Surpêche

Plein de poisson dans les océans?

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Entraînée par le marché du sushi au Japon, la demande mondiale de la succulente chair de thon a poussé les stocks des espèces autrefois omniprésentes au bord de l’effondrement. Les espèces en Méditerranée sont particulièrement en péril, certaines études montrent que le très prisé thon rouge est proche de l’extinction Photographie par Jose Luis Roca / AFP / Getty Images.

La surpêche océanique est tout simplement la prise de la faune de la mer à un taux trop élevé pour que les espèces pêchées puissent se remplacer par elles-même. La première surpêche a eu lieu dans les années 1800 quand les humains, cherchant de la graisse pour les lampes à huile ont décimé la population de baleine. Certains poissons que nous mangeons comme la morue, le hareng et les sardines de Californie, ont également été pêchées jusqu’à la quasi extinction dans les années 50.

Ces épuisements des stocks régionaux et isolés, très perturbateurs pour la chaîne alimentaire, sont devenus mondiaux et catastrophiques à la fin du 20e siècle.

Quand cela a-t’il commencé?

Les océanographes savent quand la surpêche généralisée des mers a commencé. Et ils ont une assez bonne idée du moment où, si rien n’est fait, elle se terminera.

Dans le milieu du 20e siècle, les efforts internationaux visant à accroître la disponibilité et l’abordabilité des aliments riches en protéines ont conduit à des efforts concertés des gouvernements pour accroître la capacité de pêche. Des politiques favorables, des prêts et des subventions ont engendré une hausse rapide des grandes opérations de pêche industrielle, qui ont supplanté rapidement petits pêcheurs en tant que source mondiale de produits de la mer.

Ces grandes flottes commerciales à but lucratif étaient extrêmement agressives, elles récuraient les océans de la planète et développaient de méthodes et des technologies toujours plus sophistiquées pour trouver, extraire, et traiter leurs espèces cibles. Les consommateurs se sont bientôt habitués à avoir accès à une large sélection d’espèces de poissons à des prix abordables.

Mais en 1989, quand environ 90 millions de tonnes de prises ont été prélevées dans l’océan, l’industrie avait atteint son sommet, et depuis les rendements ont diminué ou stagné. Les pêches des espèces les plus recherchées comme l’hoplostète orange, le loup de mer chilien, et le thon rouge se sont effondrées. En 2003, un rapport scientifique estimait que la pêche industrielle avait réduit le nombre de gros poissons de l’océan à seulement 10 pour cent de leur population pré-industrielle.

Quand cela finita-t’il?

Face à l’effondrement des populations de grands poissons, les flottes commerciales vont plus profondément dans l’océan et détruisent la chaîne alimentaire pour des captures rentables. Ce soi-disant «pêche en profondeur » est le déclenchement d’une réaction en chaîne qui bouleverse l’ancien et délicat équilibre du système biologique de la mer.

Une étude des données des prises publiées en 2006 dans la revue Science prédit sombrement que si les taux de pêche continuent au même rythme, toutes les pêches du monde s’effondreront en 2048.

Et après?

Au cours des 55 dernières années, comme la pêche a connu des rendements de plus en plus faibles, les humains ont commencé à comprendre que les océans  que nous avions supposés indéfiniment vastes et riches étaient en fait très vulnérables et sensibles. Si nous additionnons la surpêche, la pollution, le changement climatique, la destruction de l’habitat et l’acidification, l’image d’un système en crise émerge.

De nombreux scientifiques affirment que la plupart des populations de poissons pourraient être restaurées avec une gestion agressive de la pêche: une meilleure application des lois régissant les prises, et l’utilisation accrue de l’aquaculture. Et dans de nombreuses régions, il y a des raisons d’espérer. Mais la pêche illégale et l’exploitation non durable sont des fléaux qui nuisent encore à l’industrie. Et un public habitué à l’idée d’une mer abondante et largement indifférent à la situation des océans complique les efforts pour réparer les dégâts que nous avons faits.

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