Un nouveau continent en plastique

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La carcasse d’un albatros mort à cause des bouchons de plastique.

Il y a des signes qui montre que la planète ressemble petit à petit à un gros dépotoir à déchets et que la politique du « pas dans ma cour » va finir par nous rattraper. Jeter des bouteilles de plastique à la mer ou du fil de pêche est un fin anodin. Mais quant ce geste est commis des millions de fois par jour, les conséquences de nos comportements deviennent catastrophique. Un immense « continent » fait de plastique est en train de se former dans le Pacifique avec les déchets de notre civilisation. Un masse flottante de plastique qui permettrait sans doute à Jésus de marcher sur l’eau et même d’y faire son jogging sans utiliser ses supers pouvoirs.

Des plaques de déchets de ce genre existent un peu partout sur les océans où les courants le favorisent. Dans le cas de la « Plaque de déchets du Pacifique » les courants tournant dans le sens des aiguilles d’une montre et créent un vortex qui emprisonnent les déchets flottants dans une zone, un peu comme la poussière s’accumule dans les coins moins passant de votre demeure.

La Plaque de déchets du Pacifique nord

Le nouveau continent artificiel en question, La Plaque de déchets du Pacifique nord, est situé dans la zone du Grand vortex du Pacifique Nord. Une zone de l’océan Pacifique calme mais entourée de courants marins qui ramènent tous les détritus qui ont petit à petit formé une immense plaque flottante de déchets. Les matériaux plastiques y sont photodégradés et se décomposent en de petites particules qui forment un genre de sable de plastique que les animaux marins mangent. Les matières plastiques en question favorisent aussi l’accumulation des polluants.

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Le gâchis en quelques chiffres

Dans cette zone, la concentration de particules plastiques est 6 fois plus élevée que celle du plancton, soit 6 tonnes de plastique pour une tonne de plancton. Ces matières plastiques contaminées se ramassent invariablement dans la chaîne alimentaire marine. Tous les animaux qui mangent du plancton sont susceptible de manger cette matière plastique, cela va des méduses aux baleines. Un véritable gachis écologique 100% Made By Humans. Les travaux de recherche menés par l’océanographe Charles Moore montre une concentration de 3,340,000 pièces de plastique par kilomètre carré et une masse moyenne de 5,1 kg/km². L’étendue de la Plaque de déchets du Pacifique serait de 3,43 millions de kilomètres carrés, soit 6 fois la taille de la France. Sur la majeure partie de sa superficie, l’épaisseur de la nappe de plastique peut atteindre 30 mètres. On estime le poids de ce continent de plastique flottant à 3,5 millions de tonnes. Les pronostics laissent croire une croissance de la plaque de déchets multiplié par 10 jusqu’en 2030.

Les déchets

Les pièces flottantes sont de tous les types, ça va des pièces de bateaux aux jouets pour enfants. Wikipedia parle d’une perte de cargo en 1992 de 30 000 canards en plastique jaune. L’image mentale des canards jaunes qui flottent m’arrache un sourire mais dans le fond c’est pas drôle du tout. La matière plastique met environ 500 ans à se décomposer. Les objets de plastique ne sont pas biodégradables et se fragmentent en morceaux plus petit avec le temps, juste qu’à se transformer en faux sable qui induit les animaux marins en erreur. Le plastique a aussi la fameuse tendance d’accumuler les toxines dans des proportions de plusieurs millions de fois la normale. On se ramasse donc avec du sable plastique à saveur de BPC-DTT.

L’impact sur l’environnement

Cette plaque de plastique flottante agit comme une sorte d’éponge chimique qui retient les pires polluants qui se répandent dans les océans, ceux qu’on nomme les polluants organiques persistants. Il a été estimé qu’un million d’oiseau de mer et 100,000 mammifères marins et tortues de mer meurent par ingestion de matière plastique ou par étranglement (ex: fil de pêche ou attaches de canettes « six-pack »). Il faut savoir aussi que 70% des objets en plastique qui sont jetés dans les océans ne flottent pas. Ils se ramassent au fond de l’eau et se décomposent en fines particules qui produisent le fameux « sable de plastique » dont j’ai parlé plus haut. Juste en Mer du Nord, on estime la quantité de plastique au fond de l’eau à 600,000 tonnes. Une simple bouteille de plastique de 1 litre qui se décompose en fragments peut suffire pour mettre un morceau de plastique à chaque mille de plage de toute la surface de la Terre.
On a aussi découvert un autre impact de ces îlots flottant de déchets. Ils favorisent le transport d’une endroit terrestre à un autre des organismes vivants qui s’en servent comme d’un radeau de naufragés. Des plantes et des animaux peuvent ainsi se ramasser dans un habitat différent de leur lieu d’origine et ainsi bouleverser l’équilibre de l’écosystème présent en devenant des espèces nuisibles.

Nettoyage possible?

Le coût pour nettoyer ces plaques de déchets est estimé à des milliards de dollars. L’humanité est-elle prête à payer ces frais alors que l’économie mondiale est sur le cul? Je pense pas que les gouvernements vont bouger et ils vont probablement attendre qu’un monstre géant en plastique donne des coups de poing sur les buildings. Dans l’ancien temps, on avait Hercule qui a ramassé la marde à la pelle dans les écuries d’Ogias, mais qui ramassera la marde en 2009? Ce genre de nouvelle me donne le goût de m’arroser avec un bidon d’essence et de m’allumer une cigarette après.

Pour éviter les mers de déchets en plastique:

  • Formation du personnel des navires afin qu’il sache les conséquences de jeter les matières plastiques par dessus bord.
  • Trouver un substitut aux sacs et emballages plastiques. Un pas a déjà été fait en ce sens avec les sacs « écolo », mais quel est le pourcentage de personnes qui utilisent ces sacs dans le monde?
  • Les magasins qui vendent en vrac peuvent être une alternative aux emballages.
  • Ramasser les déchets flottants lors de randonnées en mer ou sur les lacs et rivières.

Sources:

Di

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