Templiers et Arche d’Alliance

Le 25 octobre dernier, le Vatican a publié un document, resté dans les archives secrètes pendant sept cent ans. Il s’agit du rapport d’enquête officiel de l’Église sur les activités des Chevaliers du Temple au début du quatorzième siècle. En octobre 1306, ces croisés furent jugés coupables d’idolâtrie, de blasphème et d’hérésie. Leur ordre fut dissous. Certains furent brûlés vif, d’autres furent emprisonnés et la plupart d’entre eux furent dépouillés de leurs biens. étonnamment, ce document extraordinaire révèle que l’enquête du Vatican n’a trouvée aucune preuve de méfait. C’est le Pape Clément V , en personne, qui est intervenu directement et a déclaré les Templiers hérétiques. Le rapport semble indiquer que le pontife voulait leur richesse. On dit qu’elles auraient compris des trésors appartenant au Temple de Jérusalem. Ces trésors furent perdus lors du pillage dans l’antiquité.

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Bien que les dirigeants des Templiers fussent arrêtés et torturés, que toutes leurs terres aient été saisies, on ne découvrit jamais ce trésor fabuleux. La plupart des historiens doute de l’existence du trésor des Templiers. Cependant, mes travaux indiquent que l’une des reliques antiques, qui aurait été en leur possession pourrait avoir été cachée dans le centre du Royaume Uni.

Des reliques sacrées

Au coeur de l’Angleterre, près de Stratford-upon-Avon, la célèbre ville natale de Shakespeare, se trouve le village nommé Temple Herdewyke. Il tire son nom des Templiers qui autrefois y habitaient. Après la Troisième Croisade à la fin du douzième siècle, ces Templiers revinrent de Terre Sainte pour construire une chapelle destinée à abriter des reliques saintes qu’ils affirmaient avoir découvertes. Beaucoup de Croisés rentraient chez eux avec des objets prétendument associés avec les débuts du Judaïsme et du Christianisme, et des personnages ou des évènements de la Bible. Mais on dit que les chevaliers de Temple Herdewyke auraient découvert le plus célèbre objet de tous: l’Arche d’Alliance. Du moins selon les légendes locales.

Chevalier du Temple
Chevalier du Temple

Ils ont certainement affirmé avoir trouvé ce qui semble avoir été considéré comme des reliques sacrées à l’époque. Les archives contemporaines de la propriété foncière révèlent qu’en 1192 la chapelle abritait certains objets sacrés  que les Templiers avaient acquis en Terre Sainte, dont une grande caisse d’or. C’est exactement ce qu’aurait été l’Arche de l’Alliance.

D’après l’Ancien Testament, il s’agissait d’un grand coffre doré, construit pour les Table de la Loi. Elle fut perdue lorsque les Babyloniens pillèrent Jérusalem en 587 avant JC.

Des messages secrets

Bien que les Templiers fussent rassemblés en 1306, certains échappèrent à la capture. Six cent ans plus tard, un historien britannique suggérait qu’ils auraient réussi à survivre à Temple Herdewyke jusqu’en 1350, où ils furent anéantis par la Peste Noire.

La chapelle des Templiers à Temple Herdewyke, maintenant convertie en une maison, avec Phoenix Beacon sur la colline derrière. (Photographie © de Graham Phillips)
La chapelle des Templiers à Temple Herdewyke, maintenant convertie en une maison, avec Phoenix Beacon sur la colline derrière. (Photographie © de Graham Phillips)

Jacob Cove-Jones, qui vivait dans la région, pensait non seulement qu’ils possédaient l’Arche perdue mais affirmait également avoir découvert sa cachette secrète. Après s’être disputé avec d’autres érudits qui ridiculisaient ses travaux, Cove-Jones refusa de révéler ses découvertes.

Jacob Cove-Jones
Jacob Cove-Jones

Il avait l’intention de mener des fouilles mais malheureusement ne put le faire. En 1906, il attrapa la tuberculose et décida d’emmener son secret dans la tombe. Enfin presque.  Sachant qu’il ne lui restait que peu de temps à vivre, l’historien excentrique laissa derrière lui une épitaphe étrange. Il dessina un vitrail qu’il offrit et fit installer dans une nouvelle église qu’on construisait près de chez lui dans le village de Langley. De façon étonnante, il annonça dans son lit de mort que le vitrail contenait une série d’indices menant à l’endroit où il était sûr de trouver l’Arche.

Beaucoup le considéraient comme un doux illuminé, d’autres tentèrent de déchiffrer le code mais sans succès. Je reste personnellement convaincu que cet érudit victorien savait vraiment où était caché l’Arche, ou si d’ailleurs, les Templiers avaient jamais découvert l’Arche. Néanmoins; Jacob Cove-Jone semble certainement y avoir cru.  Il s’est donné beaucoup de mal à laisser son message crypté. C’était, j’ai décidé, probablement que le vitrail cachait des indices menant à quelque chose. S’agissait-il de l’Arche perdue, cela reste à voir. Cela vaut certainement une étude de ce mystère victorien vieux d’un siècle.

Des indices dans le vitrail de l’épiphanie

Achevée en 1906, l’année de la mort de Cove-Jones, la chapelle de Langley est l’une des plus petites églises d’Angleterre. Le vitrail est installé dans un mur latéral. On l’appelle: Vitrail de l’Epiphanie. Il représente les trois Rois Mages rendant visite à Jésus à l’Epiphanie, la douzième nuit après Noël, entre le 5 et le 6 janvier. L’évangile de Mathieu raconte que trois mystiques d’Orient ont suivi une étoile miraculeuse qui les a menés à Bethlehem où le Christ était né. Selon la tradition chrétienne, les Rois Mages finirent par trouver Jésus quand un coq chanta à minuit sur le toit du bâtiment où dormait Jésus. Le vitrail montre les Rois Mages offrant l’or, l’encens et la myrrhe, louant l’enfant dans les bras de sa mère. Au-dessus d’eux se tient le coq couronné et l’étoile merveilleuse.

Vitrail de l'Epiphanie ((Photographie ©by Graham Phillips)
Vitrail de l’Epiphanie ((Photographie ©by Graham Phillips)

Etrangement, le vitrail ne représente pas l’Arche. Pourquoi la Nativité me demandais-je? On dit que les Roi Mages ont trouvé Jésus en suivant une étoile. Est-ce qu’une étoile pourrait être l’indice vital de Jacob Cove-Jones? Le chercheur nous disait-il de suivre une étoile?

L’Arche d’Alliance est en fait associée aux étoiles: deux pour être précis. La Bible décrit l’Arche avec des statuettes de deux anges sur son couvercle. On dit qu’elles représente Michael et Grabriel qui, selon la tradition hébraïque, sont représentés dans le ciel par les étoiles Benetnash et Mizar, les étoiles de la queue de ce que nous appelons de nos jours la Grande Ourse.

Le vitrail semble montrer en fait deux étoiles, l’une chevauchant l’autre. Juste à droite de ce dessin, il y a les lettres B et M, les initiales même de ces étoiles. Si ces corps célestes indiquent d’une manière ou d’une autre l’emplacement de l’Arche cachée, il faut savoir d’où et quand les observer.

Gros plan du vitrail de l'Epiphanie, montrant la double étoile, le coq, le phénix, et les lettres B et M. L'arc de brique rouge peut être vu directement sous l'étoile. (Photographie © de Graham Phillips)
Gros plan du vitrail de l’Epiphanie, montrant la double étoile, le coq, le phénix, et les lettres B et M. L’arc de brique rouge peut être vu directement sous l’étoile. (Photographie © de Graham Phillips)

Est-que le Phénix montre le chemin?

J’ai décidé que le jour précis était indiqué par l’évènement représenté sur le vitrail; l’Epiphanie, la douzième nuit après Noël. Le moment précis est révélé par le coq près de l’étoile. On dit qu’il a chanté à minuit. L’endroit, me semble-t’il, est indiqué par deux images opportunes. L’oiseau de feu, le Phénix sortant des flammes, est représenté entre les lettres B et M. Au sommet d’une colline surplombant Temple Herdewyke, il y a une tour ronde particulière appelée Phoenix Beacon (le Phare du Phénix).

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L’image centrale du vitrrail del’Epiphanie et Phoenix Beacoon, la tour ronde qu’elle semble représenter. (Photographie © de Graham Phillips)

De fait, l’image du centre du vitrail  une ressemblance frappante avec la tour et son toit typique en forme de cône et ses murs crénelés. Elle est représentée comme un récipient porté par l’un des personnages.  De plus elle porte une autre représentation du Phénix et les mots latins « Nous sommes venus et avons adoré ». J’étais dès lors convaincu que Cove-Jones voulait que le chercheur observe les étoiles à minuit lors de la nuit de l’Epiphanie de la tour. A cette heure exacte, les deux étoiles sont bas dans le ciel et vues de Phoenix Beacon, elles pointent presque directement les pieds d’une colline à l’horizon et plus précisément un petit village nommé Chapel Green.

Phoenix Beacon, montrant la position de la Grande Ourse à minuit le 5 janvier, avec les deux étoiles de queue, Benetnasch et Mizar, pointant vers le bas.
Phoenix Beacon, montrant la position de la Grande Ourse à minuit le 5 janvier, avec les deux étoiles de queue, Benetnasch et Mizar, pointant vers le bas.

Enquête

Chapel Green tire son nom d’une chapelle médiévale qui se trouvait à cet endroit. Tout ce qui reste aujourd’hui est une fontaine victorienne sur le bord de la route. Elle est de l’époque de Cove-Jones, c’est une structure rectangulaire en brique rouge, avec une niche en forme d’arche incrustée. Elle ressemble beaucoup à l’arche de brique rouge représentée sur le vitrail, juste sous l’étoile.

 

La fontaine à Chapel Green. (Photographie © de Graham Phillips)
La fontaine à Chapel Green. (Photographie © de Graham Phillips)

Convaincu que c’était exactement l’endroit où les indices du vitrail de l’Epiphanie étaient censés mener, j’ai organisé une étude géophysique de la région, mais bien que nous ayons découvert la trace de la chapelle d’origine, rien de fait en or ou ressemblant à l’Arche ne semblait être là. Tragiquement, en 1949, la ruelle a été élargie et les ruines de la chapelle centenaire ont été détruites. Peut-être que les ouvriers impliqués avaient-ils déterré tout ce qui s’y trouvait. Si c’était l’Arche perdue, ils n’ont rien dit.

À l’heure actuelle, j’essaie de découvrir qui étaient les ouvriers, afin que je puisse retrouver leurs parents vivants. Peut-être – juste peut-être – quelqu’un dans le centre de l’Angleterre sait encore où se trouve l’Arche de l’Alliance, le vaisselle décrit par Indiana Jones comme étant « une radio pour parler à Dieu. »

Pour plus d’information sur les recherches : le site de Graham Phillips

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