Saisie historique au Québec dans un chenil de l’horreur

Des représentants de Humane Society International examinent des chiens lors de la super saisie de chiens du 17 septembre dernier en Outaouais au Québec. (Source photo: Humane Society International Canada)

La plus grande saisie de chiens de l’histoire du Québec

Le 17 septembre 2011 a eu lieu en Outaouais la plus grande saisie de chiens de l’histoire de la province de Québec. En tout, 527 chiens ont été tirés d’un chenil insalubre que plusieurs soupçonnent d’être ce qu’on surnomme une usine à chiots. Le MAPAQ (ministère de l’Agriculture, Pêcheries et Alimentation du Québec), la HSI (Humane Society International Canada), l’Association des techniciens en santé animale du Québec ainsi que des bénévoles ont procédé ensemble au succès de l’opération. Cette saisie a eu lieu en vertu de l’application de la Loi québécoise sur la protection sanitaire des animaux (P-42). Les inspecteurs du MAPAQ ont pu constater de nombreuses infractions en matière de sécurité et de bien-être des animaux et ont décidé d’intervenir. C’est l’organisme de protection des animaux ANIMA-QUÉBEC mandaté par le MAPAQ qui a pris en charge les animaux sortis de cet enfer. Il faut souligner le travail remarquable de la Humane Society International qui a fournis une bonne logistique et qui possède une bonne expérience dans ce genre d’opération. Une aide dont le MAPAQ ne pouvait se passer vu les maigres ressources dont dispose ce ministère.

La vidéo de l’intervention du MAPAQ et de Humane Society International en Outaouais.

Entre 800 et 2,000 usines à chiots au Québec

Au Québec, le MAPAQ et ANIMA-QUÉBEC sont supposés enquêter sur les cas de cruauté animale sur le territoire québécois. Malgré cette saisie majeure beaucoup de travail reste à faire et il resterait en activité entre 800 usines à chiots selon les estimations optimistes et 2,000 pour les estimations pessimistes. Mais comment le Québec en est-il arrivé là? Certains pointent l’inaction du MAPAQ et d’ANIMA-QUÉBEC qui semble faire des saisies de temps en temps davantage pour calmer la colère des militants pour les droits des animaux que pour vraiment redresser la situation. Les lois du Québec en ce qui concerne les usines à chiots sont très permissive et dernièrement le ministre Corbeil du MAPAQ a lui-même déclaré que « si les gens font les choses de façon adéquate, la quantité n’est pas nécessairement un critère », ce qui est un encouragement à la surproduction d’animaux de compagnie. La loi québécoise ne prévois pas de pénalité pour le nombre d’animaux de compagnie détenus, il y a juste des interventions quant les règles de salubrité et de bien-être animal sont violées.
Opération de propagande médiatique ou volonté politique réelle?

Pour l’instant, il est difficile de savoir si cette saisie découle d’une réelle volonté du MAPAQ de changer les choses ou que cette opération est juste une opération médiatique pour redorer son blason (ce que plusieurs militants pour les animaux affirment vu l’inaction du MAPAQ dans le dossier des usines à  chiots ces dernières années). Il ne faut pas oublier non plus, qu’on parle ici du Québec. Par exemple, dans la « Belle Province » la chasse aux phoques est considérée une activité respectueuse des animaux par le MAPAQ qui se démène pour commercialiser les produits du phoque malgré les condamnations de cette chasse à l’échelle du globe. Avec un niveau de tolérance aussi élevé dans l’acceptation de la cruauté animale dans une organisation politique, il ne faut pas se surprendre de l’immobilisme du MAPAQ dans le dossier des usines à chiots. Au moment où j’écris ces lignes, on ne sait même pas si les propriétaires victime de la présente saisie seront poursuivis devant la justice par un juge. Le sort des animaux est incertain également, un juge devrait statuer sur leur sort dans les prochaines semaines. Il y a donc une possibilité que les propriétaires de ce chenil puissent récupérer les animaux! L’important dans les résultats de cette saisie est qu’elle éclaire d’un jour nouveau l’existence réelle de centre de production de chiens vivant dans des conditions misérables. Ces animaux sont ensuite vendus par Internet dans les petites annonces ou souvent dans les animaleries. Le public québécois et d’ailleurs a maintenant une idée des horreurs que permet les lacunes de la législation québécoise en frais d’animaux de compagnie. Mais est-ce que le peuple québécois oubliera ces images la semaine prochaine comme il le fait souvent? Est-ce que les autorités politiques vont attendre que la tempête passe pour calmer le jeu ou réellement légiférer?
L’appât du gain avant, le bien-être animal après

On peut deviner que plus le nombre de chiens dans une usine à chiots/chenil est élevé, plus la gestion d’un tel centre d’élevage doit poser problèmes. Dans le cas de la saisie de l’Outaouais, comment une poignée de personne pensait s’occuper de façon correcte de 500 chiens? Le propriétaire d’un seul chien sait le boulot que cela représente, alors multiplier ce chiffre par plus de 500. Il est donc complètement farfelu de croire qu’une poignée de personnes qui possède un chenil ou usine à chiots comme dans ce reportage, peuvent s’occuper humainement de 500 chiens en même temps. Ce genre d’élevage motivé par l’appât du gain amène de la négligence et des abus. Des chiens meurent de mauvais traitements ou maladies? Pas grave, il en reste 498 à vendre. Une des conséquences majeures de l’existence de ces usines à chiots et méga chenils  est qu’ils sont une des causes majeures de la surpopulation des animaux de compagnie au Québec. Nous avons d’ailleurs traité dans un précédent article la relation malsaine qui existe entre certaines fourrières à but lucratif et les usines à chiots. Qu’on se souvienne de toute la saga du Berger Blanc qui continue d’alimenter la colère au Québec. Les efforts des militants pour les droits des animaux ont cependant commencé à porter des fruits. Des arrondissements de Montréal ont cessé de faire affaire avec le Berger Blanc et la réputation de cette fourrière à but lucratif a été sérieusement entachée.
Favoriser l’adoption dans les refuges et fourrières à but non-lucratif

Les refuges québécois et les fourrières à but non-lucratif partagent en général une éthique animale saine (vaccination, bons soins, stérilisation, amour des animaux) et proposent pour adoption à prix abordable une grande quantité d’animaux de toutes les races pour donner une seconde chance à ceux-ci. Bref, la multiplication des animaux dans les usines à chiots et chenils n’aide pas à l’adoption dans les fourrières à but non-lucratifs et refuges. Chaque fois qu’une personne achète un animal dans une usine à chiots, elle encourage un système cruel d’exploitation qui se fait sur le dos des animaux, conditions de vie insalubre, absence de liberté, femelles constamment en gestation et sans doute brutalité. Les usines à chiots et les chenils de l’horreur (un peu comme montre ce vidéo) causent une multiplication anarchique d’animaux de compagnie alors que des animaux sont déjà disponible en quantité pour adoption dans les refuges et fourrières à but non-lucratif.
Du pain sur la planche
J’ai trouvé qu’il était important de faire partager ces images dans un média européen considérant qu’au Québec quant des problèmes de ce genre surviennent, la tendance est de les étouffer et d’attendre que la tempête passe. C’est d’ailleurs la politique du gouvernement de Jean Charest depuis qu’il est au pouvoir. Des militants pour les droits des animaux travaillent depuis des années à faire fermer ces usines à chiots et se heurte à l’immobilisme de l’appareil politique québécois. Le MAPAQ est responsable de la stagnation de la situation et c’est à lui de légiférer de façon sévère pour que le Québec traite bien ses animaux de compagnie et combatte efficacement et sans cruauté la surpopulation animale. Le gouvernement du Québec devrait au moins faire des lois pour limiter la production des animaux autant dans les usines à chiots que chez les éleveurs honnêtes d’animaux de races. La moindre des choses serait d’imposer des quotas de reproduction à ces « entreprises », si ce n’est la fermeture totale dans certains cas. Il est essentiel aussi que les lois soient plus sévères envers les contrevenants en ce qui a trait aux amendes et peine de prison, question de décourager ceux qui ont l’intention de violer les lois. Enfin un nombre suffisant d’inspecteur doit être embauché afin de faire respecter la loi, car sans inspecteurs, toutes lois est sans yeux. A date le MAPAQ dispose de seulement 40 inspecteurs pour un territoire plusieurs fois plus gros que la France…

Vous pouvez aider les militants d’ici aussi

Pour aider à régler cette situation au Québec et aider les militants québécois dans leur lutte, vous pouvez aider en portant plainte aux autorités politiques québécoises et autres intervenants et leur faire part de votre indignation. Comme vous l’avez fait avec succès dans le cas de la chasse aux phoques, vous avez parfaitement le droit de manifester votre rejet des pratiques qui semblent  être tolérées ici par le gouvernement du Québec. Je considère qu’avec des pressions venant autant de l’intérieur que de l’extérieur de la province, le gouvernement Charest n’aura pas le choix de bouger en faveur des animaux de compagnie. Un  projet de règlement sur la sécurité et le bien-être des chats et des chiens est d’ailleurs en préparation par le MAPAQ et celui-ci aura une importance capitale pour la suite des choses, C’est le temps d’agir et de se faire entendre avant que la version finale de ce projet de loi sorte.

Un geste pour les animaux

Voici des liens Internet et des courriels pour que vous puissiez partager votre indignation avec les Québécois et tenter d’influencer les décideurs québécois. Soyez poli et constructif dans vos commentaires S.V.P.

Se plaindre à ANIMA-QUÉBEC:

http://web.archive.org/web/20120428194738/http://www.animaquebec.com:80/contact

Courriel: info@animaquebec.com

Se plaindre au MAPAQ:

Vous pouvez féliciter le MAPAQ pour cette saisie record mais aussi leur rappeler que 99% du boulot reste à faire. Les chiffres pour le nombre d’usines à chiots varient entre 800 pour les estimations optimistes et 2,000 pour les estimations pessimistes. Si on fait un calcul mental et qu’on calcule 2,000 x 500 chiens et on arrive au chiffre de 1,000,000 de chiens dans les usines à chiots. Mais on va diminuer ce chiffre vu que toutes ces usines ont pas 500 chiens et on va le baisser à 250 chiens disons. On arrive quant même à 500,000 chiens, la plupart maintenue dans des conditions comme ce vidéo. Certains endroits sont même sans doute pires.
http://www.mapaq.gouv.qc.ca/fr/nousjoindre/Pages/formulairequestions.aspx

Courriel: ministre.mapaq@mapaq.gouv.qc.ca

Sources:

http://www.marketwire.com/press-release/hsi-canada-assiste-le-gouvernement-dans-le-sauvetage-de-plus-de-400-chiens-negliges-1562333.htm

http://fr.canoe.ca/infos/quebeccanada/politiqueprovinciale/archives/2011/09/20110918-121630.html

http://www.24hmontreal.canoe.ca/24hmontreal/actualites/archives/2011/09/20110917-115029.html

http://www.mapaq.gouv.qc.ca/fr/Pages/Accueil.aspx
http://www.animaquebec.com/
http://www.hsicanada.ca/

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