Radio non grata réduite au silence

Plus de cinquante personnes sont en prison pour avoir créé un site d’informations indépendant, diffusé sur le Réseau des textes critiques envers le pouvoir, ou tout simplement surfé sur des pages interdites. La Tunisie, la Chine, le Viét-nam, Cuba et les Maldives font partie des prédateurs de la liberté sur le Net : ils censurent des centaines de sites, interceptent les e-mails, traquent et emprisonnent les cyberdissidents. Dans le méme temps, les dirigeants de ces pays paradent au Sommet mondial sur la société de l’information.

Reporters sans frontières a été contrainte d’interrompre la diffusion de Radio non grata, radio pirate lancée par l’organisation à  l’occasion du Sommet mondial sur la société de l’information (SMSI), qui émettait depuis le 9 décembre sur Genève et ses environs.

« Après avoir été interdits de parole par les Nations unies à  l’intérieur du Sommet, nous voilà  réduits au silence par les autorités françaises. », a déclaré Robert Ménard, secrétaire général de Reporters sans frontières. « A moins que quelqu’un se décide à  censurer aussi Internet, les émissions de Radio non grata sont toujours audibles sur notre site ! », a-t-il ajouté.

Le 10 décembre, à  13 heures, trois membres de l’Agence nationale des fréquences se sont rendus près de Ferney-Voltaire (à  8 km de Genève, sur le territoire français) afin de localiser l’émetteur de Radio non grata, situé en pleine campagne. Ils sont revenus une heure plus tard, accompagnés de gendarmes. Menacée de voir l’ensemble de son matériel saisi – émetteur mobile et groupe électrogène, Reporters sans frontières a décidé de mettre un terme à  cette opération, qui visait à  dénoncer son exclusion du SMSI et à  faire connaître les atteintes à  la liberté d’expression sur Internet commises par de nombreux Etats participants à  ce Sommet.

Le 24 juillet, le statut consultatif de Reporters sans frontières auprès des Nations unies avait été suspendu pour un an à  la demande de Cuba. Lors de l’inauguration de la session de la Commission des droits de l’homme (CDH) à  Genève, des militants de Reporters sans frontières avaient manifesté contre l’attribution de la présidence de la CDH au régime du colonel Kadhafi.

Radio non grata émettait sur 95.8 FM, en anglais et en français, à  Genève et dans ses environs. Elle diffusait un programme réalisé spécialement à  l’occasion du SMSI par Reporters sans frontières. La radio retransmettait notamment les interviews de Robert Ménard, Claude Moisy, ancien directeur de l’Agence France-Presse, Gérald Sapey, président de la section suisse de Reporters sans frontières, Jean-Claude Buhrer et Claude Levenson, co-auteurs du livre « L’ONU contre les droits de l’homme ? « , Patrice Mugny, conseiller administratif en charge des affaires culturelles de la Ville de Genève, Christian Ferrazino, maire de la Ville de Genève, Stéphane Koch, Président de l’Internet Society Geneva, Pamela Taylor, journaliste américaine, spécialiste des médias.

L’organisation rappelle que plus de cinquante personnes sont en prison pour avoir créé un site d’informations indépendant, diffusé sur le Réseau des textes critiques envers le pouvoir, ou tout simplement surfé sur des pages interdites. La Tunisie, la Chine, le Viét-nam, Cuba et les Maldives font partie des prédateurs de la liberté sur le Net : ils censurent des centaines de sites, interceptent les e-mails, traquent et emprisonnent les cyberdissidents. Dans le méme temps, les dirigeants de ces pays paradent au Sommet mondial sur la société de l’information.

 

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