. l’Etat, prét à  capituler ici comme ailleurs devant les violences, exigea de nouveaux tests avant d’autoriser la vente des graines, bien que les essais menés depuis trois ans n’eussent montré aucun dommage pour les animaux ou les plantes environnantes.

Mais dans la province de Gujarat, quelques centaines de fermiers astucieux arrivèrent à  se procurer tout de méme des graines sous le manteau. En 2000 et 2001, quelque 4500 hectares de BT Cotton furent ainsi plantés illégalement. Le pot aux roses fut découvert parce qu’en 2001 une attaque particulièrement virulente de l’un des vers parasites dévasta les plantations environnantes mais laissa intactes les plantations de BT cotton. Le gouvernement prit ombrage et ordonna de brûler les récoltes sur pied!

Cette attitude était d’autant plus déconcertante que le BT était déjà  très largement répandu dans d’autres pays du monde. Il est commercialisé aux Etats-Unis depuis 1996. En Chine, il couvre trois millions d’hectares! Alors, direz vous, le gouvernement Indien est idiot? Eh bien pas plus que les gouvernements européens qui ont introduit un moratoire sur des grains transgéniques que les américains consomment tous les jours!

Aux dernières nouvelles, il semble que le gouvernement indien se soit rendu aux raisons des fermiers en colère et ait décidé d’accepter l’usage du BT cotton.

Cette histoire montre à  elle seule toutes les facettes d’une situation absurde qui se reproduit dans divers endroits du monde, et qui peut se résumer ainsi :

  • Des recherches sont effectuées pour produire des plantes transgéniques jouissant de propriétés utiles
  • soit pour les agriculteurs, et tout particulièrement ceux du tiers monde
  • soit pour la protection de l’environnement
  • soit pour les consommateurs

et souvent pour les trois à  la fois.

  • Ces recherches sont effectuées par des universités, des institutions publiques, ou des sociétés privées, sous le contrôle d’organismes publics tels que l’Organisation Mondiale de la Santé, la Food and Drug Administration aux Etats-Unis, ou les ministères de l’agriculture et de la santé en France. Ce contrôle est nécessaire pour s’assurer que les essais, comme les plantes obtenues, ne présentent ni dangers écologiques, ni dangers pour la santé.
  • Des fanatiques qui se croient investis d’une mission de salut public saccagent les laboratoires ou les plantations expérimentales.

  • Des chercheurs ont peur de ces terroristes et abandonnent leur recherche. Des consommateurs, intoxiqués par la propagande boudent les produits transgéniques autorisés, et des hommes politiques, d’autant plus inquiets qu’ils sont moins compétents, introduisent des moratoires.

  • Pendant ce temps, dans un certain nombre de pays où les gouvernements font confiance à  leurs scientifiques et où les consommateurs sont plus hardis, les plantations transgéniques se développent allègrement.

La transgenèse ouvre des perspectives considérables à  l’agriculture, et notamment à  l’agriculture dans les pays pauvres. Elle permet de créer des plantes ayant des propriétés particulièrement utiles aux paysans pauvres qui n’ont pas les moyens de lutter contre les maladies des plantes ou d’acheter des engrais : résistance aux maladies (qui sont responsables de la perte de 30% des récoltes), résistance aux herbicides, amélioration des qualités nutritives et du goût, adaptation aux sols salés ou alcalins, résistance au froid et aux courants d’air, détoxification des sols par captation de métaux lourds, production de molécules utilisables pour fabriquer des huiles, des détergents, des fibres, et méme des combustibles pour se chauffer.

Les feuilles ou les graines de certaines plantes transgéniques peuvent étre une source bon marché de protéines ayant des propriétés thérapeutiques (insuline, hormone de croissance, interféron, anticorps divers, etc.)

Certaines plantes transgéniques, comme le riz doré, pourraient contribuer à  réduire les graves déficits en vitamine A et en fer qui frappent un nombre considérable d’étres humains.

Des chercheurs de l’Université Cornell, aux Etats-Unis, viennent de mettre au point un riz à  concentration élevée en tréhalose, un sucre que l’on trouve aussi chez les bactéries, les champignons et les invertébrés et qui permet une résistance accrue à  la sécheresse et à  la teneur du sol en sel. Ce riz est capable de résister à  des sécheresses intenses et de renaître à  la moindre goutte de pluie. De méme, il survit dans des sols contenant 50% plus de sel que les zones de culture considérées comme très salées. Enfin il supporte des températures inférieures de dix degrés à  celles que peut supporter la variété non transgénique. Des essais qui dureront plusieurs années – à  condition que les barbares ne les détruisent pas – vont permettre de vérifier si ces résistances se conservent en plein champ.

Des Chercheurs de la méme université ont créé une variété de banane qui contient un vaccin contre l’hépatite B. Une seule banane inocule le vaccin à  un enfant pour un cinquantième du prix d’une piqûre, et avec moins de larmes.

De temps en temps, un insecte prolifère et ravage les plantations sur de vastes zones, voire la planète entière, sans que l’on trouve des moyens vraiment satisfaisants de lutter contre le fléau. Le remplacement de la plante par une variété transgénique résistant à  l’insecte peut s’avérer la seule solution. C’est ainsi que depuis plusieurs années, le coléoptère Diabotrica ravage le maïs dans le Corn Belt nord-américain. Détectée en Europe pour la première fois en 1992, à  Belgrade, elle a connu depuis une progression inexorable. Les premières Diabotrica sont arrivées en France en 2002. Les traitements chimiques opérés en urgence ne permettent pas d’enrayer complètement leur progression. Or on sait qu’elles progressent au rythme de 20 à  40 km par an!

Les américains l’ont d’abord combattue avec des insecticides, mais des résistances sont apparues, nécessitant des produits toujours plus puissants. On a eu recours à  la rotation des cultures, afin que les larves, qui se nourrissent avec les racines du maïs, meurent de faim à  peine écloses. Mais certaines femelles ont pondu des œufs susceptibles de dormir plusieurs hivers, pour éclore sur des champs à  nouveau plantés en maïs, et il a fallu revenir aux produits chimiques. Une équipe suisse a découvert au Mexique un parasite des larves. Mais avant d’introduire ce moyen de lutte, il faut s’assurer qu’il ne risque pas d’attaquer d’autres coléoptères, puis de le produire en masse, ce qui prendra plusieurs années.

En attendant, les firmes Monsanto et Pioneer développent un maïs transgénique résistant à  la Diablotrica. Aux Etats-Unis un dossier de demande de commercialisation est en cours. En France, les deux sociétés procèdent à  des essais contrôlés par la commission du génie biomoléculaire, mais il faudra que bien des récoltes soient perdues avant que le gouvernement, terrorisé par les amis de José Bové, n’autorise sa commercialisation.

Le 8 janvier 1998, dans notre beau pays de France, dans cet Etat de droit où l’on apprend à  l’école qu’il ne faut pas se faire justice soi-méme, une centaine de personnes appartenant à  la Confédération Paysanne, conduites par José Bové et René Riesel envahissent un entrepôt de Nérac, et arrosent d’eau un stock de semences transgéniques pour les rendre impropres à  l’usage. Le 5 juin 1999, les mémes, entraînant encore une centaine de personnes, pénètrent par effraction dans une serre du Cirad, organisme public de recherche agronomique. Devant les journalistes convoqués pour l’occasion, la bande procède à  la destruction d’ordinateurs et de milliers de plans de riz génétiquement modifiés pour améliorer sa résistance à  la sécheresse et la salinité. Incidemment, elle détruisait aussi l’émulation salutaire qui existait entre le Cirad et l’université de Cornell qui fait des travaux sur le méme sujet, comme nous l’avons vu plus haut. En avril 2000, la méme bande saccageait un champ expérimental de maïs transgénique produisant un médicament, la lipase gastrique, destiné à  sauver des vies d’enfants atteints de viscomucose. (Entre temps, Bové et quelques comparses avaient séquestré 3 fonctionnaires de la préfecture de Rodez (mars 99), et détruit un Mc Donald à  Millau (août 99), exploits sans rapports connus avec la biotechnique).

Dans les différents endroits du monde où de tels méfaits se sont produits, un des griefs mis en avant par les barbares est que le développement des OGM est fait par des compagnies privées pour accroître leurs profits au détriment du tiers monde. C’est faire preuve d’une ignorance qui confine à  la stupidité :

  • d’abord parce que beaucoup de découvertes utiles sont faites dans des universités et des instituts de recherche publics. Or ce sont celles là  que les barbares détruisent, car les compagnies privées se protègent mieux.
  • ensuite parce que les sociétés privées ont une incitation beaucoup plus forte que les organismes publics à  ne pas commettre d’erreur sur le plan de l’environnement ou de la santé. Pour elles c’est simplement une question de survie.

  • enfin parce qu’elles sont bien obligées de fabriquer des produits assez bon marché pour que les gens qui en ont besoin les achètent.

  • Il est décevant d’avoir à  expliquer des choses aussi évidentes.

    La position d’ATTAC sur ces sujets est embarrassée, voire incohérente. Un membre du conseil scientifique, le professeur Harribey, a déclaré à  Pau devant 200 étudiants qu’ATTAC n’est pas contre la biogénétique, il exige seulement que les expériences se fassent dans des conditions contrôlées excluant tout danger. Pourtant ATTAC accorde un soutien sans faille à  José Bové, qui d’ailleurs le lui rend bien. Jacques Dufour, président de la Confédération Paysanne, est membre du comité directeur d’ATTAC. En revanche, René Riesel, l’ancien secrétaire national, condamné lui aussi à  quatorze mois de prison a quitté la confédération au moment de l’épisode Mc Donald, et s’est démarqué à  la fois de Bové et d’ATTAC. « ATTAC et les citoyennistes, dit-il, sont des néo-étatistes… ils ne sont que d’anciens gauchistes, d’anciens staliniens, qui modernisent un peu leur discours ».

    Source : Jacques de Guenin pour Conscience Politique

     

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