Un rituel funéraire chez les chimpanzés

La vie sur Terre peut sembler un peu solitaire quand on considère que nous sommes incapables de communiquer avec le reste du règne animal. Imaginez les merveilles du monde naturel que nous pourrions découvrir si nous pouvions entendre les contes des baleines sur la mer profonde ou des oiseaux migrateurs. Malheureusement, pour diverses raisons, les humains restent seuls à posséder un langage syntaxique permettant une conversation abstraite.  Même si nous essayons d’enseigner à un de nos parents génétiques les plus proches, le chimpanzé, l’emploi du langage, il semble que les humains soient voués à être forcés de parler uniquement entre eux. Les chimpanzés peuvent être génétiquement semblables à nous, mais nous sommes très différents physiquement, intellectuellement et socialement.

Cependant, une observation rare et sans précédent au Chimfunshi Wildlife Orphanage Trust en Zambie a fait se demander aux primatologues s’ils n’avaient pas été témoins d’une percée dans la compréhension par les chimpanzés du comportement social. Des chercheurs de l’Université de St Andrews ont observé un groupe de chimpanzés à l’orphelinat des chimpanzés lorsqu’ils ont découvert la mort d’un jeune male qu’ils appelaient Thomas. Un groupe de chimpanzés s’était rassemblé autour du cadavre quand, à la surprise des chercheurs, la mère adoptive de Thomas Noel a commencé à nettoyer les dents du cadavre avec des brins d’herbe.

Noel résista même à être attiré par la nourriture offerte par les gardiens.

Noel resta près du corps même après que les autres chimpanzés soient partis. Selon la publication de l’équipe dans Scientific Reports, ils croient que c’est le premier exemple connu d’un tel rituel funéraire exécuté par les chimpanzés:

Nous considérons le nettoyage des dents d’un cadavre par Noel remarquable pour plusieurs raisons. D’abord et avant tout, à ce jour, ce comportement n’a jamais été signalé chez les chimpanzés ou d’autres espèces animales non humaines. […] En outre, les enregistrements des réponses à la mort chez les animaux non humains à ce jour ne contiennent aucun élément sur l’utilisation d’outil.

D’autres chercheurs ont cependant pris soin de noter que, puisqu’il s’agit du premier exemple connu d’un tel comportement social, il pourrait être trop tôt pour conclure. Étant donné que peu de recherches ont été menées sur les réponses à la mort chez les animaux, cette recherche pourrait ouvrir de nouvelles voies pour mieux comprendre nos voisins animaux.

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