Un Conflit Inévitable

L’Iran et la Libye agissent en violation des accords internationaux sur la sécurité nucléaire, a affirmé, lundi 8 mars, à  Vienne le directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), Mohamed ElBaradei.

Ces deux pays violent « leurs obligations résultant de l’accord sur les mesures de sauvegarde » du traité de non-prolifération nucléaire, a dit M. ElBaradei, qui s’exprimait à  l’ouverture d’une réunion du conseil des gouverneurs de l’AIEA.

Les Etats-Unis devraient néanmoins maintenir leur pression sur l’Iran, mais, faute de majorité à  l’organe exécutif de l’AIEA, Washington a indiqué qu’il ne demanderait pas une saisine du Conseil de sécurité de l’ONU, seul habilité à  imposer d’éventuelles sanctions internationales à  Téhéran.

Les Etats-Unis ont renoncé à  saisir le Conseil de sécurité parce que la France, l’Allemagne et la Grande-Bretagne, qui avaient arraché en octobre à  l’Iran un accord de coopération avec l’AIEA, plaident toujours pour une diplomatie « constructive » avec Téhéran, explique un diplomate occidental.

L’hebdomadaire allemand Der Spiegel révèle qu’Israël n’exclut pas une frappe « préventive » des sites nucléaires iraniens. L’information est effectivement à  prendre au sérieux d’autant plus qu’il y a le précédent de la centrale Tamuz irakienne, près de Bagdad, détruite par les chasseur-bombardiers israéliens. Selon Der Spiegel, « une unité spéciale du Mossad (services secrets israéliens) a reçu il y a deux mois la mission de travailler à  des plans d’attaque contre une demi-douzaine de cibles ».

Dans les années 40, les Etats-Unis ont volontairement transmis la technologie nucléaire à  la Grande-Bretagne – et involontairement à  l’Union Soviétique, dont les espions en ont dérobé les secrets. La France a fourni la technologie nucléaire à  Israël, l’Union Soviétique a aidé la Chine et la Corée du Nord, et la Chine à  son tour a aidé le Pakistan. Le processus semble à  présent hors de tout contrôle, avec la Corée du Nord, le Pakistan, l’Iran, la Lybie et l’Irak s’échangeant leurs connaissances nucléaires et balistiques.

 » L’Iran possède la technologie de base pour construire une bombe mais n’a pas les moyens de disposer rapidement d’uranium ou de plutonium militaire, à  moins de s’en procurer auprès d’un autre pays. Il s’efforce d’acquérir toutes les technologies en rapport avec le nucléaire, y compris des réacteurs de recherche et de puissance qui pourraient soutenir indirectement son programme d’armements nucléaires ou étre réorientés au profit de celui-ci, ainsi que pour former ses propres experts ;

  • les inquiétudes iraniennes sur l’éventualité de frappes préventives par Israël ou par les Etats-Unis le conduisent à  adopter un profil bas et une politique très prudente de développement de son programme nucléaire ;
  • par conséquent, selon certains experts, l’Iran pourrait disposer d’un engin nucléaire d’ici cinq à  sept ans en utilisant ses propres matières fissiles enrichies et il lui faudrait six à  neuf ans pour acquérir la capacité de mettre au point une arme nucléaire adaptable à  un missile de longue portée. D’autre sources, qui paraissent plus fiables, estiment que l’Iran aurait besoin d’au moins dix ans pour parvenir au stade de production d’armes nucléaires, à  la condition qu’il puisse se procurer équipements et biens à  l’étranger. »

Mais voilà  ceci : Le père de la bombe atomique pakistanaise, Abdul Qadeer Khan, aurait vendu de l’uranium enrichi à  la Libye en 2001, ainsi que des composants de centrifugeuses à  l’Iran dans les années 90, pour trois millions de dollars. La police malaisienne, citant un intermédiaire important, affirme que Buhary Syed Abu Tahir, cité par les Etats-Unis comme un important intermédiaire dans les transferts illégaux de technologie, a avoué que A.Q. Khan lui avait demandé d’envoyer à  l’Iran, en 1994 ou 95, deux conteneurs de composants de centrifugeuses d’occasion en provenance du Pakistan. A. Q. Khan a également déclaré à  Tahir qu’une « certaine quantité de UF6 (uranium enrichi) avait été envoyée par avion depuis le Pakistan jusqu’à  la Libye » aux alentours de 2001, a-t-on précisé de méme source.

Pendant la guerre d’Irak, une blague circulait à  Téhéran : «Si les Américains gagnent, nous les retrouverons en finale.» On ne compte plus aujourd’hui les articles, lettres ouvertes ou manifestes qui s’efforcent – de façon positive ou négative – de lire l’avenir de l’Iran à  travers les méandres de la stratégie américaine. Ainsi, 127 députés du Majlis (Parlement), réformateurs pour la plupart, ont adressé le 25 mai dernier une lettre ouverte à  l’ayatollah Khamenei, le guide spirituel, reprise par le site «Iran-e Emrooz» : «Le mouvement de réforme a réussi à  surmonter l’isolement de l’Iran et les menaces militaires qui pesaient sur lui, alors que le pays sombrait dans l’inactivité politique. Mais dans notre histoire contemporaine bien turbulente, on n’a sans doute jamais traversé une période aussi sensible. Il ne reste que peu de temps. La majorité de la nation est mécontente et désespérée, la plupart des élites sont silencieuses ou exilées, les investissements fuient et les forces armées étrangères entourent le pays. Ce ne sont pas les armes et les chars qui feront barrage aux menaces étrangères, mais le renforcement de la légitimité du régime, l’unité nationale et l’unité entre le pouvoir et le peuple.»

Selon «Yaas-e Now», quotidien réformateur du matin, trois lectures divergentes de l’actualité coexistent dans le pays : «Les analyses extrémistes qui maximisent le danger de la puissance américaine, et qui de fait proposent la capitulation ; celles qui, à  l’inverse, minimisent d’une manière exagérée le danger américain et créent un sentiment trompeur de calme dans le pays». Enfin, entre les deux, les analyses plus «réalistes» des réformateurs. Mais ces derniers n’ont pas les moyens de se faire entendre et sont dépassés par ceux qui sous-estiment la volonté américaine et imaginent que la diplomatie iranienne, en campant sur des positions immuables, pourra conduire la Maison-Blanche à  abandonner son «bluff propagandiste» et laisser l’Iran se gérer lui-méme. «Cette politique contribue à  renforcer le front mondial contre l’Iran et affaiblit le front interne face aux pressions américaines, ce qui à  terme desservira les intéréts nationaux du pays», commente le journal.

Pour ne rien arranger dans le domaine : La Maison Blanche a exprimé sa « préoccupation » devant les informations faisant état de la présence en Irak d’agents iraniens et en a fait part aux autorités iraniennes, a indiqué Ari Fleischer. Le commandement central américain a annoncé que des Marines avaient commencé à  patrouiller en Irak le long de la frontière iranienne. Répliquant, le ministre iranien des Affaires étrangères Kamal Kharazi a mis en garde jeudi à  Téhéran les Marines américains qui patrouillent en Irak le long de la frontière iranienne de ne pas franchir « la ligne rouge » que constitue cette frontière. Des agents chiites entraînés en Iran se sont infiltrés en Irak, notamment sous couvert du pèlerinage de Kerbala, pour promouvoir l’instauration d’un régime islamique, avait révélé mercredi le New York Times, citant des responsables américains. Les religieux chiites ont montré, avec le déferlement de centaines de milliers de fidèles venus de tout le pays pour pèlerinage, qu’il faudrait compter avec eux dans la formation de la future direction irakienne, méme si la tonalité anti-américaine de la mobilisation a été moins forte que prévu.
Devant cette monté en puissance de problème sans solution, les USA qui ont mené une guerre contre l’avis de ces principaux alliés (France-Allemagne), ne désire plus s‘engager devant l’ONU pour aller « punir » l’Iran. Cette troublante position laisse courir un présage plutôt noir. Le Chef spirituel du Hamas le cheikh Ahmed Yassine a été assassiné par Israël, Sharon menace Yasser Arafat. Les palestiniens fous de rage ne veulent que la vengeance. L’Iran est pointé du doigt comme quoi elle cacherait un programme d’armes nucléaires. Les Chiites sont infiltrés par des agents iraniens. Ils viennent de lyncher deux américains choquant le grand public. Les horreurs ne sont montrées seulement dans un sens, on oublie les civils innocents tués de part et d’autres. Pour quelles raisons nous fait on avaler ce genre d’images particulièrement choquantes ? Tout ceci sent un plan bien organisé et orienté vers une voie sans issue. Dans cet échiquier, ou chaque jour qui passe, une pièce est bougée dans un sens, l’inévitable semble se préparer sans l’avis de quiconque. Un choc inter civilisation se prépare. Le Bulldozer des USA a poussé la guerre en Irak, leurs plans organisés depuis la venue au pouvoir de Bush ne pouvaient ignorer l’issue finale d’un tel conflit. Les Faucons sont entrés dans un pays sans l’aval des Nations Unis, les descriditant à  jamais. La mèche de la poudrière a été allumée et rien ne semble pouvoir l’arréter. Dans cette issue finale est le pouvoir du pétrole, un conflit majeur se dessine.

Fred

Sources : http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3220,36-355857,0.html
http://www.confidentiel.firstream.net/breve.php3?id_breve=1203
http://www.checkpoint-online.ch/CheckPoint/Forum/For0026-MondeNucleaireMultipolaire.html
http://www.ladocfrancaise.gouv.fr/dossier_international/nucleaire/etat_lieux/iran.shtml
http://news.tf1.fr/news/monde/0,,1699475,00.html

http://www.unregardmoderne.com/spip/recherche.php3?recherche=chiites&debut_article=10

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