Tuez-les tous, Dieu reconnaîtra les siens

Si une Guerre a bien été désirée, c’est celle menée actuellement, et tout a débuté au Soudan en 1992. A cette époque, les dirigeants des pays islamiques se sont réunis à  Khartoum. Le but : islamiser l’occident. La religion deviendra une arme. Le choc des civilisations a débuté.

Dans l’inconscient collectif occidental, au terme d’amalgames parfois abusifs et de schémas réducteurs l’univers arabo-islamique est souvent présenté en termes de menace. Il convient donc de bien distinguer l’islam en tant que religion de l’islamisme qui dans son acception la plus large regroupe les mouvements contemporains qui pensent l’islam comme idéologie politique totalisante devant à  la fois s’implanter dans la société et dans l’Etat (O. Roy). L’islamisme se distingue par ailleurs du fondamentalisme qui prône pour sa part une application stricte de la loi (charia) sans exercer de pouvoir politique. Il sera important de ne pas mélanger Islam et Islamiste. Ici le Fléau est un nazisme oriental qui veut la perte de l’occident. Ce méme nazisme oriental est nourri pas un fascisme occidental pernitieux.

Mais voici une guerre d’un nouveau style qui rappellera une époque antique millénaire.

Le problème soulevé par Gilles Kepel, celui de la démocratisation des sociétés musulmanes, renvoie à  celui de la mondialisation libérale. Comme la période précédente de l’éclosion du mouvement islamiste s’est écoulée sur fond de guerre froide, puis de la volonté hégémonique des Etats-Unis, attisant les feux au gré de ses intéréts, comme aussi, de façon plus lointaine, le colonialisme avait façonné et instrumentalisé ces sociétés, l’avenir de tous ces peuples concernés (1 milliard d’hommes se réclame de la religion musulmane) sera lié aux enjeux économiques et commerciaux (ils sont nombreux.) qu’ils représentent.

En 1992, au Soudan :

Le Soudan est condamné par l’AG de l’ONU, le Parlement européen, le Congrès des USA, le Bureau international du travail, Amnesty international, pour pratique de l’esclavage, violation des droits de l’homme et des conventions (qu’il a signées) sur les droits de l’enfant. La politique de privatisation des entreprises publiques et de libéralisation économique enrichit la clientèle du pouvoir, et la pratique ancienne de l’évergétisme (dons et mécénats) devient un mode de consolidation du régime soudanais, Oussama ben Laden, chef de réseau du terrorisme islamiste, s’installe au Soudan. Les Béja sont dépossédés en sa faveur de la région du delta fertile de la rivière temporaire Gash, aux pieds des collines de la Mer Rouge. Khartoum instrumentalise les mouvements extrémistes musulmans en Ethiopie. Le régime soudanais tente de rassembler les Ethiopiens hostiles à  la politique de « fédéralisme ethnique » du régime éthiopien (qui n’autorise les partis politiques que s’ils sont des partis ethniques), mais il ne parvient pas à  s’allier les chrétiens, et joue sur les minorités musulmanes (Somalis) en instrumentalisant leur Union islamique (al-Ittihad al-Islami) pour commettre meurtres et attentats au nom du « Jihad ».

Quelques années plus tard, nous connaissons la suite et nous avons les effets aujourd’hui. Une guerre manichéenne est enclanchée. L’idée d’une guerre du bien contre le mal porte en elle les germes d’une guerre totale, qui asservit la politique à  sa logique et rend la démocratie insignifiante.

Si nous fixons notre attention sur les guerres récentes entreprises par les Etats-Unis, plusieurs similitudes significatives ressortent de l’analyse – qui n’interfèrent en rien, bien sûr, avec la spécificité géopolitique de chacune d’elles. Elles sont faites contre des adversaires diabolisés qui furent pour la plupart des alliés précieux avant que le vent tourne et qui deviennent soudain des monstres sanguinaires. Elles sont menées comme un combat du Bien contre le Mal, au nom de motifs humanitaires; le principe de  » mort zéro  » sous-tend ces opérations qui se réduisent essentiellement à  des raids aériens, à  des bombardements massifs au moyen d’appareils sophistiqués; les cibles civiles sont considérées médiatiquement comme des  » dommages collatéraux  » d’une guerre qui serait chirurgicale et propre; les motifs économiques et géopolitiques en sont totalement escamotés. Sur ce point, mentionnons seulement que le contrôle du Bassin caspien, l’une des sources d’hydrocarbures les plus prolifiques au monde, est un enjeu clé de la guerre en Afghanistan.

Ces ressemblances frappantes donnent à  penser l’enracinement de la guerre moderne dans le dépérissement du politique – sous la forme de son instrumentalisation et de sa mutation en technocratie. Ainsi, les lois  » naturelles  » du marché se substituent aux rapports de force et de domination; le lien social n’est plus fondé sur le conflit des opinions et le débat mais sur le diktat des décisions techniques; cette domination technique s’impose au nom d’une idée abstraite d’humanité et ne recule pas devant le sacrifice de masses d’hommes et des femmes pour arriver à  ses fins, tout en prenant soin de masquer, au moyen d’une rhétorique humaniste, les motifs inavouables d’accaparement des richesses.

Serait-ce là  la nouveauté de la guerre? L’avènement d’une civilisation qui aurait banni la réflexion et le jugement politique, qui ne se fierait plus qu’à  l’efficacité et à  la puissance technique qui impose ordre et silence à  un monde dans lequel la parole, le débat et le jugement, dangereusement improductifs et inefficaces, doivent se plier au diktat d’une logique de guerre généralisée.

Et en France que se passe t-il ? La France en danger d’islam

  1. « Un spectre hante l’Europe: c’est le spectre du communisme. » (« Le manifeste communiste » K. Marx.) Cent cinquante ans plus tard, le spectre de l’islamisme nous hante. Le 9 novembre 1989, le soir de la chute du mur de Berlin, J. Julliard, éditorialiste au « Nouvel Observateur », dîne en ville ; trois filles voilées viennent d’étre exclues d’un établissement de Creil. La conversation portera sur le port du voile islamique à  l’école et non sur la chute de l’empire soviétique. Mentalement, les Français font face à  leur vieil ennemi intime.
    René Marchand, ancien élève de l’école des langues orientales, est un bon connaisseur de la civilisation arabo-islamique : parlant l’arabe, ayant travaillé en qualité de journaliste dans des pays musulmans, il a de l’islam une approche déférente : « J’ai le devoir de le combattre s’il m’agresse, je ne l’abaisserai jamais »
  2. Une menace bien réelle

René Marchand affirme que le danger d’une islamisation rapide de notre pays doit étre considéré avec sérieux et réalisme :

la France, de par sa position géographique, est aux frontières de l’islam comme une marche et constitue donc la première nation européenne devant étre islamisée : « elle sera musulmane au 21ème siècle » prophétisent les islamistes.

Leur certitude repose :

1) Sur une renaissance puissante de l’islam en tant que force politique et économique : « le royaume saoudien, premier pays exportateur de pétrole brut au monde est aussi le premier pays exportateur d’islam fondamentaliste. le premier pays exportateur de terroristes ». Renaissance qui fut pour les musulmans de France une surprise totale ; ils ont alors commencé à  regarder l’islam avec un oeil nouveau.

2) Sur les prévisions démographiques concernant les communautés musulmanes de France et du Maghreb : « les démographes escomptent 20, 30 voire 50 millions de musulmans en France dans 50 ou 60 ans ».

3) Sur la décadence de la France : « pour la plupart des musulmans (.) les Français ont abandonné leur pouvoir dans « les quartiers difficiles » à  des truands maghrébins qui trafiquent de la drogue (.) ils ne punissent pas les voleurs (.) sont incapables de faire respecter la justice ou simplement l’ordre, la sécurité des personnes et des biens. Ils sont faibles » . Face à  cette France que René marchand qualifie « d’avachie », qui constitue « un butin offert aux prédateurs », le parti islamiste dispose d’un plan. Celui-ci a été exposé à  l’auteur par un islamiste clandestin rencontré à  la terrasse d’un café de Montparnasse durant l’hiver 94. Révéler sa stratégie à  l’ennemi, n’y a-t-il pas là  de quoi nous étonner ? Pas vraiment pour R. Marchand : Hitler avait bien exposé lui aussi son objectif dans Mein Kampf dès 1923 puis dans des discours publics sans que jamais les dirigeants français se soient émus de ses propos. Méme cécité aujourd’hui de la part des démocraties.

En quoi consiste ce plan ?

  • Eviter tout ce qui pourrait provoquer une réaction vive des dirigeants français, anesthésier les élites : les attentats seront en nombre limité et groupés sur une certaine période, cela de façon à  maintenir chez l’ennemi l’illusion que le mouvement ne peut agir que de façon sporadique.
  • Favoriser l’installation en France du plus grand nombre possible de musulmans d’où qu’ils viennent et obtenir pour eux la nationalité française, favoriser l’enseignement religieux, l’enseignement de l’arabe, le voile des femmes, la construction de mosquées, bref, habituer le Français « au fait musulman » ; quant à  l’encadrement, il doit étre serré mais indétectable.

  • Ensuite massifier les millions d’individus vivant en France en organisant leur rassemblement identitaire autour de l’islam : cette phase sera déclenchée après l’installation d’une république islamiste en Algérie.

Ainsi apparaîtront les premières tàches de la peau de panthère et « avec les méme méthodes et les mémes complicités, ces tàches s’agrandiront jusqu’à  recouvrir la totalité du territoire de la France ».

La méconnaissance de l’islam est à  l’origine de l’islam révé de la pensée unique, qui constitue en grande partie un produit de la mauvaise conscience consécutive à  la colonisation. Pourtant, le phénomène n’est pas totalement nouveau : il remonte au 18ème siècle au cours duquel les philosophes s’intéressent à  l’islam pour en faire une arme contre l’Eglise et le contre exemple parfait de l’Infàme. Pour illustrer cet islam fréquentable, revisité, on ressort habituellement 2 grandes figures : Omar Khayyan et Averroes. Ce qui constitue une véritable escroquerie intellectuelle : le poète persan qui a su chanter la sensualité et les vertus du vin tout comme le philosophe commentateur d’Aristote réclamant l’autonomie de la raison sont en réalité deux marginaux bien peu représentatifs de l’islam traditionnel !

Les Etats-Unis, tous les Etats occidentaux « athées » et ceux qui soutiennent George Bush sont dans le collimateur.

« Un engagement total contre les croisés. »

Cette référence médiévale préterait à  sourire si elle n’était constamment invoquée pour justifier tant de crimes contre l’humanité. Dans la vision manichéenne du monde développée par le milliardaire saoudien et ses émules, le mal est incarné par les sociétés occidentales, assimilées aux vagues de combattants envoyés par les rois de France et la papauté pour délivrer Jérusalem. « Al-Qaeda mène toujours le djihad et brandit la bannière de l’islam face à  la campagne sioniste croisée », expliquait Zawahiri dans un message rendu public en février.
Première cible visée, les Etats-Unis. Ben Laden s’en était expliqué dans plusieurs enregistrements vidéo postérieurs au 11 septembre 2001 : « Il s’agit d’une guerre religieuse à  sa base […] Je jure par Dieu que l’Amérique ne connaîtra plus jamais la sécurité […] avant que toutes les armées occidentales athées ne quittent la terre des lieux saints. »

LA DECLARATION DE GUERRE DE BEN LADEN

Le 23 février 1998, le journal arabe Al-Quds al-Arabi de Londres publiait une  » Déclaration du Front mondial islamique pour le djihad contre les Juifs et les Croisés  » signée par Ben Laden et des leaders de groupes islamistes d’Egypte, du Pakistan et du Bangladesh.

En affirmant  » ce n’est pas la guerre « , les dirigeants belges démontrent leur aveuglement et leur incompétence à  nous défendre. D’ailleurs, 20 jours avant l’attaque, ils ne ressentaient plus aucune menace:  » Hier, nos soldats ont défendu notre sol, notre liberté. Aujourd’hui, dans un contexte bien différent, nous pouvons leur assigner d’autres missions (.) exporter [notre] stabilité « . écrivait André Flahaut, ministre de la  » défense  » nationale, (La Libre Belgique 20/8).
Clausewitz a écrit :  » La guerre est un acte de violence destiné à  contraindre l’adversaire à  exécuter notre volonté « . Les déclarations de Ben Laden et les attentats du 11 ne laissent subsister aucune équivoque :  » La guerre naît de l’hostilité, celle-ci étant la négation existentielle d’un autre étre  » (Carl Schmitt). L' »ennemi » est cet autre, étranger, avec qui des conflits sont possibles, sans pouvoir étre résolus, ni par des normes préétablies, ni par l’arbitrage d’un tiers. Les terroristes islamistes correspondent indiscutablement à  cette définition.
L’islam médiéval distinguait deux types de combattants : les gazi, guerriers des  » marches « , portaient la guerre en territoire ennemi, par l’invasion ou la razzia, tandis que les fidai, appelés assassins par les Occidentaux, pratiquaient le meurtre de personnalités au péril de leur propre vie. Stupéfaits, nous les retrouvons, chez nous, au XXIe siècle.
Le gang de Roubaix, arrété le 28/2/1996, attaquait des banques pour financer un réseau terroriste islamiste. Son fanatisme religieux justifiait son extréme violence. La délinquance s’inscrit dans une action subversive plus large.  » Les extrémistes recrutent principalement chez les jeunes, et souvent chez les marginaux. Ils sont pléthore. (.). Ces militants-là  vivent généralement dans la délinquance. C’est ainsi qu’ils financent une partie des activités du groupe. C’est bien pourquoi nous ne dissocions pas la lutte contre ce radicalisme du combat contre la criminalité  » affirmait, dans Le Figaro du 21 septembre dernier, un policier français, spécialiste de l’anti-terrorisme, . Le 27, le méme journal nous apprenait que le groupe  » Al Takfir wa ‘l Hijra  » (Excommunication et Hégire)  » recommande le crime contre les  » mécréants  » [et] (.) encourage aussi le vol et le trafic de drogue, à  condition qu’un cinquième du produit du délit soit destiné à  la cause islamiste « . Méme un journal catholique particulièrement islamophile le reconnaît:  » sous couvert d’une lecture impropre de la religion, des détenus radicalement fondamentalistes pratiquent la prédication à  outrance et tendent ainsi, sous couvert d’islam, à  légitimer hold-up, fabrication de faux papiers, etc. Une difficulté supplémentaire pour les enquéteurs. « . La Libre Belgique du 23 septembre utilise, à  cet égard, toutes les précautions d’usage: le Coran n’est pas responsable ! Mais comment faire alors l’exégèse de la sourate IX, verset 5, du Coran qui ordonne :  » Lorsque les mois sacrés seront expirés, tuez les infidèles partout où vous les trouverez. (etc.) « . Il en est de méme de quantité d’autres versets.
MOURIR AU COMBAT
Le Coran promet une récompense pour les shahid, les musulmans qui meurent pour la cause de Dieu. La tradition prévoit que leurs péchés seront pardonnés, leurs intercessions pour 70 proches acceptées. Ils iront au Paradis et épouseront 72 houris (vierges). Pour prouver leur sacrifice, on les enterre avec leurs vétements ensanglantés. La mort au combat est le sommet des aspirations du croyant (Encyclopédie de l’Islam). Comment peut-on dissuader un ennemi qui souhaite la mort ?

Ben Laden a créé des dizaines de Ben Laden. Une guerre sans possibilité de trève est engagée. Ici nous venons d’entrée dans la 3eme guerre mondiale qui sera pernissieuse et d’une triste version d’une antiquité révolue.

En guerre contre la planète, Al-Qaeda véhicule une logique et un langage qui évoquent irrésistiblement ceux prétés à  Simon de Montfort, un vrai croisé celui-là . Envoyé par le pape Innocent III pour réprimer l’hérésie cathare, il se serait exclamé, avant de lancer ses troupes à  l’assaut de Béziers : « Tuez-les tous, Dieu reconnaîtra les siens. » C’était il y a huit cents ans.

sources : http://er.users.netlink.co.uk/urbiorbi/Afganistan/islamis.htm / http://amd.belfort.free.fr/18jihad.htm / http://perso.wanadoo.fr/samanos/aircrige/chrono-gloss/chronoSoud.html / http://www.cjf.qc.ca/relations/archives/themes/textes/guerre/guer_rave_2_0202.htm / http://ostervald.free.fr/livres/renemarchand.htm / http://www.lepoint.fr/dossiers_monde/document.html?did=143996 / http://www.fnb.to/FNB/Article/Bastion_56/choc.htm / http://www.fnb.to/FNB/Article/Bastion_56/guerre.htm

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